Al SIEUR DE MOYENNEVILLE
INTE.NDANT DES FORTIFICATIONS.
Saint-Germain, a3 octobre 1679.
Je suis bien ayse de vous avertir que le Roy reproche toujours à mon lils et à moy que les ouvrages de Calais retardent extrêmement, et cette plainte s'est renouvelée en luy lisant vostre dernier mémoire par lequel vous dites que les Suisses ne vous fournissent plus que quinze hommes par compagnie2, Sa Majesté m'ayant dit clle-mesme que celte difficulté des Suisses provenoil du peu de conduite qu'il y a dans les travaux, d'autant
1 LVxpérience ayant suggéré à Colbert un * Vingt jours auparavant, Colbcrt avait
moyen préférable, il écrivit à M. de Vauvré, le écrit au marquis de Louvois :
18 do même mois : «Les ingénieurs de Calais m écrivent que
«Je déaire «pic vous vous informiez exacte- celuj qui commande les Suisses qui sont en
t, lorsque vous serex arrivé à Boulogne, garnison dans ladite place prétend que le du prix ordinaire des voiture*, c e»l-à-dire de nombre des malades ne luy permet pas de fourra que Ton donne au* charretiers du pays pour nir plus de 3oo soldats pour les travaux, conduire une certaine quantité de pierres du Comme il n'y a guère d'apparence qu'il no lieu où elles sont prises jusqu'à ecluy où elles reste de i,5oo hommes que iioo soldats eu nt embarquées, mon intention estant de est* t de travailler, il vous plaira donner vos or-
régler le prix du transport desdils matériaux dres pour obliger ledit commandant à fournir à raison de tant le pied ou la toise cube , afin un plus grand nombre de soldats pour avancer
qu'il dépende des gens du sieur Rerthclol de diligemment les travaux pendant le reste de la faire plus ou moins de voilures, selon qu'ils saison.» (Dépôt de* Jorlif. 1679, fol. ai 5.)
Peatimeront a propo«. . . 1 — Voir pière n* a 1 8 et note.
•2i(i FORTIFICATIONS.
<|u'il falloil travailler en diligence pendant l'esté dernier à toux <|iii sont dans l'eau, et remettre dans cette arrière-saison ceux rj ni sont élevés audessus de l'eau; au contraire, il se trouve que les travaux auxquels on veut employer les Suisses sont à présent tous dans l'eau, en sorte que cela est capable de leur donner beaucoup de maladies. C'est à vous à prendre garde de quelle manière ces travaux se conduisent, parce que vous en estes chargé envers le Roy et envers nous. Je vous avoue aussy que j'ay beaucoup de peine do voir que la placo la plus importante du département de mon fils, qui est celle de Calais, cause aussy souvent qu'elle fait des reproches du Roy, soit de ce qu'ils sont mal conduits, soit de ce qu'ils sont extrêmement retardés.
Je vous diray de plus que l'une des causes pour lesquelles ces Suisses font difficulté de vous donner le nombre d'hommes que vous leur demandez est qu'ils souhaiteroient que vous leur donnassiez le travail à la tasche et par compagnie, ce qui produirait assurément une très-grande diligence. Je ne sçais pas quelle raison vous pouvez avoir de ne pas leur donner à travailler de cette sorte, et, si cela est possible, ne manquez pas de le faire, parce que assurément le travail en ira beaucoup plus vite.
Faites-nioy sçavoir Testai auquel est ce travail, et profilez de tout ce que je vous dis pour vous y appliquer et le conduire avec le plus de diligence.
Je vous envoyé une copie de la lettre que M. de Louvois écrit au commandant des Suisses.
( Dépôt ut* fortification» . Mm. 90& , ,679 , fol. »37 »