‹ Lettres, instructions et mémoires de Colbert (volume 2)Chapitre 101 sur 470 · A M. BOUCHU · texte numérisé non relu

A M. BOUCHU

INTENDANT A DIJON

Versailles, 10 a oust 1676.

Pour réponse à vostre lettre du 3i du mois passé, sur la demande qui vous a esté faite de faire fournir 900 manœuvres par les communautés de Bourgogne pour employer aux travaux d'Auxonne , je vous avoue que je suis surpris qu'il soit nécessaire d'avoir recours aux élus et pour ainsy dire à leur autorité pour avoir des manœuvres pour travailler à la fortification de ladite place, vu que cela n'arrive point en aucun autre lieu, et qu'il n'y a point d'entrepreneur qui ne trouve des ouvriers pour les travaux qu'il est obligé de faire. Néanmoins, comme cette place est d'une conséquence que je ne puis exprimer, je ne laisseray pas de vous envoyer l'ordre que vous me demandez pour faire fournir lesdits 900 manœuvres à l'entrepreneur. Si vous pouvez vous dispenser de vous en servir, je crois

1 L'année suivante , le curé de l'église paroissiale de Saint-Laurent étant allé à la cour se plaindre de ce qu'on voulait abattre son église et les maisons dépendant de sa cure pour les travaux du fort Saint-Jean , Gollicrt écrivit à l'intendant de lui donner des renseignements a ce sujet.

«Comme ce curé, lui disait-il, dans sa leUre du 16 mai, demamloit un an-est du conseil pour commettre M. Rouillé pour faire visite de ces maisons et en dresser procès • verbal , je n'ay pas voulu luy accorder, |w»rcc que ce

peut eslre un préteite pour former des prétentions qui ne sont pas bien fondées. Faitesmoy sçavoir si cette église est comprise ou non dans l'esplanade du fort Saint-Jean, s'il faudra l'abattre , si lesdites maisons estoient aussy comprises dans celte esplanade, et combien elles pouvoient luy valoir de revenus. Surtout . que ni ce curé ui aucune autre personne ne sçache que je vous ay donné l'ordre de ra'ins- Iruiredescs prétentions. . . 1 {Dqnit tit» farùj. 1676. fol. 107.)

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qu'il seroit bien à propos de le faire; sinon, vous pourrez le remettre entre les mains des élus pour en faire la répartition , afin que vous la puissiez faire exécuter au plus tost, estant toujours de la conséquence que je vous ay marquée par toutes mes dépesches de faire avancer ces ouvrages avec toute la diligence possible

La proposition que vous me faites, de donner un ordre ou un arrest du conseil pour défendre aux ouvriers d'Auxonne d'aller travailler dans la Franche-Comté, ne me paroist pas praticable ni ordinaire, d'autant plus qu'il ne seroit pas juste de leur oster la liberté; et je ne puis croire qu'on leur donne davantage à Dôle qu'à Auxonne, ni que deux provinces aussy grandes que la Bourgogne et la Franche-Comté ne fournissent pas la quantité d'ouvriers nécessaires pour tous les travaux qui s'y font. Ainsy je vous diray seulement qu'il ne faut pas s'arrester aux premières difficultés que font les entrepreneurs , et qu'il suffit de leur faire connoistre qu'il leur sera facile de les surmonter par leurs soins et leur application.

Pour ce qui est de ce que vous me dites que la place d'Auxonne ne sera pas beaucoup plus en défense lorsque les 6,000 toises de maçonnerie seront faites, n'y ayant point de munitions de bouche ni de guerre, je vous diray que les ordres que j'ay reçus du Roy et que je vous ay donnés ne regardent que la fortification de la place, et que, pour le surplus, Sa Majesté sçaura bien pourvoir à ce qui sera nécessaire pour sa défense, et cela n'estant pas de mon fait, je ne dois pas m'en charger. C'est aux gouverneurs, à ceux qui commandent en leur absence, ou aux commissaires, à représenter le besoin des places par les voyes ordinaires.

(Depot des fortification*. Mss. 906, 1670, fol. 16*.)

INTENDANT DES FORTIFICATIONS

Versailles, 17 a oust 1675.

J'ay esté surpris d'apprendre, par vostre lettre du 8 de ce mois, que la dépense des ouvrages ordonnés cette année pour les travaux des places de Champagne sera beaucoup plus forte que l'estimation que M. de Vauban

1 Dans une lettre écrite à d'Asprcmont le des inconvé nions du coslé d'Allemagne, tel»

90 du mois précédent, Colbert lui recoin man- que le royaume rceovroitdes eceiden» Irès-fas-

dail de presser les travaux d'Auxonne avec la cheux, si celle place n'estoit pas en estât

plus grande diligence «parce que, encore que d ésire bien défendue.* (Dépôt de» Jorttf.

la puissance du Roy et son application la met- 1675, fol. 1/10.) — Voir pièce n* io5 . note lent en «enrôlé, il pourroil néanmoins arriver de la page 199.

m F0HT1KICATI0NS.

en a faite, d'autant que, dans toutes les autres places, les estimations dudit sieur de Vauban se trouvent fort justes, et qu'il n'y arrive point de pareilles différences.

Prenez bien garde que cela n'arrive pas d'aucune faute de vostre part, estant de grande conséquence dans la conjoncture présente de mesnager les deniers du roy avec grande économie , et de faire presser les ouvrages avec toute la force et la vigueur que la belle saison peut permettre, et que vous voyez que les affaires présentes demandent.

(Dépél des fortification» , Mm. soJi, 1675,(0!. 175.)

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