III. -a* A
ies fasse relier ensemble et qu'il consid^re ces ouvrages, comme Us sont, tr^s-eicellens, et dans lesquels il pent assur^ment puiser beaucoup de belles connoissances, qui peuvent contribuer beaucoup ii luy donner de Testime el de la reputation. Pour eel effet, il est n^essaire qu'il s'applique h Ies retire avec plus d'attention qu il n'a encore fait et qu'il y ayt recours en toutes occasions.
U faut de.plus qu il scache parfattement tout ce qui conceme Tadministration de la justice dans cette grande ville, Ies diff(£rens degr^ de juridiction, Ies diff^rens officiers pour Ies exercer, la competence de-chacune et mesme quelque chose de ieur jurisprudence.
Pour commencer par Tadministration de la justice, il doit s^avoir : Qu'il y a beaucoup de sieges particuliers qui ont droit de justice fon-
assembl^ da dei^, depois la premiere de Poissy, ont dtir^.
Un autre petit m^moire poar s^avoir si le derg^ est oblig^ de renouvder le contrat qa^il passe de temps en temps avec la viUe, de M. Foucaull.
Un trails des dedmes, de M. Baloxe.
Un autre traits des dedmes, par Tordre de la dironologie, de M. Patru.
Des subventions extraordinaires du dei^, de M. Baloxe.
M^moire sur Ies lev^ qui se peuvent iaire sur Ies ecd^siastiques et le derg^, et desordonnanees qoe Ies rob ont faites sur ce sujet
£crit louchant Ies dedmes du derg^ et Ies d^pendanoes des mesmes dedmes , depuis Tassembl^ de i55i jusqu^en ceHe de 16&1, qui fnt la derail tenae sous le feu roy, deM.de Booneis.
Un traits concernant Ies rentes du dei^
6crit toudiant Ies liberty de T^glise gallicane , de M . Tabbe de Bounds.
Un grand traits de Tautorit^ du roy dans Tadministration de TEglise gallicane, de M. de Bourxeis.
Une table du proeds-verbal de rassemU^ g^nerale du defg^, tenue k Paris, ks annees i6&5et 16&6.
Un extrait du proc^verbal de 1 6/1 5.
Un petit traits : Gombienil y a de provinces eccMsiastiques en France, qodles assistances le derg^ a donnte au roy depois le colloque de Poissy, en qud temps et comment Ies decimes sont devenns ordinaires.
Un memoire des difll^rentes lettres de cliancellerie, de M. Foucault
Traits de la difference qu^il y a entre lois, ordonnances et edits; ies diff<^nces entre ^its et ordonnances; en quels temps et en quelles occadoos on s'est servy de la diverdt^ de ces termes; des declarations poblito au scean, de M. FoucaulL
Deux traites sur Ies Estats g^eranx du royaome, de M. FoucaulL
Un traite du domaine, de M. Bagaeneao«
Un traite du droit des coustumes de France, de Ieur reformation, de Tautorite du roy sur Ies coustumes et du pouvoir des coustumes, de M.duPre.
Un petit traite : Comment on pent oonnoistre, en general, fespnt de chaque coustume, de M. de GomonL
Des universites, et particoli^rement de cdle de Paris, de M. Petit
Traite de la noblesse.
Traite du manage, de M. Ragoeneao.
Des dues et comtes, pairs de France, dc M. Le Camns.
Ecrit sur Tandenne langue gauloise, poor sfavoir qodle langue on parloit dans Ies Ganles du temps que Cesar y fit la guerre, de M. de Bounds.
Dissertation toudiant finterrex des andens Romains, pendant la vacance du eoostdat (Bibl. Imp. Mss. Melangn Coibert, n* Sh.)
La plupart de ces memoires sont a la Bibl. Imp. dans le S. F. 5,6o8 , Memoires tmr let ordonnaneet de M. Colbert.
ciire dans Paris, comme TArchevesch^, le Ghapitre, Sainte-Genevi^ve, Saintr-Victor, Saint-Marcel , Saint-Martin , le Temple , Saint-Germain , Saint-Magloire et autres, dont il est assez n^cessaire de s^avoir les noms, k situation et I'estendue dc leur juridiction.
La justice royale consiste au bailliage et si^ pr^sidial du Ghlitelet et bailliage du Palais.
II faut aussy s^avoir iestendue de leur juridiction; si ces justices particuli^res fonci^res. y ressortissent ou noo, et si la royale a quelque pretention ou non dans leur estendue; si Tappel des justices royales va au parleroent de Paris.
