U3. — A M. CHANTEREAU
INTENDANT DES FORTIFICATIONS
Versailles, 8 novembre xd'jb.
Pour réponse à vos lettres des a8 et 3o du mois passé, il est difficile
1 Voir pièce n* 1 56. Sa Majesté veut que vous m'envoyiez vostre
1 Sept jours après, Colbert ayant reçu de sentiment ^ir ceux que vous rroirex que l'on
l'intendant le mémoire qu'il demandait, lui doit conserver et qui seront les plus capables
répondit : de se bien acquitter de leur cmploy. . . » ( Défi.
*\l faut réduire le nombre des inspecteurs A W. rf« flrefewi/, 167*1, pièce n* «59.) n rmu qui sont nécessaires à rhacune ploce. et
que je puisse estre de vostrc avis lorsque vous dites qu'il en couslera moins au roy en donnant 10 sols par jour à chaque homme, et 6 sols à chaque femme, et les faisant travailler à compte de l'entrepreneur, que si vous faisiez ce que je vous ay toujours écrit, qui est de donner une grande portion de terre, la plus facile, aux corvées, et les diviser par paroisses; en sorte qu'une paroisse sçust, par exemple, qu'elle a aoo toises à remuer, et qu'aussytost qu'elle aura achevé ces aoo toises, elle seroit quitte de ce travail; et laissant au surplus la liberté aux entrepreneurs des terres de chercher des ouvrier» pour la portion qui leur resteroit à faire. Je vous répète encore qu'il en cousteroit moins au roy , et que les ouvrages avanceraient bien davantage.
Mais aux lieux où vous estes, il n'y a personne qui ne parle contre cette proposition par différons motifs. Les gouverneurs , les officiers, les bourgeois, tout y est contraire, parce qu'il n'y a personne qui ne soit bien ayse de voir dépenser beaucoup d'argent au roy, et de parler pour le soulagement des paysans. Vous seul devez voir ce qui est le plus avantageux au service du roy; et pensez bien qu'une des plus meschantes introductions quon puisse faire dans ces places est de décharger les paysans du travail par corvées auquel ils sont obligés1.
(Dépôt des fortifications. Mss. 906. 1676. foi. S70.)