‹ Lettres, instructions et mâemoires de Colbert, publiâes d'apráes les ordres de l'empereur, sur la proposition de Son Excellence M. Magne, ministre secrâetaire d'etat des financesChapitre 84 sur 246 · III · texte numérisé non relu

III

Je nay pu faire les mesmes rabais pour les nolb h Toulon (pxk Marseille, cette viiie n'estant pas d*un si grand commerce et n'y ayant pas nn si grand nombre de bastimens h choisir. Je crois qah Tavenir le meilleur party est de se servir des bastimens qui sont au roy et des vaisseaux des quatritoe et cinquitoe rangs arm^ en flustes; il en coustera moins et les vaisseaux se gasteront moins k la mer que dans le port'.

J'ay rendu coropte h Sa Majesty du nombre des vaisseaux de guerre qui servent h Tescorte desdits bastimens et de ceux qui out est^ d^arm^. EHe a approuv^ la disposition que j'ay donn^ h cette escorte.

Apr^ avoir donn^ ordre a tout ce qui regardoit le convoy, je me suis appliqu^ aux affaires du port et de Tarsenal.

Comroe les d^penses ont est^ fort grandes cette ann^, il y avoit plusieurs dettes h payer; pour les faire acquitter, j'ay examine avec soin Testat des d^penses de 1676, et j*ay dress^ ensuite un estat desdites dettes que j'ay fait acquitter sur les fonds faits par le roy qui avoient est^ remis h Toulon. Cy-joint est un estat des dettes et des payeroens qui ont est^ faits. D y a pareillement cy-joint un estat des d^penses h faire dans le port de Toulon pendant Tann^ prochaine 1 677. J'ay dress^ c^ estat avec I'intendant et les ofBciers, et, avant de r^gler chacun article, j'ay examine en d^il toutes les d^ penses qui sont k faire pour les radoubs, constructions, achats de mat^riaux et autres d^penses. Je crois que cet estat est fort juste et qu'il est difficile de le diminuer. J*ay pareillement examine tons les vaisseaux Tun apr^ Tautre pour faire le projet des armemens de Tann^ prochaine 1677. Ce projet est cy-joint.

J*ay visits tons les magasins avec soin et r^I^ les inventaires du magasin g^^ral et des magasins particutiers qui sont cy-joints. ^

Par un m^moire aussy cy-joint, je rends compte de Tordre qui s'observe dans les magasins, qui est assur^ment fort beau, et qui n'a d'autre d^faut que cehiy de multiplier un pen le travail par un grand nombre de diffi^rens livres qui s'y tiennent; mais assur^ment en suivant cet ordre, il est tr^difficile que le roy soit tromp^. On en sera encore plus assur^ lorsque Tarsenal sera hasty et que tons les magasins seront rassembl^s et qu'on n'en sorlira que par une porte, parce qu'on ne pourra plus rien emporter dudit arsenal.

J'ay examine avec grand soin les ofHciers qui servent dans Tarsenal de Toulon, et il y a cy-joint un m^moire de leurs bonnes et mauvaises quality. II y a un grand nombre d'officiers qui ne sont pas assez utilement employ^ et que j'ay estim^ h propos de retrancher, pour espdrgner la d^pense de leurs gages; cette d^en^ est diminu^ de 18,000 livres pour Tann^ prochaine 1677.

II faut n^ce^irement mettre d'autres gens en la place des gardes-magasins et contrAleurs; ils sont Proven^aux, et leur fid^lit^ est suspecte avec raison*.

J'ay ost^ du magasin g^n^ral tous les ^crivains proven^aux qui y estoient, afin de rompre les mesures qu'ils pourroient avoir prises avec les marchands qui foumissent. J'en ay estably d'autres en la place , et je feray observer k Tavenir de ne laisser plus aucun Provencal dans les magasins.

Apr^ avoir visits tous les magasins et ateliers , j*ay exactement visits tous les vaisseaux du port, et dress^ un m<^moire cy-joint de leurs bonnes et mauvaises quality , et un autre m^moire du radoub h faire h chacun desdits vaisseaux.

