‹ Lettres, instructions et mémoires de Colbert (volume 2)Chapitre 241 sur 470 · AU CARDINAL D'ESTREES · texte numérisé non relu

AU CARDINAL D'ESTREES

A ROME

Sainl-Germaiu , 5 aoust 167s.

J'ay reçu la lettre qu'il a plu à \ ostre Éminence de m écrire le 1 3 du mois passé. J'ay bien du regret que la maladie du cavalier Bernin apporte du retardement à la statue du Roy qu'il fait. Je crois que les dernières conquestes si surprenantes et si extraordinaires de Sa Majesté n'augmenteront pas peu le désir qu'il avoit de 6nir sa vie par un aussy glorieux ouvrage que celuy-là. C'est un grand avantage que sa santé soit bien restablie'. Je vous prie, pendant le temps que vous serez à Rome, de continuer toujours h l'exciter à travailler à celte statue avec le mesme soin et le mesuie amour qu'il a fait jusqu'à présent.

Vous me ferez un singulier plaisir de retirer les deux lunettes de 5o palmes chacune que les sieurs Campani et Eustachio de Divinis ont faites, afin que nous nous en puissions servir utilement aux observations que le Roy continue toujours de faire faire2.

( Arcb. Je la Mar. D*péche$ concerna»! le commerce , jô7> , fol. ai8.)

1 Le cardinal d'Estrécs avait écrit à Colbert le 1 3 du mois précédent :

t Nous avons pensé perdre colle semaine le cavalier Bernio, qui aeslé! attaqué d'une fièvreconlinne et d'une diarrhée, dans l'âge de -]'x ans. Le travail qu'il a entrepris me rend sa vie si précieuse que j'en ay eu une extrême inquiétude et que je n'a y mauqué à aucun des soins qui pouvoient luy apporter quelque soulagement... Par bonheur, comme sa maladie a calé violente, elle n'a pas duré longtemps. . . Les nouvelles conquestes de Sa Majesté ont desjà donné lieu de raisonner sur les ornemens et sur les trophées qu'on peut mettre aux pieds de sa statnc, cl ces grandes idées élèveront l'imagination du Bernin. ..i (l)epping. Corre*».

ailm. IV, 5K3.) — Voir pièce n" io'i et nolo.

« Dans sa lettre du 1 3 juillet, dont on vient de lire un extrait, le cardinal d'Estrées disait

encore :

pPour ce qui regarde les lunettes, Eustachio de Divinis et Campani en ont fait deux de 5o palmes. J'ay éprouvé celle de Campani, qui m'a paru fort nette et fort bonne; ou m'assure que celle d'Euslacbio n'est pas inférieure.. . Vous me ferex la grâce de me mander si je vous fera y envoyer les deux lunettes. Une peut- est re pourroit suffire ; mais comme celuy qui n'auroit pas la préférence serait découragé, et qu'il importe de les animer à bien faire, je crois qu'il sera plus à propos de les prendre toutes deux. . .*> — Voir pièces ti" 78, 8i>, 107 cl noies.

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