II faut sf avoir de quelles affaires ledit paiiement connoist en premiere instance, et de quelles il connoist par appel; et ensuite successivement il sera n^cessaire de s^avoir tout ce qui concerne la discipline int^rieure de cette compagnie , les pretentions qn'elle a eues sur Tautorite royale, toutes les fautes qu'elle a commises sur ce point, les troubles qu'elle a causes dans TEstat, et les rem^es que les rois y ont apport^s. Quoyque ce soit une mati^re vaste et estendue, j'ay estim^ n^cessaire d'en mettre ce mot dans cette instruction, pour toujours faire connoistre k mon fils les mati^res qu'il doit s^avoir pour estre instruit a fond de tout ce qui pent tomber dans les fonctions de ma charge.
Outre ces diff^rens sieges de justice et degr^s de juridiction, il est encore n^cessaire qu'il s^ache :
Les fonctions de la Ghambre des comptes, du Grand Gonseil et de la Gour des aydes, des tr^soriers de France, des diff^rens Gons^ls du roy, et, avec le temps, toutes les difficult^s qui arrivent entre ces Gompagnies, qui doivent toujours estre r^gl^es par le Gonseil du roy.
Qu'il s^ache de mesme le nombre des oflBciers de la compagnie du chevalier du guet et leurs fonctions;
Du lieutenant criminel de robe-courte ;
Du provost del'Isle;
Des augmentations qui ont est^ faites dans la premiere et derni^re de ces Gompagnies pour la garde et la seuret^ de Paris , et qu'il prenne la conduite de cette garde.
Qu'il s(ache tout ce qui se fait pour la police de Paris, pour tenir la main , pendant toute sa vie , k ce qu'elle se maintienne et s'augmente.
II faut faire une liste de toutes les villes qui sont de mon d^partement et de toutes les charges dont les provisions doivent estre sigu^es par moy.
II faut tenir une correspondance r^gl^e et ordinaire avec tous les officiers
(le la ville de Paris et autres villes de iiion d^parlement, el de toutes les Compagnies, sur lout ce qui doil venir a la connoissance du Roy de toul ce qui se passe dans lesdiles villes ;
Examiner s'il ne seroit pas a propos de leur (Serine h lous, afin qu'iis coramenfassent k tenir cetle correspondance.
A regard des affaires g^n^rales du clerg^ :
II esl n^cessaire d'eslre fori instruil de ces grandes questions g^n<^rales qui arrivent si souvent dans le cours de la vie, de la diffl^rence des juridictions laiques et eccl^siastiques ; qu'il lise avec soin les trait^s qui ont est^ fails pour luy; et mesme il seroil bien qu'il lust, dans la suite du temps, et le plus lost quil seroit possible, les trail^s de feu M. de Marca et des autres qui ont traits de ces mali^res, et mesme qu'il lust quelquefois quelques livres de Thisloire eccl^siaslique ; d'aulant que, de toules ces sources, il puisera une infinitude belles connoissances qui le feront paroistre habile en toutes occasions.
Outre ces connoissances g^n^rales, il esl n^cessaire qu'il sfache I'origine et les causes des assemblies du clerg^; comment elles sonl compos^es; de quelles mali^res elles ont droit de trailer; quelle difference il y a entre les grandes et petites.
Du nombre des d^put^ dont chacune est compos^e; de leurs agens et du tour des provinces qui les doivent nommer; de quelle sorte les d^put^s sonl eius dans les assemblies des dioceses.
De I'origine des rentes de THostel de ville; des pretentions que les provosts des marcbands et Ocbevins de Paris opt conlre le clergO sur cetle mati^re, el des defenses dudit clergO; ensemble des centrals qui se sonl passes dans toutes les grandes assembles, pour raison desdites rentes; du contrat general qui est passO dans toutes les assemblies genOrales el particuli^res entre les commissaires du roy el du clergO; des principales conditions d'iceux , des principales demandes que le clergO fail dans toules les assemblies, el des raisons des commissaires, soil pour leur accorder, soil pour leur refuser.
Pour la marine :
Cetle mali^re eslanl d'une tr^s-vaste el tres-grande estendue el nouvellement attachOe k mon departeraent, el qui donne plus de rapport au Roy qu'aucune autre, il faut aussy plus d application el de connoissance pour s'en bien acquiller.
