‹ Lettres, instructions et mémoires de Colbert (volume 2)Chapitre 162 sur 470 · AUX GOUVERNEURS ET COMMANDANTS · texte numérisé non relu

AUX GOUVERNEURS ET COMMANDANTS

DBS PLACES PORTES.

Saint-Germain, à juillet 1678.

Le Roy ayant reçu beaucoup de plaintes du peu d'ordre qui s'est tenu jusqu'à présent dans les places du dedans du royaume pour la conservation des palissades, fraises, glacis, gazons, corps de garde et casernes, Sa Majesté voulant establir le mesme ordre qui est depuis longtemps dans toutes les places de Flandre, elle m'a ordonné de vous écrire qu'elle veut que vous chargiez les majors de tout ce qui regarde la conservation desdites palissades, fraises, glacis, gazons, coq>s de garde et casernes, et que vous teniez la main à ce que, suivant le deu de leurs charges, ils cmpeschent le passage des charrois sur les glacis , que les bestiaux ne viennent y paistre et qu'aucun bourgeois ni soldat n'arrache les palissades et les fraises, et qu'ils ayent soin de maintenir en bon estât les corps de garde et casernes.

Comme ce que Sa Majesté a ordonné jusqu'à présent sur ce sujet n'a pas esté exécuté avec toute l'exactitude nécessaire1, elle m'ordonne de vous dire qu'elle enverra, tous les six mois, un intendant avec des ingénieurs pour en faire la visite et envoyer un mémoire de Testât auquel ils trouveront la place de..., sur lequel, en cas qu'il paroisse qu'il soit arrivé quelque désordre, Sa Majesté fera retenir les appointemens des officiers, à proportion de ce qui se trouvera à restablir.

C'est ce que j'ay ordre de Sa Majesté de vous faire sçavoir.

(Dépôt des fortification», Mm. so5, 1678, fol. i«a )

1 La première ordonnance royale sur la conservation des fortifications était du 10 septembre 1668. Elle défendait *de faire labourer dans les dehors, contrescarpes et fo*aé* des places, ni plus près des chemins couverts que de i5 toises, et d'envoyer ou permettre d'envoyer des bestiaux paistre dans lendit* endroits, à peine de confiscation. »

L'ordonnance du 1 G juillet 1670 renouvela ces défenses en y ajoutant celles de marcher sur les fortifications, de planter aucun jardin dans les bastion* , de liAtir aucune maison dan>

les faubourgs des places , sans en avoir la permission. — On couperait deux fois par an l'herbe des fossés , <• et ce , par moyen d'échelles , où la main ne pourrait atteindre, sans que ceux qui y seront employés puissent marcher sur les gazons, ni faire bolleler ladite herbe sur le lieu au fur et à mesure, mais bien l'enlever toute à la fois."

Enfin, une dernière ordonnance permit aux soldats , non-seulement de se siisir des bestiaux trouves dans les fortifications , mais de les tuer, sans être obligés a restitution.

Page 1