A BOEKIERUS
PROFESSEUR D'HISTOIRE A STRASBOUHG '.
Paris, ]o juin i663.
La réputation que vostre mérite vous a acquise pour la lien u té de vostre sçavoir et surtout pour la connoissance de l'histoire , ayant passé jusqu'au Roy, Sa Majesté, qui ne fait rien plus volontiers que d'honorer de ses faveurs la vertu en ceux où elle se rencontre, pour vous donner une marque de l'estime qu'elle fait de la vostre, m'a commandé de vous envoyer la lettre de change2 qui accompagne ce mot, et de vous assurer de sa royale protection aux occurrences où elle vous sera nécessaire. Je m'acquitte du commandement qu'il luy a plu de m'en faire; j'en souhaite de semblables à l'avenir, par où vous puissiez connoistre la volonté que j'ay d'estre toujours, Monsieur, vostre très-humble et très-affectionné serviteur3.
( Areh. delà Mar. Recualde dit*», lettre,, fol. 67.)
de vous faire sçavoir qu'à mesure que vous sériel convenu du prix , elle vous feroit remettre l'argent pour y satisfaire ponctuellement.» (Rrc. de div. lettre,, fol. 3a.) - Voir pièce n" tft.
' Jean-Henri Boeder, né à Cronheim ( Franconie); professeur d'éloquence à Strasbourg de 1 63 1 à t63a. En i648, il fut appelé a Upsal, par la renie Christine, qui le nomma son historiographe. Sa santé le força de revenir à Straslmurg, où il occupa une chaire d'histoire. Conseiller de l'électeur de Mayence en 1 660 , et de l'empereur Ferdinand 11 I en 1 663. Mort eo 1699, à l'âge de quatre-vingt-deux ans.
* La gratification accordée à Boeder était de
s Cette lettre et tes six suivantes ont été publiées dans la Revu» rétrospective , aM série, I, p. 8a et suivantes. — Toutes les pièces de ce genre étaient préparées par Chapelain. On en a la preuve par la lettre qu'il à Colbert, le a3 décembre i663:
* Monseigneur, après vous avoir rend très-humbles grâces de la nouvelle gratification que je dois au Roy par vos généreux offices, je vous diray que, sur Tordre qac M. Perrault m'a apporté de vostre part de dresser les lettres qu'il vous plnist do joindre aux lettres de
change pour les savans estrangers gratifiés, je les ay aussylost minutées et me donne l'honneur de vous les envoyer pour ealre repassées et corrigées, en sorte qu'elle ne soyent pas indignes de vous.
* J'ay eu soin de tes concevoir en termes qui leur fussent convenables â chacun en particulier, soit pour les louer de ce qu'ils avoient fait, soit pour les exciter à avancer ce qu'ils se sont engages de faire. Vous en jugerez avec celle solide raison qui est la règle de toutes les autres , et vous me commanderez toujours absolument en tout comme à celuy qui vous est dévoué et qui sera toujours sans réserve. ..^ (Cabinet de M. Sainte-Beuve, Ms. Corretpfmdanre de Chapelain.) — Voir è Y Appendice ,
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parmi !<?n Hur*> n<ire^s»'os par L.M.tpri.iin «i Colbert, le a* paragraphe de cette du 6 janvier 1667 cl c*"e du nwrs >668.
On voit aussi, par l'extrait suivant de l'Histoire de l'Académie française par d'Olivet , que les soins de Chapelain ne se bornèrent pas à la préparation des lettres adressées aux savants. C'était lui qui les désignait au dioix de Colbert :
« En 1 669 , le Boi voulant faire des gratifications è tout ce qu'il y avoit de savants célèbres tant en France que dans toutes les autres parlies de l'Rurope , ce fut surtout à M. Chapelain que s'adressa M. Colbert, pour avoir la liste de