CAPITAINE DE VAISSEAU
Tournai , 3 juin 1671.
J'ay esté bien nv se d'apprendre vostre arrivée aux rades de Charente, et que vous ayez fait une heureuse navigation1. J'en attends le journal et les observations que vous avez faites sur la cosle de Guinée, pour en rendre compte au Roy.
Sa Majesté sera bien ayse de voir les animaux rares que vous avez apportés de ce pays-là. Il faut bien prendre garde que celuy à qui vous en confierez la conduite en ayl un grand soin, et particulièrement du jeune crocodile vivant .
Je m'assure que vous vous mettrez bientost en estât de retourner en
toutes occasions. Tcnci ce pendant correspondance exacte avec Cliquin*, afin que s'il lu; manquoil quelque chose, vous puissiez luy faire fournir.
« Pensez aussy dès a présent où t'on pourra mettre le cheval. Il faut, à mon sens, en disposer dans la cour de l'académie, ou de l'Iiostei de Richelieu.
«Je nf étonne de n'avoir reçu aucune lettre de vous depuis mon départ de Paris. Ne manques pas de me tenir soigneusement averty, au moins une fois la semaine, de tout ce qui se passe dans nos bastimens. •> ( l)ép. conc. le comm. 1671, fol. 178.)
1 Le chevalier d'Hailly était parti pour la Guinée au mois de janvier de la même année. (Voir III, Marine, pièce n° 217, 9* paragraphe.)
* Churles Perrault ayant été chargé de recevoir les animaux amenés par le chevalier d'Hailly, Colbert lui écrivit à ce sujet le i3 août :
e Les sieurs Pannctier et Hubert doivent envoyer du Havre à Paris, par eau, divers animaux rares que M. Perrault prendra soin de faire conduire à Versailles, sçavoir uu chevreuil, deux perdrix de Barbarie, deux civeUes, un aigle , un boeco et des poules pintades qui ont esté apportés de la coste de Guinée. Il devoil y avoir aussy un crocodile en vie; mais comme le sieur Hubert n'en dit rien, il peut se faire, ou qu'il l'a oublié, ou qu'il ne luy a pas esté envoyé de la Rochelle.» ( Dép. conc. la mar. 1671, fol. 5o.)
Le a '1 novembre 1679, Colbert adressait à Uesclouzeaux, commissaire de marine 4 Rochefort, le billet suivant pour le même objet :
«J'apprends par vostre lettre du ai de ce mois qu'il vous a esté remis entre les mains une civette par le sieur de Neuville. Ne manquez pas de l'envoyer promplement à Versailles et de l'adresser à M. Bontemps, auquel j'en donne avis.-' A 17, fol. /174.)
* Pouce ou Poneelcl Cliquin, habile charpentier de Paris, envoyé exprès à Nancy pour surveiller lo Irausporl ilu cheval de brome dont il est ici quasuon. A cette occasion , il inventa une machine qu'il perfectionna ensuite et qui lui scr.il , en septembre 167a, pour amener et mettre en place deux énormes pierres tirées des carrières de Mendon et destinées au fronton du Louvre. Claude Perrault trouva cet appareil si extraordinaire qu'il en fit |»raver une estampe ponr son Million de Vilruve.
Cliquin avait l'entrepris* de presque tous les travaux de cbarpenlerie de Versailles et des autres palais.
Le 3o octobre 167a, il reçut 1,000 livres pour la construction d'une machine propre à voilure.r les épicéas et les ifs «le l'allée royale, à Versailles. Mira. «V rfiw|». 0 io.4oo.)
312 SCIENCES, EETTBES, BEAI* ABTS, BATIMENTS.
mer avec M. le Vice-Amiral, sur le vaisseau tlonl Sa Majesté vous adonné le commandement.
' ( Areh. de In Mar. Ihpixhtê tvnternant la wnrine, 1671, fol. »36 |