El pour commencer, comme dans les autres matieres, par les choses gOnOrales avanl que de descendre aux parliculi^res, si j*ay parie de la lecture des ordonnances dans les autres matieres, il n*y en a point ou il soil
si iK^cessaire de les lire soigneusement que dans celle-cy. Pour cela il faut s^avoir :
Que de la charge d'amiral dc France, qui est une portion de la royaute, il ^mane deux droits, Tun de la justice et I'aulre de la guerre. La justice de I'aaiiral s'estend sur tout ce qui se passe en mer entre les sujets du roy, dans toute Testendue des costes maritimes et partout oA le flot de mars s'estend, et sur toutes les causes maritimes. Cette justice s'exercepar les of&ciers des sieges de Tamiraut^, qui sont establis su^ toutes les costes du royaume, de distance en distance.
L'appel de ces justices va aux chambres de Tamirauti^ , establies dans tous les parlemens, et lappel de ces chambres va au parlement, en sorte que ce sont trois degr^s de juridiction ^
11 faut avoir la liste de tous les sic^ges de Tamiraut^, de toutes les chambres pr^s les parlemens, et du nombre des officiers dont ils sont tous composes.
A regard de la jurisprudence pour les causes maritimes, nos rois n'ont gu^re fait d'ordonnances sur cette mati^re; il est n(5cessaire n^anmoins de lire avec soin tout ce qui a est^ fait, mais il faut sgavoir en mesme temps que les juges en ces mati^res se reglent sur le droit ^crit, sur les jugemens d^Oleron, et.sur les ordonnances appel^es de Wisby ^ et celles de la hanse Teutonique *.
Gomme toutes ces pieces sont estrang^res, le Roy a r<^solu de faire un corps d'ordonnances, en son nom, pour r^gler toute la jurisprudence de la marine. Pour cet effet, il a envoy^ dans tous les ports du royaume M. d'Herbigny, maistre des requestes, pour examiner tout ce qui concerne cette justice, la reformer, et composer ensuite, sur toutes les connoissances qu'il prendra, un corps d'ordonnances. Pour y parvenir avec d'autant plus de precaution, Sa Majeste a estably des commissaires k Paris, dont le chef est M. de Morangis, pour recevoir et d^lib^rer sur tous les m^moires qui seront envoy^s par ledit sieur d'Herbigny, et commencer k composer ledit corps d'ordonnances.
II seroit n^cessaire , pour bien faire les fonctions de ma charge , de recevoir toutes les lettres et mc^moires du sieur d'Herbigny, en faire les extraits, assisler k toutes les assemblees qui se tiendront chez M. de Morangis, et tenir la main k ce que le corps d'ordonnances sur ces mati^res fust exp^di^ le plus promptement qu'il seroit possible.
' En marge cut ecril : « A examiner ces Irois * Des trois recueits imprimes sous ce nom ,
degres.n le plus connu est celui de 161 4. (Voir Par-
* Voir Mminp, pi^e n" an, page 8ao. dessns, Lou maritimet, 11, /i3/i.)
A regard de la guerre , qui est d^pendante de la charge d'amiral de France, elle consiste en deux choses principales : Tune, en tout ce qui est h faire pour mettre les vaisseaux en mer; Tautre, en tout ce qui se fait lorsqu'ils y sont.
La premiere se fait par les intendans et commissaires g^n^raux de marine, officiers des ports, commissaires particuliers, commissaires g^n^ raux et gardes-magasins ; et la seconde paries vice-amiraux , lieutenans g^n^raux , chefs d'escadre , capitaines de marine et autres oflGciers particuliers.
La premiere doit estre particuli^rement le soin du secretaire d'Estat ayant la marine en son d^partement.
Pour cet effet , il doit sf avoir les noms des i so vaisseaux de guerre que le Roy veut avoir toujours dans sa marine, avec 3o frigates l^g^res, 9 0 bruslots, et 9 0 bastimens de charge;
S^avoir exactement, et toujours par coeur, les lieux et arsenaux de marine oi!i ils sont distribu^s;
Lorsqu'ils seront en mer, avoir toujours dans sa pochette le nombre des escadres, les lieux oil elles sont, et le nom des officiers qui les commandent ;
Gonnoistre les officiers de marine tant des arsenaux que de guerre, et examiner continuellement leur m^rite et les actions qu'ils sont capables d'ex^cuter;
Avoir toujours pr^sens dans Tesprit les inventaires de tons les magasins; prendre soin que les magasins particuliers soyent toujours remplis de toutes les marchandises n^cessaires pour I'armement de tous les vaisseaux et les rechanges, et que, dans le magasin g^n^ral, il y ayt toujours les mesmes quantit^s de marchandises et munitions pour les armer et ^quiper une seconde fois;
Examiner avec soin et application particuli^re toutes les consommations et faire en sorte de bien connoistre tous les abus qui s'y peuvent commettre, pour trouver et mettre en pratique les moyens de les retrancher;
Observer qu'il y ayt toujours une quantity de bois, et de quality suffisante, dans chacun des arsenaux, non-seulement pour les radoubs de tous les vaisseaux, mais mesme pour en construire huit ou dix, neufs, pour s'en pouvoir servir selon les occasions;
Observer surtout et tenir pour roaxime de laquelle on ne se d^parte jamais, de prendre dans le royaume toutes les marchandises n^cessaires pour la marine; cultiver avec soin les establissemens des manufactures qui ont este faits, et s'appliquer h les perfectionner, en sorle qu'elles deviennent meilleures que dans tous les pays estrangers.