* Colbert a ^cril en marge : « Faire la comparaison do la soUIp dos equipages avec les nolis.? — * Voir page 18A.

J ay pareiHement visits les constnictions et Mi anssy on mAnoire de la d^pense n^ cessaire pour achever les vaisseaux qui sont encore sor les chantiers. L'examen de toates les marchandises qui se fonrnissent dans Tarsenal et de ieur prix a fait une de mes prineipaks applications. J'ay fait publier an rabais lesdites marchandises k Marseille et k Todon, et Ton avoit dcBjk propose des rabais consid^ables snr le prix desdites marchandises k mon depart de Marseille; mats, comme il y avoit encore de nonveaux rabais propose, j'ay difi&^ de trois jours Tadjudication et Ton m'en enverra iocessamment le tarif.

J*ay examine avec soin ce qui r^arde Tbospital de Saint-Mandrier et j'en ay rendu compte par un m^moire cy-joint.

J'ay hi avec soin et application avec ledit intendant tous les Wiglemens et ordon* nances de marine, sur lesquels les observations contenues au m^oire cy-joint ont est^ aites.

11 n*y a rien de plus n&essaire pour le service du roy que de r^udre promptement les dessins de Tarsenal de Toulon; Tintendant en avoit fait un, et j'en ay fait faire un nouveau par Tarchitecte que j^'avois men^ avec moy ; j'ay apport^ Tun et Tautre, apr^ les avoir examine sur les lieux pied k pied, et je suis en estat d'en rendre un bon compte k Sa Majesty. J*ay fait une diminution considerable sur le prix des mat^riaux pour les bastimens de Tocdon , apr^ les avoir examine, ainsy que j'avois fait k Marseille; cette diminution sera d'autant plus consid^able que les bastimens vont devenir grands et d'une grande d^pense, apr^ que le Roy aura r^ln Tarsenal.

J*ay rendu compte, par les proc^verbaux d'^preuve des canons de Rourgogne que j'ay envoy^, du succ^ qu ont eu lesdites ^preuves que j'ay foit faire en ma presence; il est certain qu'on ne pent pas faire fond sur la bont^ desdits canons, et je crois que le meilleur exp^ient qu'il y ayt k prendre est de faire mettre k part tous ceux qui ont este ^prouv^ et qui ont r&ist^ aux ^preuves, en prince des oflBciers, de faire ^pronvar les autres k mesure qu'on en aura besoin et de se servir de ceux qui seront trouv^ bons; k Tegard des autres , on ponrra s'en servir pour les ouvrages de fer forg^, et j'ay desj^ pris pour cda des mesures avec le sieur Dalliez*.

J'ay rendu compte, par un m^moire particulier et exact, de la visite que j'ay faite aux isles d*Hy^res.

Tay pareitieraent rendu compte, par des m^moires s^mut^, de la visite que j'ay fatte de toutes les places de Provence.

J*ay pass^, k mon retour, dans les lieux de Dauphin^ ou le sieur Dallie£ a estably des manufactures; j'ay observe les bonnes ^ mauvaises quality de chaque esp^ desdites marchandises par le m^moire que j'ay envoy^ k mon p^, dat^ d'Arbresle, le 3 de ce mois', qui a est^ lu au Roy.

J'ay vu et examine avec soin k mon passage en Nivemois tous les establissemens de manufactures qui ont est^ faits pour la marine, et j*ay examine Testat auquel sont ces manufactures. II y a des fonrneaux pour la fonte des canons de fer. Tun k Arlot et Tautre k Charbonni^re; ces fourncaux sont grands et beaux, mais comme les canons qui y ont esie faits n'ont pas r^nssy, je crois que, apr^ T^preuve de deux ou trois nonvelles mani^res de fondre ces canons qui ont est4 propose, il fandra faire cesser ces manufactures.

