‹ Lettres, instructions et mémoires de Colbert (volume 2)Chapitre 107 sur 470 · A M. DE BRETEUIL · texte numérisé non relu

A M. DE BRETEUIL

INTENDANT A AWBS8.

Versailles, 90 septembre 1675.

J'ay rendu compte au Roy de la lettre que vous m'avez écrite, le îa de ce mois, sur la demande que vous ont faite les habitans de Corbie de quelque argent pour fermer leur ville de murailles sèches ou de palissades, pour se mettre en estât de ne point payer de contributions, et de se garantir de l'incendie2; mais, comme Sa Majesté n'estime pas à propos pour le bien de son service de faire faire aucun ouvrage à cette ville, il faut la laisser en Testât qu'elle est et ne pas penser à y faire travailler 3.

(Depot de* fortification* , M». soo, 167 5 , fol. 1119.)

' Heureusement , on n'eut qu'à se féliciter des ateliers militaires, comme on le voit par la leUre de Colbert du 1 1 octobre :

«Mon frère m'a écrit que les ouvrage* d'Ardre* avancent fort par le moyen des soldats qui ont entrepris des portions d'ouvrage à pris faits. Vous detes maintenir ce travail, et faire payer les officiers suivant qu'il les a réglés, rien ne pouvant estre plus avintageui

(Dépôt dttforùj. 1675, fol. a4û.)

* De la part des ennemis, dans leurs incur-

3 Voici les ordres qui avaient été donnés par le Roi, le 6 octobre 1G7/J , a M. de Breteuii, pour raser ceUe place :

«La visite que j'ay ordonné au sieur Ferry de taire de la ville de Corbie obligeant de prendre encore plus de précautions pour faire raser les portes et renverser la terre des remparts dans le* fossés , pour rendre lest terres de dehors de ni* eau avec la rue de ladite vi|j«>. jr>

désire que voua y fassiez travailler incessamment par les habitans qui estaient autrefois du gouvernement de celle place, en sorte que, dans le courant de ce mois ou dans les quinte premiers jours du prochain, ce travail soit entièrement achevé. * (M. de Beauvillé, Document» inéditt concernant la Picardie, )

Un peu plus tard , les habitants de Corbie ayant adressé au ministre un nouveau mémoire

IX, Colbert répondit simplement a l'intendant :

•Je dois vous dire que le Roy ne m'a rien tant recommandé que de travailler a faire raser entièrement cette place , en sorte que nonseulement elle ne doit estre jamais fortifiée, mais mesme que les ennemis ne puissent concevoir ta pensée qu'elle peut estre fermée; ninsy je n'ay garde de donner des ordre* suivant ledit mémoire...- ( Dr,,, à M. de Hrtevil . i675, pièce n" i'.u.)

lâ'l

Page 1