‹ Lettres, instructions et mémoires de Colbert (volume 2)Chapitre 119 sur 470 · A M. DE BRETEtIL · texte numérisé non relu

A M. DE BRETEtIL

1NTKNDANT A AMIENS.

(Leilr* originale.)

Sceaux, a& avril 1676.

Je suis bien aysc d'apprendre, par vostre lettre du u 1 de ce mois, que le Roy est content de Testât auquel sont les travaux des places dont vous prenez soin; mais il faut faire en sorte qu'en cas que Sa Majesté retourne par ces places, elle en soit encore plus satisfaite. Je vous recommande surtout celle de Doullens, parce qu'assurément Sa Majesté y passera pendant cette campagne, m'ayant dit souvent que c'estoit la seule place de son royaume de ce costé-là qu'elle n'avoil point vue; et comme elle est d'ailleurs très-importante, je vous prie de redoubler vos soins et vostre application pour en avancer les travaux.

A l'égard de Gruge, il est certain qu'il cust esté avantageux de diviser les travaux des places et qu'un seul entrepreneur n'en eust pas plusieurs1; mais comme le travail des écluses de La Fère est très-important, et qu'il n'y a que luy seul en toute la Picardie qui puisse le faire , il est absolument nécessaire que vous fassiez en sorte qu'il puisse satisfaire à l'une et h l'autre, et que vous luy donniez le temps de faire faire en sa présence les fondations de ces écluses et d'y aller de temps en temps pour en conduire le travail, d'autant que sans cela nous courrions risque de le voir recommencer.

A l'égard des Rissolons5, cela ne méritoit pas un aussy long article que coluy que vous me faites dans vos lettres. Lorsque vous adjugez de nouveaux ouvrages daus les places, j'observeray toujours de vous envoyer autant d'entrepreneurs que je pourray; mais cela ne consiste en autre chose, sinon de vous assurer que ce sont de bons ouvriers3 et à vous servir d'eux pour mettre tous les ouvrages que vous donnerez à prix raisonnable. Et

1 Colberl craignait beaucoup, en effet, tic n'avoir affaire qu'à un seul entrepreneur; il avait cependant déjà «Me force' d'écrire le ao juillet i675 à M. de Breteuil, pour les ecJuaes «le Doullens :

r Puisque vous n'aves aucun entrepreneur qui les puisse faire que Gruge, il faut bien de nécessité accepter la proposition qu'il fait; mais il faut que vous fassiez en sorte que les années prochaines nous puissions avoir quelque charpentier de la province qui soit capable de les

faire, ne pouvant jamais cslrc avantageux au roy d'avoir à passer par les mains d'un seul homme. Cepemlant , pourcelle année , terminez promptement la proposition qu'il vous fait, et donnes-luy toute* les assistances qui pourront dépendre de >ons...i {Dép. à M. dt BreUuil, 167a, pièce n' 175.)

' Voir page 110, note.

4 » Lorsque je vous enverra* des ouvriers, lui disait-il un autre jour, ils seront bons et seurs, les connoissant par lopremc que j'en

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pour le surplus vous devez toujours suivre, uutont qu'il se pourra, les formes ordinaires des adjudications.

(Bibl. du Corp* légi-dalif. Mm. B* i3. Ih-pt'cha d, la cmtr à M. <U Brtteuii, 1676. pièeen* 1 ^. —DépOl dw fortification», Mm. 906. 1676, fol. ni .)

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