Ces manufactures principales sont : le goudron, estably dans le M^doc, Provence et Dauphin^;
Tous les fers de toutes mesures et quality pour la marine, establis en Dauphin^, Nivernois, Pdrigord et Bretagne;
Les grosses ancres, establies a Rochefort, Toulon, Dauphini^, Brest et Nivernois;
Les mousquets et haches darmes, en Nivernois et Forez;
Les canons de fer, en Nivernois, Bourgogne et Pdrigord;
La fonte des canons de cuivre, k Toulon , Rochefort et Lyon;
Les toiles a voiles, en Bretagne et Dauphin^;
Le fer bianc et noir, en Nivernois;
Tous les nstensiles de pilote et autres, h la Rochelle, Dieppe et autres lieux.
Acheter tous les chanvres dans le royaume, au lieu qu'on les faisoit venir cy-devant de Riga , et prendre soin qu'il en soit sem^ dans tout le royaume, ce qui arrivera infailliblement si Ton continue de n'en point acheter dans les pays estrangers.
Gultiver avec soin la compagnie des Pyr^n^es, et la mettre en estat, s'il est possible, de fournir tout ce a quoy elle s'est obligee, ce qui sera d'un grand avantage dans le royaume, vu que Targent, pour cette nature de marchandises, ne se portera point dans les pays estrangers.
Gultiver avec le mesme soin la recherche des masts dans le royaume, estant important de se passer pour cela des pays estrangers. Pour cet effet, il faut en faire toujours chercber, et prendre soin que ceux qui en cherchent en Auvergne, Dauphin^, Provence et les Pyr^n^es, soyent prot^g^s et qu ils refoivent toutes les assistances qui leur seront n^cessaires pour I'ex^cution de leurs marches.
Examiner avec les mesmes soins et applications toutes les autres marchandises et manufactures qui ne sont point encore establies dans le royaume, en cas qu'il y en ayt, et chercber tous les moyens possibles pour les y establir.
N'y ayant rien dans toute la marine de plus important que la conservation des vaisseaux , il n'y a rien aussy a quoy on doive donner plus d'ap-^ plication. Pour cet effet, il faut donner des ordres precis, et tenir la main k ce qu'ils soyent tenus extraordinairement propres, tant dedans que dehors, depuis la quille jusqu'au hasten de pavilion.
Observer avec soin la difference qu'il y a entre les vaisseaux du roy et ceux de Hollande sur ce point de la propret^; s'informer de tout ce qui se passe en Hollande et de tout ce qui se fait pour les maintenir en cet estat,
el faire observer les mesmes choses en France, et quelque chose de plus, s'ii est possible.
II faut consid^rer cette propret^ conime I'^me de la marine, sans laqueHe il est impossible qu'elle puisse subsister; et il faut s'y appliquer comme h ce qui est plus important et plus n^cessaire pour ^galer et mesme surpasser les eslrangers.
De cette proprete d<^pend encore I'arrangement parfait dans tous les magasins et travaux de marine, sur quoy il faut voir en detail chacune chose pour les pouvoir r^duire au degr^ de perfection qu'il est n^cessaire.
II faut, de plus, examiner avec le plus grand soin le veritable prix de toutes les marchandises et manufactures, et chercher tons les moyens possibles pour les r^duire au meilleur prix qu'il se pourra; pour cet effet, il faut estre inform^ de ce que chacune nature de roarchandise couste en Hollande et en Angleterre , comme :
Les chanvres, le fer, les toiles noyales, les ancres, etc.
11 faut de plus s'informer particuli^rement de I'^conomie qu'ils observent en toutes choses, les travaux qu'ils font faire h journ^es, et ceux qu'ils font faire a prix faits ; la discipline et police qu ils observent dans leurs arsenaux, et enfin tout ce qui pent contribuer au bon mesnage et Economic des deniers du roy, et tenir pour une maxime certaine sur ce sujet que celuy qui fait la guerre k meilleur marchE est assur^ment supErieur a Tautre.
