DANS L'ÎLE DE L'ÉTANG DE VERSAILLES
(Juillet 1668'.]
Il faul 1,900 bois tes, pour on mettre 3oo à chaque coin de l'eslang.
A chaque coin , il faut 1 1 fusées d'honneur et 3 douzaines d'autres fusées.
Dans l'isle, il faut trois girandoles de too douzaines de fusées chacune.
11 faut que chacune girandole soit garnie de 36 douzaines de fusées ondoyantes et. . . 5 chacune, pour remplir les costés des girandoles3.
Il faut que toute l'isle soit environnée d'une balustrade et. . . * de feu élevées de 6 ou 8 pieds.
Il faul qu'au bord de l'islc, du costé de la pompe, il soit une nappe de feu ;
Qu'il sorte des bords de l'islc des ballons qui remplissent l'air de feu à 8 ou 1 o toises. 11 faut pour cela 1 a douzaines de ballons.
Dans l'islc, il faut un échafaud, où l'on pourra mettre quelque figure qui soit assez grande pourestre vue de la pompe.
A droite et à gauche de l'isle, approchant de la pompe, il faut qu'il y ayt deux autres feux aussy grands que ecluy de l'isle.
Faire pour cet effet deux échafauds, dans. . . 5
' Celle pi«Sco est sans dalo. Nous la plaçons relouraoit vers le château , quand , du coté du en juillet 1668, époque à laquelle Louis XIV grand étang. Ton vit tout d'un coup le ciei
«ayant, dit Félibien, accordé la paix aux ina- rempli d'éclairs, et l'air d'un bruit qui lances de ses alliés et anx vœux de toute l'Eu- bloit faire trembler la terre. . . Aussitôt, il sortit
rope, et pour réparer en quelque sorte ce que de la tour de la pompe, qui élève les
la cour avoit perdu dans le carnaval pendant une infinité de grosses fusées, qni remplirent
son absence, résolut de faire une féte dans les tous les environs de feu et de lumière. . . Tout
lins de Versailles*... Pour l'exécution, le haut de la tour sembloit être embrasé , et de
M. Colbert, comme surintendant des bâti- moment en moment elle vomissoil une infinité men«, fil construire et embellir les divers lieux de feux... Enfin, après que de celte tour il
destinés au divertissement royal , et donna les fut sorti à plusieurs fois une si grande quantité
ordres pour l'exécution des feux d'artifice. m (Re- de fusées, que jamais on n'a rien vu du setn-
lalton de la fête du 18 juillet 1668 ; Bibl. Imp. hhhle, toutes ces lumières s'éteignirent." Cabinet des estampes.) Après avoir raconté la ' Mot illisible.
collation , la comédie cl le souper, enfin le feu 9 Colbcrt a écril en marge, sans iloule après
d'arti lice, où les fusées, les boites, les flammes la féte : "Ces fusées ondoyantes n'ont pas sortant du milieu de l'eau, causèrent une réussy.»
tous les spectateurs , Félibien • rt 5 Mol illisible,
ajoute : «Chacun, croyant la féte
* Donx fêtes, à peu près semblables à celle-là , furent donnée* a Veraailk» , l'une eu 166», l'autre on 1 67* . aprè* la conquête de U Franche -Coin té f Voir la m-t- de h pièce n' 1 3 1 .)
27'i SCIENCES, LETTHES. REAUX-AKTS, RÀTIMENTS.
Entre l'islc et le bord de lestang, du costé de la pompe, il faut ou de petits bateaux, ou des euviers, ou des jattes de bois en si grande quantité que toute Peau entre les trois feux soit couverte de feu.
II faut faire fondre de grosses boistes pour faire un bruit égal à celuy de l'artillerie.
Pour commencer le feu, il faudra faire tirer les boistes et les fusées les plus éloignées, et à la fin les boistes les plus proches. Et pour conclusion, il faudra réserver une demy-douzaine de fusées d'honneur à chaque coin, qui soyent disposées de sorte qu'elles puissent se croiser au milieu de l'estang.
(Cabinet de M. Boutron.)