ÉVÊQUE DE LAON. A ROME
Saint-Germain, i5 janvier 1679.
Le Hoy a esté bien ayse d'apprendre que le cavalier Bernin s'appliqu«' fort à faire sa statue, ainsy qu'il vous a plu de me le faire sçavoir.
Comme ce travail peut contribuer à la gloire du Roy, je ne doute pas que vous ne vouliez bien exciter toujours, par quelque caresse, ledi! sieur cavalier d'y travailler avec plus d'assiduité; et lorsque M. le duc d'EsIrées sera arrivé1, et qu'il sera quitte des grandes visites de cérémonie, je vous supplie de l'aller voir ensemble, afin que cet honneur le convie encore plus à bien faire2.
Il sera fort avantageux que les sieurs Campani et Euslachio de Divinis s'appliquent aussy à rendre leurs lunettes dans la dernière perfection: et
1 Annihsl «l'Entré»» (voir II , Finance*. 161) partit en effet pour Rome, où il était nomme ambassadeur, au mois de jami>'r 1*173. L'évé- «jue et dur «te Laon, son frère, qui avant «on arrivée avait eu le soin «b\s affaires île France, continua à l'assisler «le w conseils.
* Colberl, pensant que le Rernin no serait pas insensible à «les procédés plus «'(Tectifs, adressait le 4 mars suivant, à l'évV-que «le Laon, une lettre de change de 7,^00 livres pour les pensions «lu cavalier et de son fils Paul :
"Je vous supplie, lui disait il , de prendre la peine d'en recevoir la valeur ; et lorsque vous irez visiter la statue du Roy à laquelle il travaille, «le luy donner cette lolLi-c do change, eo l'excitant toujours «le s'uppli<|uer à cet ouvrage «pii immortalisera son nom , en laissant à la postérité un monument «le la gi-andeur <•! «le la gloire de Sa MajeM»'.- (/Vy>. rt>nr. h- c»m>.\
lùn? , fol. 16.)
Voici en queJs termes, le 1 o mai de la même année, le duc d'Estrées rendait compte à (io!- Iwrtde sa visite au Rernin :
- Il a rslé extrêmement content . et a ajout/- a de grands remerrieniens qu'il m'a faits pour Sa Majesté et pour vous. Monsieur, qu'il se sentait doublement oblige et de ce qu'il avoit plu à Sa Majesté «le luy donner et de la manière «lonl cela s'estoit fait. Sa Majesté en ayant bien voulu charger son ambassad«*ur.
w I-c* personnes «pii s'y connoissent , trouvent que la statue du Roy et le cheval sur lequel elle eat, sont parfaitement bien; ce!» me paroi*! aussy. I.e cavalier Remiu est fort assidu et appliipié a son travail, et y cmpluvi' le plu* souvent sept à huit heun* du jo««r. Il iw croit pas le |iouvoir achever avant dix-huit mois.- (Peignot, Ilocnnu-uU (luthmlnfun *nr 1rs itr jn-UM.'s île l.nut* Xl \ . p. n,o. i
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si celle de îao palmes, à laquelle le dernier travaille, peut réussir, je no doute pas que nos astronomes n'en tirent beaucoup de fruit et d'utilité1.
A l'égard de la demande que vous me faites, si le Roy aura agréable un présent de tableaux que les cardinaux Barberini2 veulent faire à Sa Majesté, vous sçavez bien que les grands rois ne refusent point les présens de cette qualité.
( Areb. de la Mar. Drpétkr,
(p fomrww, 167!» . f«!. 0. — n«'ppiii|?, lAmi* XIV, IV, 58 1.)
79 — A CHAULES ERRARl),
DIRECTEUR DE L'ACADÉMIE DE FRANCE A ROME
De. . . -.io janvier 1(17».
M. l'évesquc et duc de Laon m'a envoyé un dessin pour le nouvel ordre d'architecture3 que le Roy fait rechercher, auquel un Père de l'Oratoire de Rome, nommé Chapuis, et un nommé Barrière ont travaillé. Comme ce dessin m'a paru assez beau, ne manquez pas de vous informer de la capacité dudit Barrière, combien il y a qu'il demeure à Rome, s'il est bon architecte, s'il s'est fortement appliqué à celte science, et en un mot s'il a le goust et discernement nécessaires dans tous les ouvrages qui en dépendent, afin de me le faire sçavoir incessamment1.
(Arch. de la Mar. Dépêche* Corrrtportdanre admtnittratv
,167!!, fol. ai. — nqipinR, ÛXIV. IV, 673.)
' Voir pièce n* 87 et note.
* Antoine et Charles Barberini. (Voir I, 1 ij3 , et III , Itutructtom à Seigtulatf , a3o. )
1 II s'agit ici du nouvel ordre d'architecture que l'on voulait alors créer en France , d'après ri 86 combinaisons links des anciens ordres. Tous les artistes français, même rem qui résidaient à l'étranger, avaient été invitas à prendre part à un concours qui eut lieu en 1679, et qui devait résoudre définitivement la question de l'Orrfr* fumçtii». (Voir YUUtnire <U, plu,
françnl% par M. Dumesnil, II, a55.)
♦ Par le mémo courrier, Colbert écrivait à i'évéque rie Laon , à Rome :
rj'ay le dessin du nouvel ordre d'architecture que le Père Chapuis et le nommé Barrière ont composé. J'ay trouvé leurs pensées fort bonnes , et le dessin sera sans doute mis en comparaison avec tous ceux auxquels on a travaillé jusqu'à présent . . . * ( Ify.ronc. Ucrmm. 1 f>7» , fol. 9/1.)
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