A M. CHANTEREAU
l>TKM)ANT DES FORTIFICATIONS.
Versailles, ift septembre 167O.
J'ay esté surpris de voir que vous faites donner 10 sols par jour à chaque homme qui vient travailler à corvée aux ouvrages de terre des places dont vous prenez soin , et 6 sols aux femmes.
Comme cette dépense seroit considérable, il sera à propos que vous réduisiez lesdites corvée» au pain de munition , ainsy qu'il s'est toujours pratiqué par le passé, et que, pour les faire travailler avec plus de force, vous donniez à chaque escouade composée d'une ou deux paroisses la quantité de travail qu'elle peut faire pendant cinq ou six jours, afin qu'elle le fasse avec émulation, et le finisse promptement pour en estre plus tost quitte, et avoir la liberté de s'en retourner pour quelque temps chez eux'.
( Dépôt dos fortittcatioiis. llss. 306, 1676, U. 906.)
1 L'intendant interpréta mal les intentions «Je ne sçais pas potirquoy vous aves permis
du ministre, qui l'en bttina en ce» ternies par uux conrées de Guise, après avoir
«a lettre du j5 octobre: travaillé un jour à corvée, de s'abonner avec
FOKTIKICATIONS.
131». — A M. I)K MOYENN EV1LLE,
INTENDANT DBS FORTIFICATIONS.
Y entaillai, «o septembre 1670.
Je vous ay écrit si pressaiiiirient par les derniers ordinaires sur les ouvrages de Calais et d'Ardres, que je ne puis presque rien vous dire de nouveau, sinon que vous devez exécuter ponctuellement et à la lettre les mémoires de M. de Vauban, et tout ce que mon frère vous a dit dans les differens voyages qu'il a faits à Ardres.
Je vous dois encore dire que ce n'est point à vous à contrôler le sieur de Vauban; d'autant que la fortification et la seureté d'une place ne peut pas dépendre de vos sentimens'. 11 me dit qu'il n'a rien changé, et vous dites qu'il a changé beaucoup de choses. S'il a fait des changemens considérables, il falloii en prendre son mémoire signé de luy, et me l'envoyer; si ce ne sont que des petites choses et des bagatelles, il falloit seulement m'en donner avis.
Je vous diray, sur ce mesme sujet, que je vous vois une certaine résistance à tout ce que veut faire le sieur de Vauban dont il faut que vous vous défassiez, parce que, comme c'est sur luy que le Boy se repose de la seureté de ses places, il seroit inutile de vous y opposer ni d'y résister; et cela ne produirait autre chose que des difficultés qui vous rendraient incapable de servir. Vous devez donc vous bien appliquer à entendre ce qu'il dit et à le bien faire exécuter.
A l'égard de l'économie , je vous ay si clairement exprimé mes sentimens par ma dernière, qu'il est inutile de vous en rien dire davantage.
1rs entrepreneurs pour faire les ouvrages de terre a la toise, vu que cela n'est point par le sens de tout ce que je vous aj écrit dans mes lettres des 16 et «7 du mois passé, et que j<< vous avois seulement dit qu'il falloit distribuer une portion de travail aux paysans de chaque paroisse, afin que, a l'émulation les uns des autres, i's avançassent leur travail plus diligemment pour en estre plus tost quittes pour quelque temps. Mais de la manière dont vous conduisez ceUe affaire , il me paroisl que le Roy portera toute cette dépense, et que Sa Majesté n'en tirera aucune utilité... n ( Dèptl âmjorùf. 1 67 5 , fol. a 6 a.)— Voir pièce
' Dan» le* commencements, à cequ il paraît,
de Moyenneville, au lieu de se borner i faire exécuter les travaux dont il était chargé , avait voulu en discuter l'utilité, ce qui lui attira de la part de Coibert, le a5 août 167* , la réprimande suivante :
«Il n'est pas a propos que vous raisonnies avec tous les officiers qui vont visiter les travaux des places. Il suffit que vous exécutiex exactement les ordres qui vous ont esté donnés pour leur fortification, suivant les résolutions prises par le Roy, sans vous arresler â tous le» discours qui vous peuvent estre faits, et que vous fassiez travailler avec toute la diligence et la solidité possibles, afin de faire finir au plus tost les ouvrage» que Sa Majesté a ordonné de faire relte année. - ( Dépit in JorUf. fol. * '10. )
Touchant les uppointemens des deux capitaines d'infanterie, vous devez les faire payer; mais c'est à vous de bien prendre garde que les soldats qu'ils conduisent travaillent bien , et qu'ils avancent les travaux qu'ils auront entrepris à proportion de l'argent que les capitaines et eux toucheront et en cas qu'ils travaillent mollement, vous devez vous en plaindre aux mesmes capitaines, au gouverneur, en écrire à mon frère et ensuite à moy-mesme.
(Dépàtde* fortification*, Ms». *o5, 1676, fol. 117.)