SEIGNELAY A M. DE VA LU AN
COMMISSAIRE GÉNÉRAI, DES FORTIFICATIONS
Suint -(jormaiii , 1 1 juillet 1678.
Je fais réponse à la lettre que vous avez écrite ù mon père le U juillet, et je vous pricray présentement de m'adresscr à l'avenir toutes les lettres qui regarderont les fortifications et les ouvrages de Dunkerquc
J'ay esté bien ayse de voir la continuité du succès du travail qui se fait pour l'ouverture du banc; il est très-certain que, puisqu'il a si bien réussy, quoyquc les bords du canal ne fussent pas encore en estai de pouvoir résister à la force de l'eau, on en doit espérer tout: quand l'eau des écluses n'agira plus que sur le fond, elle n'emportera plus le sable des bords.
J'écris au sieur Hubert2 de faire travailler avec toute la diligence possible aux ouvrages desquels vous avez laissé les devis à Dunkerquc; et à l'égard de la dépense, je donne ordre au trésorier de la marine pour remettre, pendant le présent mois et le prochain, les fonds pour la continuation de ces travaux à raison de 600 écus par jour, ainsy que vous les avez demandés; mais vous me ferez grand plaisir dem'envoyer, le plus tost qu'il vous sera possible, une estimation aussy exacte que vous le pourrez de tous les ouvrages que vous avez proposés; non pas que je me persuade que cette estimation puisse estre aussy juste que vous la feriez pour des travaux dans lesquels on n'auroit point à combattre le vent et les marées, mais au moins cela déterminera Sa Majesté à faire le fonds que vous demanderez, sauf à l'augmenter ensuite, s'il est nécessaire, Sa Majesté ayant résolu de ne rien espargner pour le succès de ce grand ouvrage.
J'ay grande impatience de pouvoir aller à Dunkerquc, et je ne manqueray pas de vous le faire sçavoir auparavant afin que vous vous y puissiez trouver alors que j'y scray. Mais je ne puis encore vous marquer précisément le temps où je feray ce vovage.
(Mootde* fortification*. Mm. sof., 1678, fol. 190.)
1 Au mois d'août, Seignelay étant retourné aux catu de Bourbon, Cnlhcrl annonça à Vauhan que, pendant l'alwenre de son lil.s. il répondrait n ses leltre». *ipi'il avoit grand plaisir à lin-. jMr In netteté de se* c\prvv.ion*
et encore plus par les grands effets que Pou «oyoil de ses pensées. •> ( ZV/wît de» fortif. 1 67S , fol. a3.'i. ) — Voir le dernier paragraphe «le la pièce n" ao(j.
' Commiss ure de marine à Oiinkcruue.
KOHTIFICATIONS.
Saint-Germain, 3 septembre 1678.
Je viens de recevoir voslre lettre du dernier du mois passé et je vous fais réponse sur-le-champ.
Je vous diray, sur le sujet des marchés que vous avez faits et dont mon tils vous a écrit, que ceux à qui vous les avez faits seront maintenus sans aucune difficulté. Il est mesme très-important que, dans toutes les occasions où vous trouverez que les entrepreneurs ne seront pas capables ou assez inleliigens pour les ouvrages auxquels vous les destinerez, vous ne fassiez aucune difficulté de les changer. Il est toujours bon que vous le fassiez de concert, autant qu'il se pourra, avec ceux qui en doivent avoir l'inspection; mais toutes les fois que vous y trouverez de la difficulté et que le service s'en pourra mieux faire, vous pouvez passer par-dessus celte raison sans hésiter.
J'ay esté bien ayse de vous écrire ces lignes sur-le-champ , en réponse à voslre lettre, afin qu'il ne vous reste aucun scrupule dans l'esprit.
1 Mpdt d« fiM iitieations , Mu. ao5, 1O78, fol. aio.)