‹ Lettres, instructions et mémoires de Colbert (volume 2)Chapitre 131 sur 470 · A M. D'ASPREMONT · texte numérisé non relu

A M. D'ASPREMONT

IXGÉ.MELR.

Pan «, 10 mars 1677.

J'ny reçu vostre lettre du 9 de ce mois, les trois projets pour l'agrandissement de Toulon que vous m'avez envoyés, ensemble les mémoires pour leur explication; mais comme vous ne vous expliquez point de vostre sentiment dans ces mémoires, il sera difficile que le Roy puisse prendre résolution sur un ouvrage de cette qualité avant que vous soyez venu auprès de Sa Majesté.

Je vous avoue qu'en lisant vos mémoires il m'a semblé que les fondations d'une aussy grande enceinte de murailles que celle de cet agrandissement estoient une entreprise difficile , puisque vous croyez qu'il faut fouder •jo pieds de profond, sçavoir : 8 pieds d'eau et 13 de bouc. Cecy me pa-

I Gouverneur de La Fère.

* On a déjà vu , tome III , pages 10,11 et «5, quelle simplicité Colbcrt recommandait a Seigneby dans ses voyage».

II est curieux de rapprocher cette lettre de celle écrite â peu près à la même époque (an février 1677) P*1" Lomo'* a l'intendant d'Amiens :

« Le Roy m'ayant donné l'ordre de me rendre en Flandre, je partiray jeudy, 9 5 de ce mois, à midy, de Pan>, pour arriver le lendemain matin à Amiens.

v Je vous supplie de m'envoyer jeudy au soir, a deux lieues de Breteuil , du costé d'Amiens , les six chevaux du commissaire Becel pour m'y mener le vendredy.

' Commandant a Doullm»

« J'arriveray sur les 10 heures du matin à Amiens , où après avoir bu un coup avec tous , je fais estât d'aller dans vostre carrosse coucher

«Je vous supplie d'en avertir M. de Morcognel * et de luy mander d'envoyer une trentaine de dragons à moitié chemin d'Amiens audit Doullens pour m'escorter, avec ses chevaux de carrosse pour me mener, ai vous juges qu'ils soyent nécessaires.

«Je me serviray pour m'escorter d'Amiens jusqu'à la rencontre dessusdits (rente dragons, de la mareschanssée que je vous prie de faire tenir preste...'" ( De)». A M. Je Breteuil, pièce

roist fort difficile, soit que vous fassiez cette fondation par le moyen des caisses , soit que vous la fassiez à pierre perdue, ce qui ne me semblerait , à beaucoup près, ni si bon, ni si seur. Mais comme vous ne me faites point sçavoir de quelle sorte est fondée l'ancienne enceinte de la ville, il me semble qu'y ayant beaucoup d'apparence que tout le terrain qui n'est pas baigné des eaux de mer ne peut avoir ni eau ni bouc, par conséquent les fondations ne seront pas a beaucoup près si profondes; il me semble que cette raison est assez forte pour obliger de prendre le premier des trois projets que vous avez faits, parce qu'il s'eslend plus du costé de la terre, pourvu qu'il n'y ayt point de commandement si proche qu'il contraigne de prendre l'un des deux autres projets. C'est ce que je vous prie de bien examiner avant que vous partiez de Toulon.

En revenant, vous pourrez passer par Grenoble, visiter tous les ouvrages qui sont sur voslre chemin , et vous en aller à Auxonnc pour donner tous les ordres et alignemens qui sont nécessaires. J'auray soin do vous faire sçavoir en ce lieu les intentions de Sa Majesté sur ce qui vous regarde.

(Dépôt ^fortification., 11m. »o5, 1677. M. 8a )

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