A regard des marchandises qui seront fournies dans les magasins, il faut qu'il soit loujours en garde, et qu'il prenne si bien ses mesures, que les officiers des ports n'en tirent aucun avantage indirect; et, par les visites fr^quentes qu'il fera dans les ports, il faut qu'il y establisse une telle fidelitE, qu'il soit assurE que le roy y sera toujours bien servy.
Entre tous les moyens que son application et ces fr^quens voyages luy pourront sugg^rer, il y a celuy de faire faire les marches de toutes les marchandises publiquement et en trois remises cons<5cutives, la premiere au bout de huit jours, et les deux autres de quatre jours en quatre jours, en presence de tous les officiers, et apr^s avoir mis, deux ou trois mois auparavant, desaffiches publiques dans toutes les villes de commerce, pour inviter tous les marchands de s'y trouver.
II y auroitun autre moyen h pratiquer pour faire fournir toutes les marchandises de marine, comme chanvre, goudron, fers de toutes sortes, toiles k voiles, hois, masts, etc. Ce seroit, tous les ans, apr^s avoir examine la juste valcur de toutes les marchandises, de fixer un prix de chacune, en sorlc que les marchands y trouvassent quelque b^n^ficc, et faire sravoir
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ensuite, par des affiches publiques, dans toutes les villesdu royauine, que ces marchandises seroient payees aux prix fix^s, en les fournissant de bonne quality dans les arsenaux.
II est de plus n^cessaire de s^avoir toutes les fonctions des oflficiers qui servent dans les ports et arsenaux; leur faire des instructions bien claires sur ce qu'ils ont h faire, les redresser loutes les fois qu'ils manquent, faire des r^glemens sur tout ce qui se doit faire dans lesdits arsenaux , et travailler incessamment h les bien policer.
A regard de la guerre de mer, encore que ce soit plutost le fait des viceamiratix et autres officiers qui commandent les vaisseaux du roy, il est toutefois bien nj^cessaire que le secretaire d'Estat en soit bien inform^ pour se rendre capable de faire tons les r^glemens et ordonnances necessaires pour le bien du service, et pour ^viter tons les inconv^niens qui peuvent arriver.
Pour cet efFet, il faut qu'il sjache bien toutes les manceuvres d un vaisseau lorsqu'il est en mer, les fonctions de tons les oiBciers qui sont pr^pos^s pour le commander, tons les ordres qui sont donnas par les officiers g^n^raux et par les officiers particuliers de chaque vaisseau ; ce qui s*observe pour la garde d*un vaisseau, et g^n^ralement toutes les fonctions de tous les officiers, matelots et soldats qui sont sur un vaisseau, dans les rades, en pleine mer, entrant dans une riviere, ou dans un port, en paix, en guerre, et en tous lieux et occasions oili un vaisseau de guerre se pent rencontrer.
Sur toutes ces choses, il faut faire toutes sortes de diligence pour estre inform^ de tout ce qui se pratique par les officiers g^n^raux et particuliers en Hollande et en Angleterre, et conf^rer continuellement avec nos meilleurs officiers de marine, pour s'instruire toujours de plus en plus.
Toutes les fois qu'il conviendra changer les commissaires de marine qui servent dans les ports, il faudra observer d'y mettre des gens fidMes et assures, d'autant que le secretaire d'Estat doit voir par leurs yeux tout ce qui se passe dans les ports, outre le rapport continuel qu'il doit avoir avec les intendans et commissaires gen^raux. II doit estre de mesme des gardemagasins.
II faut s'informer soigneusement de tout ce qui se passe entre toutes les nations sur le fait des saluts, voir les reglemens qui ont est^ faits par Sa Majeste sur ce sujet, en connoistre toutes les difficult^s et toutes les differences avec les estrangers, pour y donner tous les ordres ct toutes les explications n^cessaires pour ^viter tous les inconveniens el soutenir la dignity du roy.
II faul travailler k establir dans tous ies ports des ^coles d'hydrographie et de pilotage, et de canonniers. Gette derni^re ^cole particuli^reroent est d'une telle consequence que , si le roy estoit charg^ d'une guerre dans laquelle il eust besoin de mettre en mer la moiti^ ou Ies deux tiers de ses vaisseaux , il manqueroit assur^ment de canonniers. G'est pourquoy il faut s'appliquer h en multiplier le nombre par le moyen de ces ^coles.
Tenir la main pour faire faire Ies revues de tous Ies Equipages des vaisseaux, lorsqu'ils sont mis en mer, et dans tous Ies lieux oil ils se rencontrent; establir a cet effet un commissaire de marine sur toutes Ies escadres, avec ordre expres de faire ces revues dans tous Ies calmes et d'en envoyer Ies extraits pour en informer le Koy.
