A M. DE BONZI
AMBASSADEUR A VENISE
De. . . i5 juin i663.
J'ay fait voir au Roy les observations qu'il vous a plu de faire touchant le revenu de la république de Venise et l'administration des finances de cet Estât, que Sa Majesté a trouvées très-curieuses et recherchées avec beaucoup de soin et d'exactitude.
Je luy ay pareillement rendu compte de tous les tableaux de Paul Véronèse et du Titien que l'on pourroit acheter1. Mais comme le prix en est fort grand et que nous sommes à présent accablés d'une infinité de dépenses pressantes auxquelles il faut nécessairement pourvoir sur-le-champ, si vous pouviez couler le temps pendant cinq ou six mois, en entretenant les particuliers dans l'espérance que l'on s'en accommodera, je vous ferois remettre alors l'argent nécessaire pour les acheter.
(Arch. de la Mar. Hecued de dk*r*$ lettru, fol. 68. — Depping, Cmretpondance ndmmittratiKMuLouuXlV.lV, bit.)
1 Le a 5 du mois précédent. Colbcrt avait déjà écrit ù cet ambassadeur :
«Je n'ay pas manqué de dire nu Roy ce que von» air.* pris la peine de m'écrire touchant la
rccbercbc des tableaux dont jo vous ay envoyé le mémoire. Sa Majesté a esté fort ayse d'apprendre que vous y employeriet tons vos soins et toute vnstre industrie, m'aynnl commandé
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