A M. DE BRETEUIL
INTENDANT A AMIENS
(Lettre original*.)
Par»,3i janvier 1676.
Pour réponse à la lettre que vous m'avez écrite au sujet des travaux de Doullens , je vous avoue que l'espargne que l'on a faite pour conserver le vieux morceau de maçonnerie du bastion Royal ne me paroisl pas une chose
qui dust avoir esté faite, parce qu'une vieille maçonnerie ne se lie jamais bien avec une nouvelle, et qu'elle quitte certainement avec un peu de temps la liaison quelle a avec la vieille'; mais puisque les gens habiles l'ovoicnt ordonné ainsy, il n'y a qu'à presser l'entrepreneur de restablir promplcrnent le désordre qui est arrivé et ne plus retomber doresenavant en de pareilles fautes.
Comme le sieur Thuillier est à présent sur les lieux et qu'il est habile en maçonnerie, il pourra vous donner ses avis et prendre bien ses mesures pour ne plus retomber en un pareil inconvénient. Surtout, comme cette place est celle où il y a plus de travail à faire pour celle année et qu'elle est la plus importante, je vous prie de redoubler vostre application et vostre diligence pour faire faire incessamment et avec grand soin les amas de matériaux nécessaires pour ouvrir tous les ateliers aussytost que la saison le pourra permettre; et je crois mesme que dès à présent cela se pourroit, n'y ayant point d'apparence qu'il gèle cet hyver. V ous sçavex d'ailleurs qu'il importe de revestir promplcrnent la courtine du costé de la ville, qui tiendra cette place en mauvais estât jusqu'à ce qu'elle soit élevée à la véritable hauteur, ou au moins hors d'escalade; sur quoy je suis bien ayse de vous faire observer qu'il ne faut jamais charger de terre la maçonnerie qu'après avoir esté un an entier à prendre faix et sécher, autrement il est impossible qu'elle puisse résister2.
(Bibl. du Corps lécUUlif. Mm. B* i3 Dr/rt-ta de lu «mr à M. dt Bttttml, 1 676 , p;èce n* 3 1 .)