Examiner tout ce qui s'est fait pour Testablissement d'un munitionnaire dans la marine; en examiner le traits ; voir qu'il satisfasse ponctuellement aux conditions y contenues , qu'il soit prot^g^ , et tous ses commis , tant dans Ies ports que sur Ies vaisseaux, et faire punir avec quelque sorte de s^v^rite Ies capitaines qui maltraiteront ou laisseront maltraiter Ies commis dudit munitionnaire qui seroient sur leur bord.
Examiner la diff^^rence de cette foumiture ^ celle qui se faisoit autrefois par Ies capitaines des vaisseaux, et Ies avantages que Ies Equipages y trouvent, pour, sur cette connoissance , travailler incessamment h maintenir et perfectionner cet establissement.
Examiner pareillement toutes Ies declarations et ordonnances qui ont este donn^es, et g^n^ralement tout ce qui s*est fait pour I'enrdlement general des matelots en Bretagne, Provence, Poitou, pays d'Aunis, Saintonge et Guyenne; en bien connoislre Ies avantages; maintenir et perfectionner cet establissement, et le continuer dans Ies autres provinces du royaume oil il n'a point encore est^ fait, s^avoir : en Languedoc, en Normandie, Picardie et pays reconquis.
Les intendans, commissaires g^n^raux et particuliers estant Ies principaux ofliciers qui doivent faire agir cette grande machine, il faut avoir continuellement Toeil sur leur conduite, les redresser quand ils manquent, leur donner des ordres bien clairs, et leur faire bien ex^cuter; en un mot il faut travailler, par tous moyens possibles , h remplir cette place de gens habiles, sages et d'une fidelity eprouv^e.
II faut pareillement bien connoistre tout ce qui concerne la compagnie des gardes de la marine, tenir la main k ce qu'elle soittoujours compile et remplie de bons hommes, que les revues en soyent envoy^es tous les mois, et n'ordonner le payement qu apr^s avoir rendu compte au Roy des revues.
Voir les ordres qui ont esU doim^ par le Roy pour la lev^ des soldats pour ies Equipages des vaisseaux ; tenir la main k ce quails soyent bien ex^ cut^s, et que ces soldats soyent bons, bien habill^s et bien arm^.
Tenir la main h ce que la revue des officiers de marine qui servent dans les ports soit £aite continuellement, en rendre compte au Roy, et envoyer les fonds pour leur payemenL
Prendre soin d'establir des fonctions auxdits ofiiciers pendant le temps qu'ils demeurent dans les ports, soit aux radoubs, car^nes, soit pour la garde des vaisseaux, et conf^rer pour en faire un r^glement avec les viceamiraux, les intendans et commissaires g^n^raux de la marine, pour leur donner de I'occupation et ^viter les maux que Toisivet^ tire apr^s soy.
Tenir soigneusement et seurement la main h ce que les ^dits concernant les duels soyent ex^cut^s dans toutes les d^pendances de la marine, n'y ayant rien en quoy Ton puisse rien faire qui soit plus agr^able au Roy.
Examiner ce qui est k faire pour establir la justice de la marine dans les ports.
Pour ce qui concerne les galores :
II faut lire toutes les ordonnances qui ont est^ faites concernant les galores, en bien examiner la difference; et, pour le surplus, ce qui est dit sur le sujet des vaisseaux servira pour ce corps.
Pour les compagnies des Indes orientales et occidentales, le commerce du royaume et le restablissement des haras, dans la suite du temps, mon fits s'instruira de toutes ces choses et se rendra capable de les conduire.
Avant que d'entamer les choses particuli^res que mon fils doit faire, c'est-^-dire ce qui pent regarder sa conduite journali^re , je luy diray que je s(ais bien et ne m'attends pas qu'il puisse entamer toutes ces mati^res g^ n^rales et faire des estudes particuli^res de chacune pour consommer tout son temps, et s'appliquer k un travail continu. Mon intention seroit seulement, pour le rendre habile, qu'il lust une fois le roois cette instruction et quil travaillast k s'instruire, pendant ce mois, de quelques-uns des points y contenus; qu'il m'en parlast quelquefois, et que je luy expliquasse toutce qui pent servir h son instruction sur chacun de ces points.
Pour ce qui concerne sa conduite joumali^re :
II est n^cessaire qu'il fasse estat de tenir le cabinet, soit le matin, soit le soir, cinq ou six heures par jour, et, outre cela, donner un jour entier, chaque semaine, a exp^dier toutes les lettres et donner tons les ordres.
