AU DIX DE CHAULNES
AMBASSADEUR A ROME
Paris, 1 5 juillet 1667.
La bonne disposition dans laquelle je vois l'académie de peinture que nous avons establie à Rome, m'oblige a vous supplier, Monsieur, de continuer à luy donner des marques de vostre protection, et mesme de luy faire l'honneur, de temps en temps, de la visiter.
Si madame la Duchesse* avoit pour agréable de l'honorer aussy quelquefois de sa présence, cela donneroit beaucoup d'émulation à nos jeunes estudians et conlribueroit extrêmement à leur acquérir de l'estime.
Je remercie M. le cavalier Rernin du soin qu'il prend de les aller quelquefois corriger, et le prie de continuer d'en prendre la peine. Je vous supplie aussy de l'y engager autant que vous pourrez, les visites dudit cavalier estant de grande utilité à ces jeunes gens et leur donnant beaucoup de courage \
(Btbl. Imp. Imprimé*. Rttwnl Cûtigi, vol. 69, fol. 60 bit.)
' André Félibien, écuyer, sieur des Avaux et de Savercy, conseiller historiographe des bâtiments, peintures, sculptures , arts et manufactures royales. Par brevet du 10 mars 167^, il fut chargé de la garde du magasin des antiques. Mort le 1 9 juin 1 695, à Tige de 7« ans.
1 Le duc de Chanlnes avait épousé, le 1 1 avril i655, Élisabclh rYron, veuve du marquis de Saint-Mégrin.
* Une lettre écrite le 10 mai 1667, par l'abbé Bcnedetti, agent de Colbert à Rome pour toutes les affaires qui regardaient les beaux-arts, nous apprend que le Bernin , cbargi* par le ministre de visiter quelquefois l'académie cl de donner aux é*vcs une bonne direction , s'acquittait avec zèle de ce devoir, «estant attaché à ce service par les obligations qu'il avoit au Roy.«