‹ Lettres, instructions et mémoires de Colbert (volume 2)Chapitre 201 sur 470 · AU SIEt'R GODEFROY · texte numérisé non relu

AU SIEt'R GODEFROY

HISTORIOGRAPHE A LILLE »

(Lettre originale.)

Paris, 19 octobre 1668.

J ay esté bien ayse de recevoir la lettre que vous m'avez écrite depuis vostre arrivée à Lille, et de voir les belles et grandes espérances que vous avez de composer un travail fort curieux de tant de titres diiïérens, et qui d'ailleurs vous paroissent considérables, qui se rencontrent dans le Trésor de la Chambre des comptes establie en cette ville-là. Je dois vous convier à suivre cet ouvrage avec la mesme chaleur que vous l'avez commencé et à ne rien oublier pour en tirer les lumières, les éclaircissemens et les avantages que l'on peut en recueillir pour le bien du service du rov.

Comme vous avez sans doute besoin d'un grand nombre d'écrivains pour faire vostre recueil avec plus de facilité et de diligence, j'approuve que vous y en employiez autant que vous l'estimerez à propos, vous priant cependant, à mesure que vous avancerez ce travail et que vous m'informerez du succès de vos soins, de m'envoyer des feuilles succinctes de ce que vous aurez trouvé de plus important et de plus digne de remarque.

(Cabinet de M. I« manpia de Godrfroy-Menilgiaiae. Mm. pièce n' t.)

1 Denis Godolroy (voir H. Fin<tnce$ .

page g3), né à Par», ie aii avril 1 6 1 5. En 16/10, Louis XIII le nomma son historiographe avec 3,6oo livres do traitement. Il fui envoyé à Lille pur rommiwion du 9 décembre 1668.

pour la recherche et la garde des titres et archives de la Chambre des comptes. En 1678, on lui confia l'inventaire des titres du château de Garni (voir pièce n* > k 1 ). Mort le 9 juin

(UUre wiginaUM

Para, 19 novembre i6fi8.

M. Bcrryer, à son retour du voyage qu'il a fait en Flandre, m'a rendu un compte exact de l'application et de la vigilance avec lesquelles vous continuez vostre travail dans les archives de la Chambre des comptes de Lille. Je vous exhorte à continuer ainsy que vous avez commencé, vous priant de me donner avis de tout ce que vous ferez cy-après, et en conséquence de ce que vous jugerez nécessaire pour le service du roy. Nous avons, ledit sieur Berrycr et moy, estimé à propos que vous m'envoyiez les doubles des comptes qu'il a mis à part dans la Chambre du Hainaut, comme aussy de toutes les différentes affaires dont on compte en la Chambre des comptes de Lille , au cas qu'il y en ayt ; les faisant bien emballer, de peur qu'ils ne se gastent, dont cependant vous m'adresserez un inventaire.

Vous m'en enverrez aussy, s'il vous plaist , autant de tous les inventaires que vous avez fait faire en ladite Chambre des comptes, tant en titres, registres, terriers, dénombremens et fiefs que des caisses et armoires des comptes et estats, ensemble de tout ce qui aura esté fait en conséquence du mémoire laissé par M. Berryer1.

(Cabinet do M. le marqn» de Godefroy-Ménilglaisc. Mm. pièce »• v)

(Le(ti« originale.)

Paris, 3o novembre tf>68.

Je dois réponse à quatre de vos lettres des 17, 1 rj, a 3 et ai de ce mois. J'ay reçu tous les inventaires que vous m'avez envoyés des titres et papiers estant en diverses chambres de la Chambre des comptes de Lille, que j'nv trouvés fort exacts. Pour ce qui est du transport des registres et papiers que M. Berrycr vous a fait mettre à part, je verray au premier jour la résolution qu'il y aura à prendre sur ce sujet, dont je vous tiendray averty. Ce pendant continuez vostre travail et vos découvertes, estant bien aysc de voir que vous ayez rassemblé des pièces incontestables pour décider la question de Condé, et justifier que cette ville dépend, comme elle a tou-

1 fin marge de reUe lettre, Godefroy a «if rit : «lleçu<> » Lille le saimxly 17 novembre 1O68. Tait réponse le lendemain 18 novembre.'»

jours dépendu, de la chaslellenic d'Ath, ne doutant pas que MM. les commissaires de Sa Majesté pour le règlement des limites ne reçoivent beaucoup de lumières de vos recherches curieuses

Le Roy vous a accordé une ordonnance de â,ooo livres pour la continuation de vostre travail et pour l'entretien de vos écrivains, laquelle je feray demain signer à Sa Majesté dans son conseil royal des finances.

( Cabinet de M. le marquis de Godefroy-MénilgUise. Mm. pièce n* 3.)

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