Pour ce qui concerne ma charge :
II faut premiirement qu'il pense k bien r^gler sa conduite particuli^re;
Qu'il tienne pour maxime certaine, indubitable, et qui ue doit jamais
recevoir ni atteinte ni changement, pour quelque cause et sous quelque pr^texte que ce soit ou puisse estre, de ne jamais rien exp^icr qu'il n'ayt esl^ ordonn^ par le Roy; c*est-^-dire qu'il faut faire des m^moires de tout ce qui sera demand^., ies mettre sur ma table, et attendre que j'aye pris les ordres de Sa Majesty et que j'en aye donn<^ la resolution par ^crit; et lorsque, par son assiduity et par son travail , il pourra obtenir la grAce de ^ prendre luy-mesme les ordres du Roy, il doit observer religieusement, pendant toule sa vie, cette maxime de ne jamais rien exp^dier qu'il n'en ayt pris I'ordre de Sa Majesty.
Gomme le souverain but qu'il doit avoir est de se rendre agr^able au Roy, il doit travailler avec grande application pendant toute sa vie k bien connoistre ce qui pent estre agr^able k Sa Majesty, s'en faire une estude parliculi^re ; et, comme Tassiduit^ aupr^s desa personne peut assur^ment beaucoup contribuer k ce dessein , il faut se captiver, et faire en sorte de ne la jamais quitter, s'il est possible.
Pour tout le reste de la cour, il faut estre toujours civil, honneste et se rendre agr^able k tout le monde autant qu'il sera possible; mais il faut en mesme temps se tenir toujours extr^mement sur ses gardes pour ne point tomber dans aucun des inconv^niens de jeu extraordinaire, d'amourettes et d'autres fautes qui fl^trissent un homme pour toute sa vie.
II faut aimer surtout k faire plaisir quand Toccasion se Irouve, sans prdjudicier au service que Ton doit au Roy et en execution de ses ordres. Le principal de ce point consiste k faire agr^ablement et promptement tout ce que le Roy ordonne pour les particuliers. Pour cet effet, il faut se faire k soy-mesme une loy inviolable de travailler tons les soirs k exp^dier tons les ordres qui auront est^ donnas pendant le jour, et a faire un extrait de tous les m^moires qui auront est^ donnas; et, le lendemain matin, m'apporter de bonne heure toutes les expeditions r^solues et les m^moires de ce qui est a r^soudre, pour en parler au Roy et ensuite exp^dier.
11 ne faut non plus manquer k faire enregistrer toules les ordonnances et expeditions, et n'en d^livrer jamais aucune que mon fils n'en ayt vu et cote I'enregistrement.
Toutes les expeditions qu'il fera doivent estre examinees; voir sur quelles ordonnances elles sont fondees ou elles ont rapport; ce qui luy donnera une grande et profonde connoissance de tout ce qui passera jamais par ses mains.
Pour se rendre capable et bien faire toutes sortes d'expeditions , il faut
• En (ranscrivanl celte inslnirlion, Seignelay su|}priina les mote »oblenir la f^rAce dc*
qu'il Use avec soin toutes celles que j ay fait recueillir dans mes regislres, et en fasse mesme des tables en difF^rentes mani^res; et en cas qu il trouve ce travail trop long, il pourra s'en faire soulager, donner ordre de les faire; mais il faut qu'il dirige cc travail, qu'il le voye etie corrige.
Gomme la marine est assur^ment la plus importante et la plus belle partie de mon d^partement, il faut aussy donner plus de soins, plus de temps et plus d'application pour la bien conduire. Pour cet effet, il faut que mon fits lise luy-mesme, avec soin et application, tons les ordres qui ont est^ exp^di^ pour la marine depuis trois ou quatre ans; qu'il en fasse luymesme des tables contenant la substance des ordres, afin qu'ils luy servent de principe et de fondement pour tous ceux qui seront ^ donner k Tavenir^
II est necessaire qu'il se fasse un travail r^gl^ et ordinaire de la lecture de ces ordres et lettres enregistr^es et desdites tables, d'une ou deux heures par jour, y ayant apparence qu'en un mois ou six semaines de temps il en pourra venir a bout.
