A M. DE BUETEUIL
INTENDANT A AMIENS
(Lettre origioale )
Versailles, 1 7 juillet 1676.
J'ay esté bien ayse d'apprendre par vostre lettre du 6 de ce mois la raison qui vous a obligé d'élever la courtine entre les deux bastions Royal et de Beauregard, de Doullens, par reprises, au lieu de la conduire tout de suite', comme il auroit esté assurément meilleur: mais il n'y a point de réplique à ce que vous dites.
1 François- Aunibal d'Estrées, pair el nnréchal de Franco, avait épousé eu troisième» noces, en i663, Galiriellc de Longueval, fille d'Achille de Longueval . seigneur de Manicamp, morte le J i février 1687.
1 Achille de Longue val, comte de Manicamp, capitaine an régiment de Picardie, maréchal do camp on 1 (536 , lieutenant du régiment de la reine et gouverneur de La Fèiy.
1 Voir pièce n* t o3. — I.e 90 juillet suivant , Colhert recommandait de nouveau à l'intendant de rendre l'eau an moulin de M. de Manicamp et de faire en sorte que le Hny ne fui point obligé de lui donner de dédommagement. (/Vpil df/ortif. 1 f»-f> fol. i37.ï
* Voici les observa lions que Cotberl lui avait adressées àce sujet, quelque? jours auparavant :
f 11 n'y a rien de plus nécessaire et de plus important pour ces sortes d'ouvrage* que de les conduire d'un mesme niveau, c'est-à-dire les fonder ensemble dans toute leur eslendue et les élever de mesme, parce que, en les baslissanl de celte sorte, toute la maçonnerie prend un mesme faix, au lieu qu'en les baslissanl à diverses reprises et en divers temps, quand la parlie qui a esté la première hastie a pris faix, on l'atlaclie à une autre pirtie qui ne l'a pan pris, ce qui ne se peut jamais accorder..." ( tlép. «i M. Hc Brttruit, iC>7r., pièce n* a3 1 .) — Voir pièce n' 1 5 1 .
KOKTIFICATIO.NS. 173
Il ne faul pas hésiter à abattre la porte de Beauquesnc , puisque le sieur de Vauban a estimé nécessaire de la démolir, et l'a remise ù Tannée prochaine.
Au surplus, je dois vous dire que le Roy est revenu très-satisfait des places dont vous prenez le soin et que Sa Majesté a vues; mais comme la principale et la plus importante est celle de Doullcns, continuez toujours avec la mesme application et diligence à en avancer les travaux , et faites en sorte que tout ce qui a esté ordonné cette année soit promptement achevé.
Le Roy, à son retour, m'a recommandé particulièrement de vous réitérer les ordres que je vous ay donnés dès Tannée dernière de faire les marchés des entrelènemens des ouvrages de charpenterie, maçonnerie et gazon de toutes les places dont vous prenez soin. Et en cas qu'il y en ayt encore quelques-uns à faire, ne manquez pas de les faire sans aucun retardement et de me les envoyer avec ceux que vous avez cy-devanl faits, afin que je puisse rendre un compte fort exact de tout à Sa Majesté.
Le Roy veut aussy qu'à mesure que tous les remparts de toutes ses places seront formés, Ton y plante des ormes de Flandre de la plus belle espèce ; et vous devez observer qu'il faudra faire une tranchée de la meilleure terre que vous aurez dans les alignemens où vous planterez ces arbres. Je ne tous dis pas à quelle distance du parapet et du talus intérieur de la place, parce que vous le pourrez facilement connoistre par l'exemple de toutes celles où il y a de pareils plants1.
(Bibi. du Corps Mnùlalir, Mm. B* i3. Dépdthe» d» I* nmr à M. à» Ortfml, 1676, pièce n* aS">.)
lf>1. - AU MÊME.
(I^Ui^oriffin.le.)
Wrsaillcs, 7 aoi.il 1676.
J'ay rendu compte au Roy de la lettre par laquelle vous me donnez part de Testât auquel vous avez trouvé les trois places de Montreuil, Roulogne et Montbulin, dont Sa Majesté a esté fort satisfaite. Il auroit esté à désirer que les autres affaires que vous avez vous eussent pu permettre d'aller à Calais pour en voir et visiter les travaux, et particulièrement la contre-
1 Les recommandation» contenues dans ces Gestion* de Ham. (Dépôt de* fortif. 1676, dent derniers alinéa sont ropplws dans nno fol. 187.) îoUre du ntfm* jour à lii.lendanl de* forti-
Mh FORTIFICATIONS.
garde du bastion de la mer: et il sera assurément très-utile que vous preniez vostre temps pour y foire un voyage.
Vous devez observer qua la fin de ce mois les fonds de tous les ouvrages finissent ; mais vous devez pousser les entrepreneurs en sorte qu'ils travaillent encore le mois prochain , vu que, quand il leur sera deu quelque chose et qu'ils devront à leurs ouvriers, ce ne sera pas un grand mal, et on taschera de les payer dans les mois suivons.
A l'égard de la brèche qui s'estoit faite au bastion de Doullens, et qui a esté refaite par Gruge , it est très-certain que par son marché il la devoit refaire à ses dépens. Informez-vous cependant à combien peut avoir monté cette dépense et envoyez-m'en un mémoire, ne doutant pas que Sa Majesté ne luy accorde quelque chose, parce qu'il est un bon ouvrier1. Surtout, ce qui est arrivé en cette occasion vous doit bien faire connoistre qu'il ne faut pas trop charger la nouvelle maçonnerie, et qu'il luy faut laisser prendre son faix et la laisser sécher.
( Bibl. du Corp» législatif. Mm. D' i3. Dépêche* de h tour À M. de Breteml. 1676, pièce n* 975. — Dépôt des fortification», Mu. aoo. 1676, foL i57 )