‹ Lettres, instructions et mâemoires de Colbert, publiâes d'apráes les ordres de l'empereur, sur la proposition de Son Excellence M. Magne, ministre secrâetaire d'etat des financesChapitre 85 sur 246 · OBSERVATIONS SUB CRT AVIS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS SUB CRT AVIS

Get establissement a est^ commence par M. le cardinal de Richelieu ; continue et affermy par M. d'Aiguillon; confirm^ par lettres patentes du 39 juillet 1 666 , enregistr^es dans les compagnies.

Les d^penses sont fix^ ii 9,000 livres par an, employ^ dans les estats, et ^ 3 sols par chaque for^t.

Ces 3 sols doivent estre pay^s par les ordres et sur les rAles arrest^s par le commissaire et contr6leur, et, par cons^uent, de Tintendant

n faut des gens de pi^td pour prendre soin d'un hospital.

Les administrateurs choisissent quatre personnes tous les ans ; et le droit d'en prendre deux de ce nombre appartient au g^^ral.

Si Ton change cet establissement pour en faire un autre, il faut que les lettres soy en t port^s en la Chambre des eomptes.

II y aura des oppositions!

Le public verra qu'on Toste k des gens de bien et de vertu , qui ne prennent soin de cet hospital que par un principe de pi^t^ et de charity, sans aucun ^olument, pour le donner^ un intendant qui, souvent et presque toujours, n*aura pas les quality n^cessaires ni les principes de pi^t^ et de vertu qui sonf la base et le fondement de cet ouvrage, et h deux capitaines de gal^e, qui ont encore moins ces principes.

L 'intendant a trop d'affaires pour s'appliquer h un establissement qui est tr^-grand, incommode et ingrat, et qui ne pent estre fait que par un principe de charity et de pi^t^.

Les capitaines de galore sont souvent en mer.

Qui est-ce qui prendra le soin de cet hospital pendant ce temps?

De plus, c'est un establissement fait par un tr^s-grand personnage, qui a continue el qui s'est maintenu depuis trente ans.

Le bon sens veut-il que, sur le rapport d'un homme fait comme Brodart, vous alliez renverser et changer cet establissement?

De plus, le choix de deux administrateurs de quatre est un droit du g^n^l des

Si vous retenez pour le Roy le chou des deux capitaines de galore, auxquels vous voulez donner cette administration , le g^n^al aura raison de se plaindre , et vous n'en viendrez point h bout.

Si vous laissez ce choix au g^n^al , il se fera pour compte et pour commerce, et toute cette administration se tonmera en friponneries.

Observez que dans Testat des galores il est fait fonds de ai,doo livres en quatre articles.

CoDsidires, je voos prie, combien il est n^eessaire que voos appesantiasiez voBtre esprit, poar bien avancer une affaire et en bien juger, et en quek inconv^ens, en petites et en (frandes choses, vous tomberez si vous ne saives en ceia le oonseii que je voos doDne depais si longtemps.

Voicy mon avis :

II faut r^aire cet hospital aux termes des tettres de son establissement;

C'est-^-dire, donner aux directeors et administrateurs les 9,000 livres port^ par lesdites lettres; faire arrester par Tintendant , tons les trois mois, le r6le des for^ts qui y seront envoy^, et leur faire payer, h raison de 3 sols par jour pour chaeun; obliger les dii*ecteurs de donner un double du compte de leur administration, tous les ans, suivant Tarrest d'enregistrement de la Chambre.

II est difficile qa'il y ayt aucun abns dans cette administration, si les for^ts y sont bien re^s, et s'ib y sont bien pans^, bien m^cament^ et gu^.

S'il se trouve quelque abus, on y pent rem^ier, sans rien changer.

Alors vous espargnerez toujours 9,000 livres au roy, pour chaeun an. Si les administrateurs s*en plaignent et les demandent , dors vous pourrez examiner ce qu'il y aura k fsdre pour r^dre cette administration encore jJus par&ite.

Consid^rez combien ceBrodart est un pauvre homme, de n* avoir pas respritdeCure connoistre ces lettres patentes, puisque par ce moyen il est mentiim de 3 sob par jour, et qu'il peut faire donner tous les ans le double du compte de radmioistratioo.

U auroit estd k souhaiter que vous ne m*eussiez pas donn^.la peine de faire un auisy grand m^oire que celuy-cy. Pourvu qu'il serve k vous faire prendre une ferme resolution de ne point juger si l^^rement et d'approfondir davantage lesmati^res, ee me sera une grande satisfaction.

Si vous suivez bien ce conseil, en six mois ou un an de temps, vous vous acoou»tumerez k cette mani^ solide et serez capable de conduire toutes dioses ainsy qu'il convient pour le service du roy.

Si vous ne le fiutes pas , il est vray que vous renverserez l^;kement tons les estaUissemens, et, en chemin iaisaut et avant que vous en ayez beauooup fait, vous vous renverserez vous-mesme ; c ert k quoy vous devez bien proidre garde.

(Bibl. Imp. Mm. S. F. 3,oi9 , Colbert $t Stipmlaff, Vl, eote at , pi^ i3.)

(Letlro ori(pDale.)

Calais, 3 juiu 1679.

M^moire de Testat du vaisseau et de T^quipage du Nq^time\ et de ce que j'ay fait

Estant party du Havre le 3i may k la pointe du jour pour me rendre sur le vaisseau h Neptune, je le trouvay k la rade du Havre en estat de recevoir le Roy, si Sa Majesty Tavoit vu cette ann^.

Je commen^ay par visiter le vaisseau par dehors , et je le trouvay une des plus belles fr^ates que j'aye jamais vues k la mer de cette grandeur. Tout estoit dans une propret^

' Voir Marine f pieces n*^ SaS, 696, 539, 537 el notes.

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