Outre cette lecture, il faut faire estat toutes les semaines de tenir une correspondance de lettres r^gl^e avec tous les officiers de marine, sjavoir :
A Toulon, avec le sieur Matharel, le commissaire, et quelquefois les officiers du port; et avec le sieur Brodart, commissaire g^n6ral d^party pour renr6lement g^n^ral des matelots;
A Aries, avec le commissaire Julien, pour la voiture et la reception des bois;
En Bourgogne, avec le sieur Duguay, premier president de la Cour des comptes, pour Fachat, le d^bit et la voiture des bois;
En Dauphin^ et Lyonnois, avec le sieur de La Tour Dalliez, pour toutes les manufactures dont il prend soin, s^avoir : bois, fers, masts, toiles a voiles, mousquets et baches d'armes; en Forez, Dauphini^ et Nivernois, grosses ancres; en Dauphin^, Bourgogne et Nivernois, canons de fer, cries et masts, idem;
En Bourgogne, avec le sieur Bescbe, Su^dois, entrepreneur des canons de fer;
En Nivernois, avec le sieur Legoux, commis dudit sieur Dalliez;
A Rocbefort, avec M. de Terron;
A la Rochelle, avec les directeurs de la compagnie du Nord;
A Nantes, avec Valleton et. . . qui refoivent toutes les marchandises pour la marine et les font charger pour les porter a Rocbefort et a Brest;
A Brest, avec le sieur de Seuil;
' Scignelay fil, en eOel, uoe table des ordonuauces de marine. — Voir page 85, nole i.
Eq Bretagne avec le sieur Sacchi-S^jooni^, commissaire de marine d^party pour renr61ement des matelots dans T^vesch^ de Nantes; et arec le sieur de Narp, commissaire de marine d^party h Saint-Malo pour le mesme enr6iement;
Au Havre, avec le sieur Hubert;
A Dunkerque, avec le sieur Gravier;
A Lisbonne, avec le commissaire de marine qui y est, nomm^ Desgranges;
Avec les ambassadeurs du roy en Espagne, Portugal, Angleterre, Hollande, Danemark et Su^de, sur toutes les mesmes affaires de marine.
Le Roy m'ayant donn^ tons les vendredis, apr^ le midy, pour luy rendre compte des affaires de la marine , et Sa Majesty ayant desjJi eu la bont^ d'agr^er que mon fils y fust present, il faut observer avec soin cet ordre :
Aussytost que j'auray vu toutes les d^pesches , k mesure qu'elles arriveront, je les enverray a mon fils pour les voir, en faire promptement et exactement Textrait, lequel sera mis de sa main sur le dos de la lettre et remis en mesme temps sur ma table; je mettray un mot de ma main sur chacun article de I'extrait, contenant la r^ponse qu il faudra faire aussytost; il faudra que mon fils fasse les r^ponses de sa main, que je les voye ensuite et les corrige, et quand le tout sera dispose, le vendredy nous porterons au Roy toutes les lettres, nous luy en lirons les extraits, et en mesme temps les r^ponses; si Sa Majesty y ordonne quelque changement, il sera fait; sinon, les r^ponses seront mises au net, sign^es et envoy^s. Et ainsy, en observant cet ordre r^gulier avec exactitude, sans sen d^partir jamais, il est certain que mon fils se mettra en estat de s'acqu^rir de I'estime dans Tesprit du Roy.
A regard des galores, il faut faire la mesme chose.
Pour finir, il faut que mon fils se mette fortement dans I'esprit qu'il doit faire en sorte que le Roy retire des avantages proportionn^ k la d^pense qu'il fait pour la marine. Pour cela, il faut avoir toute lapplication n^cessaire pour faire sortir les escadres des ports au jour pr^is que Sa Majesty aura donn^; que les escadres demeurent en mer jusqu'au dernier jour de leurs vivres, ou le plus pr^s qu'il se pourra; donner par toutes sortes de moyens de T^mulation aux officiers pour faire quelque chose d extraordinaire, les exciter par les exemples des Anglois et des HoUandois, et g^n^ralement mettre en pratique tons les moyens imaginables pour donner de la reputation aux armes mari times du roy, et de la satisfaction a Sa Majesty.
Je demande, sur toutes cboses, a mon fils qu'il prenne plaisir, se donne
de Tapplication et ayt de Texactitude, de la ponctualit^ dans tout ce qu il Youdra et aura r^solu de faire. Gomme il se peut faire que la longueur de ce m^moire T^tonnera , je ne pretends pas le contraindre ni le gesner en aucune faf on ; qu'il voye dans tout ce m^moire ce qu'il croira et voudra faire. Gomme il se peut facilement diviser en autant de parcelles qu'il voudra , il peut examiner et cboisir; par exemple, dans toute la marine , il peut se r^server un seul port ou arsenal, comme celuy de Rochefort ou de Toulon , et ainsy du reste ; pourvu qu'il soit exact et ponctuel sur ce qu'il aura r^solu de faire, il suffit, et je me cbargeray facilement du surplus.