A GEVAERTJUS
HISTORIOGRAPHE A ANVERS '
Paris, ao juin if»63.
Vostre nom n'est pas connu seulement par les sa vans qui sont en France, et ce n'est pas leur seule approbation qui doit estre la récompense de vos veilles. Le Hoy, qui a esté informé de vostre suffisance et de la beauté de vos ouvrages, a souhaité vous donner des marques particulières de son estime. Pour cet effet , il m'a commandé de vous faire tenir la lettre de change2 qui accompagne celle-cy, et de vous assurer de sa bienveillance et de sa protection.
Je ne pouvois pas recevoir un ordre de Sa Majesté auquel j'eusse plus de joyc d'obéir, et je seray toujours heureux d'avoir de semblables occasions de vous tesraoigncr que je suis3. . .
(Arcli. delà Mar. Reçue,! de diverses lettre, fol. 76.)
ces savants, et pour conooitre le plus on le moins qu'ils avoient de mérite, afin que les bienfaits du Roi fussent , non-seulement placés , mais mesures. Il y eut 60 gratifié» ; ainsi le» appeloit-on ; et de ces 60 , il y en avoil 1 5 étrangers et 4;> François, dont plus de 90 étoient alors de l'Académie, ou eu ont été depuis.- ( Histoire rie l'Aemlémte fronçai* , édition Livet , II, i3'i.)
1 Jean-Gaspard Gcvaert, né a Anvers en 1 .">o3 , vint à Paris en 1 6 1 7 pour y étudier les lielles-lettres. Rentré dans les Pays-Bas en 1 6a 1 , il devint secrétaire de sa ville natale. H fui créé conseiller et historiographe de Ferdinand III en i644. Mort le a3 mars 1666.
1 Elle était de t,aoo livres.
3 Voici la lettre que, huit jours après, Chapelain écrivait à Gevaert :
» Ayant dés ma jeunesse admiré vostre érudition, et profité de ce que vous pubUastes lorsque vous estiei en France , chéry de tous nos sa v Ans et surtout de M. le président de Mesmes , il m'a esté fort doux de pouvoir indiquer vostre grand mérite dans les lettres à M. Colbert, intendant général des finances, quand il eut dé-
couvert dans l'esprit du Roy le beau désir de tesmoigner aux personnes qui vous ressemblent le cas qu'il en faisoit, et qu'il l'eut fortifié par son suffrage, jusqu'à en solliciter l'ordre, afin de l'accomplir sans retardement.
« La lettre qu'il vous a écrite par le commandement de Sa Majesté, et celle de change dont il l'a accompagnée vous devront plaire comme un effet de vostre réputation, qui se verra couronnée par cette marque d'honneur, d'autant plus considérable que la part dont elle vous vient est plus digne de vénération. Ce que j'ay pu reconnoistre des intentions de Sa Majesté est de ne prétendre pas vous faire ce présent comme un bien dont une personne aussy accommodée que vous eust besoin , mais comme une preuve de l'estime qu'eHe fait de vostre science.
«Je ne doute point que vous ne la ressentiez autant qu'elle en est digne, et que voua ne fassiez sçavoir à M. Colbert, par vostre réponse, combien vous luy estes obligé d'an office si générera et si volontaire. (Bibl. de l'Arsenal, Imp. n" 1 8968. Lettres de la reine de* Suède et autres personnel, page 44.)