Resche, qui estoit venu et qui a fait ces establissemens, m'a demand^ encore quelque

* Colbert a ocrit on marge : «TI ne faul point prendre ces canons.?) — * Voir pi^ n" 6/i.

temps pour essayer de perfeclioimer ces manufactures; je luy ay domi^ irois mois, apr^ lesquels je luy ay d^ar^ que le Roy luy osteroit sa terre ; il m'a fait esp^r quit y r^ussiroit.

II y avoit trois diff(^rentes ^preuves h faire : Tune de sept pi^s de canon des Anglois, Tautre d'un abb^ et Tautre des canons ordinaires. Rendre compte des trois difr($rentes.

Establissement pour les pieces d'ancres; on s'en est plaint. Visits. Donn^ des modules.

Bel establissement d'armes; proposition d'en prendre pour le Levant et le Ponant. Examen des mousquets. M^moire.

( Bib). Imp. Ms8. S. F. 3,oi9 , Colbert et Seignelay, VI, cote f i , pi^ce f o.)

MlfiMOIRE DE COLBERT

SUR L'HOSPITAL DES FORgATS DE MARSEILLE '

(Extreit dea letlres patentes dejoillet t6&6, porlaut eslabliuement de eet hospital.)

GLAUSES DESDITES LETTRES.

Le Roy se d^lare fondateur et donateur;

Donne les deux arsenaux occup^, de vin^-cinq toises de longueur et dnq toises de largeur; la vieille tour enferm^ dans lesdits deiix arsenaux et le petit jardin y attenant; plus les trois ou quafre des arsenaux de mesme longueur et largeur que les aulres.

Le gdn^ral des galores commettra un capitaine ou concierge pour commander la garde des forests qui seront dans ledit hospital.

Toute {'administration spirituelle donn^ au sup^rieur g^n^l de la Mission, qui sera toujours aumosnier r^l des galores, sous Tautorit^ des ordinaires.

Nomme quatre personnes pour avoir Tadministration dudit hospital pendant un an; lesquelles en nommeront, tons les ans, quatre autres qu'elles pr^senteront an g^^ral des galores, qui en choisira deux pour metlre en place de deux qui sortiront.

Pouvoir auxdits administrateurs d'establir et mettre tons les officiers dudit hospital , s^voir : m^decins, apothicaires , chirurgiens, receveurs, ^conomes , infirmiers et autres personnes n^cessaires.

Sa Majesty donne 9,000 livres par an , qui seront employ^ tous les ans dans Testat des galores, pour la fondation et dotation dudit hospital ; qui seront payees : 3,ooo livres au 1* Janvier; 3, 000 livres au i^avril, et 3, 000 livres au i"8eptembre;

Et, pour tous les for^ts qui seront conduits audit hospital, 3 sob par jour pour chacun; et, pour cet effet, les commissaire et capitaine des galeres doivent arrester, de trois en trois mois, le r6le des for^ts qui auront est^ mis dans ledit hospital, et faire payer les administrateurs par le Irdsorier.

L'aumosnier r^al pourvoira chaque galore d'un bon prestre, qui servira d'aumosnier, et les gages seront distribu^ par ledit aumosnier. L'apothicaire et chirurgien qui auront servy huit ans seront mis sur les articles des administrateurs.

Le sieur Brodart s*est plaint que cet hospital consommoit une soromc consid^able,

* Voir page 168, nole.

UOPITAL DES FORgATS DE MARSEILLE. 373

et qae les directeurs eademandoient le payement, sans donner aucuDe connoissance des d^enses qui moDtoient h plus de 3o,ooo livres tous les ans.

Sur cela , mon fils avoil d^cid^ un peu l^^rement.

Sur ce que je luy ay fait connoistre de mes instructions , il a ^crit d'envoyer toutes les pieces et ^aircissemens n^cessaires , pour estre inform^ h fond de Testat de cet hospital.

Brodart a envoy^ copie des lettres patentes cy-dessos , et sur cela mon fiis a formd son avis , portant de changer cette administration et la donner h Tintendant et h deux capitaines de galore.

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