A M. CH ANTEREAU
INTENDANT DES FORTIFICATIONS
Paria, 18 juin 1676.
Je vous ay desjà tesmoigné par mes lettres que j'eslois surpris que vous eussiez mis le procès-verbal des maisons qui ont esté démolies pour les fortifications de Guise entre les mains d'un habitant de celte ville, pour me le remettre ; mais je le suis encore davantage que vous ayez remis ecluy du moulin de Bautor, près La Fère, entre les mains de madame la
1 Voir pic«> 11' .(n , 3' panoplie et no*. — » Voir pièce n* 1 4 1
mareschale d'Estrées1, vu que je m'estois expliqué que vous ne deviez pas en donner sans mon ordre exprès. Et je ne puis pas comprendre que ce moulin, qui est à une grande demy-lieue au-dessous de La Fère, n'ayt pas l'eau nécessaire pour son moulage. Je comprends bien que si La Fère estoit assiégée, et qu'il fallust retenir les eaux , assurément le moulin n'en auroit pas pour moudre; mais cet accident n'arrivera peut estre jamais. Ainsy je ne sçais pas sur quoy vous avez fait ce procès-verbal, si ce n'est pour faire plaisir à M. de Manicamp2, et pour donner prétexte à madame la mareschale d'Estrées de demander un dédommagement.
Depuis vous avoir écrit, j'ay lu la requestc de M. de Manicamp, l'avis du sieur Bichcr et le vostre, et je vous répèle encore qu'il faut que la rivière ayt son cours ordinaire, et qu'il ne peut pas y avoir aucun cmpescbcmenl de porter ce mesme cours audit moulin de Bautor, bien qu'il ayt esté détourné pour passer dans l'avanl-fossé de la demy-lune de la porte Saint-Firmin3.
(Dejiotdes fortifications. Mm. qo5, 167O.ro!. 1*9.)