VU CAVALIER BERNIN, A ROMK
De... more 16M.
Les rares productions de vostre esprit, qui vous font admirer du monde entier, et desquelles le Roy, mon maistre, a une parfaite connoissanec , ne sçauroient luy permettre de terminer son superbe et magnifique palais du Louvre sans en avoir rais les dessins 1 sous les yeux d'un homme aussy excellent que vous Testes, afin d'en avoir vostre avis.
C'est ce qui l'a porté à me commander de vous écrire ces lignes, pour vous prier instamment, de sa part, de donner quelques heures de celles que vous employez avec tant de gloire à embellir la première ville du monde, à voir les plans qui vous seront présentés par M. l'abbé Elpidio Benedctti. Sa Majesté espère que non-seulement vous luy ferez connoislre vos sentimens sur ces plans, mais encore que vous voudrez bien mettre sur le papier quelques-unes de ces admirables pensées qui vous sont si familières, et desquelles vous avez donné tant de preuves.
Comme Sa Majesté désire que vous accordiez une entière créance à tout ce que ledit abbé vous dira de sa part à ce sujet, trouvez bon, s'il vous plaist, que je m'en remette, pour le surplus, à ce qu'il vous expliquera de vive voix.
( ll,*t«ire dtt pin* crUbr** nmateur* frem^i* , par Dumc-nil . Il , <)( . )
\ inceiiitc*, \\ octobre iGfih.
Je n'avois pas cru devoir vous écrire relativement au superbe dessiu du Louvre que vous m'avez envoyé, avant que le Roy ne l'eust curieusement examiné et m'en cust exprimé son sentiment. Et comme, depuis peu, Sa Majesté m'a fait sçavoir que la beauté de vostre imagination répond parfaitement à cette grande et universelle réputation que vous avez acquise,
1 Dan» une lettre du h décembre if»6'i, L<* de bonnes cbo*es dont on pour mil servir et Vau rappelait à Colbert qu'il travaillai I, d'à- d'autres que l'on devoit abandonner. Ce* rri-
près ses ordres, au dessin de la grande galerie tiques n'étoient point pour nuire a son frère,
du Louvre. Il ajoutait «qu'ayant examiné le qu'il respertoit; mais le service du rai et la
modèle du Louvre que son frère lui avoit corn- gloire de Colberl exigeoient do lui cette fran-
mnniqué«/e...r an, auparavant, il y avoil trouvé rhise.- < Mélange fefcWf . vol. mb\ fol. ,45.)
je croirois faire tort au jugement d'un si grand prince, ainsy qu'à vousmesme, si je ne vous en donnois pas connoissance.
Ce motif m'a déterminé à vous adresser la présente, comme aussy pour vous dire qu'ayant fait voir vostre dessin à Son Kminencc le cardinal Chigi'. pendant sa légation , en mesrae temps que les observations que j'ay faites sur ce plan, de l'ordre du Roy, Son Eminence a bien voulu se charger de vous en parler à son retour à Rome, et mesme de vous engager à exécuter un nouveau travail sur une œuvre aussy grande3. Je m'en remettray donc, s'il vous plaist. à la conférence que Son Eminence doit avoir avec vous.
( fitntoàpê dit phtM ccléfat r* timtitrttn Jntu^Btê , par DonMAnil, Il , 97*)