‹ Lettres, instructions et mémoires de Colbert (volume 2)Chapitre 221 sur 470 · Al SIEUR PU G ET · texte numérisé non relu

Al SIEUR PU G ET

SCI LPTEUH, A TOILOV

Paris, a6 décembre 1670.

Vous aurez appris depuis peu, par M. Malbarel, ce que vous me de mandez par voslre lettre du no du mois passé, au sujet des marbres qui sont à Toulon et de l'ouvrage que vous proposez de faire pour le Hoy.

où il (l'occupa pendant vingt an? à perfectionner son invention de l'horloge a pendule.

Le t5 février 1675, le Roi accorda à Huygens un privilège, pour avoir inventé «une construction nouvelle d'horloges portatives, dont le mouvement est égal à celuy des pendules et dont le secret consiste en un ressort tourné en spirale, qui règle les tours d'un balancier équilibre , plus grand et plus pesant qu'aux ouvrages ordinaires; lesquelles horloges estant ronslruitesen petit, seront des montres de poche très-justes, et pourront servir, sous une plus grande forme, partout ailleurs et particulièrement à trouver les longitudes tant sur terre que sur mer. . . 1 ( Ire», de VEmp. 0 1 9 , fol. A 7.)

En 1681, Huygons quitta la France pour ne pas (ilundonner sa religion. Mort le 8 juin 1 fiyô. — En citant la lettre du ;> décembre 1 ('170, dans son Dictionnaire critique dr bioip-aphir et d' histoire , M. Jal dit que llnygcns était alors malade en Hollande.

On trouvera ù V Appendice, pièce XXXVI , une note d'Huygens, avec des observations de Colbert, sur diverses expériences de physique.

' Pugel (voir 111, Marine, page »f)4 , note), qui avait fait un premier voyage en Italie, [tour le compte de Fouquet, et qui, après la disgrâce du surintendant, s'était fixé à Toulon, avait de nouveau quitté cette ville, vers if>63, à la suite de quelques contrariétés, et s était fixé ù

(Jones. En 1668, M. d'Infreville, intendant de la marine à Toulon , fut charge de l'attirer en France. Il répondit, le 1" mai, à Collicrl :

«Je feray sçavoirau sieur Pogel les intentions de Sa Majesté et feray mon possible pour le faire revenir icy. Il va longtemps que je n'ay eu commerce avec luy, ce qui l'ait que je ne diray encore rien de la résolution qu'il pourra prendre. Je l'excitcray par toutes sorti» de moyens à venir servir icy Sa Majesté, cl d'y prendre la direction et conduite de tous les sculpteurs.»

Le 10 juillet, d'Infreville annonçait au ministre lo succès de ses démarches :

* J'ay enfin obligé le sieur Puget à venir icy, où il est arrivé depuis deux jours. Il n'a vu qu'aujourd'huy les ateliers du roy, qu'il a parcourus, particulièrement celuy des sculpteurs, où il a vu l<« dessins et modèles sur lesquels on travaille pour la poupe de V Amiral; il en fait l>eaucoup d'estime et admire la diligence que l'on apporte pour finir cet ouvrage. Il est si fort attaché a travailler au marbre qu'il voudrait bien avoir de quoy s'occuper A ces sortes d'ouvrages. Il m'a lesmoigné qu'il auroil peine aujourd'huy à s'assujettir à travailler de sa main aux ornemens des deux navires auxquels on n'a point encore travaillé jusqu'à présent, mais qu'il se portera volontiers à donner ses dessins auxquels il fera travailler par les sculp-

30fi SCIENCES, LETTRES. BEAUX-ARTS, BATIMENTS.

Ainsy je n'ay qu'à vous répéter de faire des dessins de ce que vous aurez envie de faire et nie les envoyer; et après les avoir fait voir à Sa Majesté, je vous feray sçavoir ses intentions à cet égard et donneray les ordres qu'il faudra à M. Matharel pour vous faire délivrer les blocs de marbre, engins et hommes nécessaires pour y travailler.

J'attends les nouveaux dessins de poupes de vaisseaux qu'il me dit que vous avez faits; il faut observer de vous restreindre en cela à ne point incommoder les manœuvres, ni empescher leur assiette par un poids inutile.

( Arch. de la Mar. Dépêche* concernant la marin*, 1670, fol. 655.)

f»0. — A CONRINGIUS,

PROFKSSKUR DF DROIT A HELMSTEDT'

Paris, 90 février 1671.

L'application que vous continuez de donner aux belles-lettres et les

leurs qui sont icy, qu'il visiterait souvent pour les corriger s'ils manquoient aux proportion* qu'il leur ouroit données, et il semble que c'est ce qu'on peut espérer de luy. Car assurément il a acquis une telle réputation par les pièces qu'il a faites et laissées à Gènes, que ces Messieurs seront engagés à luy faire continuer de semblables ouvrages; à quoy il ne s'engagera pas s'il est commandé de Sa Majesté de faire quelque pièce qu'il pourrait envoyer tout achevée aussy bien que le marbra qu'on emporte d'icy pour le Louvre.

«Je le mesnageray le mieux qu'il me sera possible et lireray de luy ce que je pourray pour l'entreprise des poupes et poulainesdu Dauphinroyal et du Monarque. Il m'a proposé , depuis son arrivée, une chose que je ne crois pas ù rejeter, qui serait dn faire cinq ou six modèles de poupes qui serviraient de dessins [tour tous les navires qu'on hnstiroit i Toulon , auxquels , en diminuant quelques figures lanlost a l'un . tanlost A l'antre, et en y posant d'autres , cela y ferait quelque différence et contenterait ceux qui s'entendent i cet art, et servirait d'ornement à tous les vaisseaux qu'on pourrait Kastir, ces sortes d'ouvrages ayant une relation les uns aux autres; et il ne serait pas nécessaire de

navires. Je sçauray profiter de son séjour et tirer de luy tout ce qui nous sera nécessaire de son art...» ( Archives de l'art fronçai», parM.de Monlaiglon, IV, aoo.)

Golbert n'apprécia jamais à sa valeur le talent de PugeL Ainsi, le 1 6 août 1668, l'intendant de Toulon l'ayant prévenu que Puget contribuait beaucoup à l'embellissement d'un canot pour le Roi, le ministre écrivit en de la lettre : « Il ne faut pas que d'Iofreville soit si pressé ; qu'il ordonne a Puget de faire le dessin d'une poupe de vaisseau et me l'etivove, pour ronnoislre ce qu'il scait faire. ( ItiaUwrr de* plu* celèbrei amateur* français , par M. Dumesnil, II, 3 46.)

On lit enlin dans une autre lettre de Golbert, du i»3 janvier 1671, à l'intendant de Marseille :

■•Sur re que vous m'écrive! que le sieur Puget, sculpteur, n'a pu travailler au modèle de la Réale. à cause de l'employ qu'il a à Toulon, je vous diray que je n'ay pas besoin que ledit sieur Puget travaille à aucun dessin. . . r (Voir le 3' S de la pièce n* 67. — Voir aussi III, Marine, pièces n" t68, *o5 et notes.)

1 Hermann Gonring, né â Norden, en Frise, en 1606. Professeur de droit à Heltnstedl (Brunswick). Mort le 1 a décembre 1 6* 1 .

avantages que le public recevra de vos veilles conviant le Roy de vous continuer ses grâces, Sa Majesté m'a ordonné de vous faire tenir la gratification qu'elle a accoustumé de vous donner tous les ans; c'est de quoy je m'acquitte, etc. 1

{ Areh.de la M*r. Dèpêchu emetrnaut U rommerte , 1671, fol. .oa.)

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