A M. DE SAINT-ROMAIN
AMBASSADEUR EN SUISSE'
Pari», a8 juillet 1673.
Le sieur Baluze*, qui prend soin de ma bibliothèque et qui travaille depuis quelque temps auprès de moy aux mémoires concernant les Capituloircs de Charlemagnc3, m'a dit qu'il a appris qu'il y a dans l'abbaye
1 Melcbior de Harod, marquis de Saint- Bomain, conseiller d'Etat, successivement résident à Hambourg, à Munster et en Suède. Ambassadeur en Portugal, puis auprès des Cantons suisses, qu'il empêcha de s'opposer à la conquête de la Franche-Comté. Ambassadeur en Allemagne en 1681 , en Portugal de t683 a 16S6. Mort le 16 juillet 1G9A, à l'âge de quatre-vingts ans. — Cette note complète celle du II' volume, fodtutrie, pièce n* 35.
* Etienne Baluie avait été attiré A Paris, en 1 6.">5 , par M. de Marca, archevêque de Toulouse, dont il devint le secrétaire. A la mort
de l'archevêque (1669), Colbert le prit pour bibliothécaire. Nommé professeur de droit canon en 1 670. Mort le a 8 juillet 17 1 8 , à l'âge de quatre-vingt-huit ans.
5 Ordonnances des rois francs et principalement de Charlemagnc, qui tiraient ienr nom de ce qu'elles étaient divisées par chapitres.
On trouve aux Archives de l'Empire dans le Registre du ttcréleiriai , 0 18, fol. «06, a la date du no décembre 167 A, la permission que Louis XIV accorda pour 40 ans à Baluxe, prieur de Beauvais, de faire imprimer les Capitulaires. Les 9 vol. in-fol. de ce recueil parurent en 1677.
de Saint-Gall1 quatre manuscrits dont vous connoislre*- les noms par le mémoire que vous trouverez cy-joint, qui peuvent beaucoup servir à rendre ces mémoires parfaits.
Comme je serois bien ayse de pouvoir faire achever proraplement cet ouvrage, je vous prie de profiler de quelque conjoncture favorable, ou, par quelque autre moyen que ce puisse cstrc, d emprunter de l'abbé ou des religieux de cette abbaye ces quatre manuscrits pendant six semaines ou deux mois, sous la promesse que vous leur donnerez, s'il vous plaist, en mon nom, que je les feray rendre soigneusement au bout de ce temps-là.
Je ne doute pas que vous ne vouliez bien entrer dans cet engagement pour moy et que vous ne soyez bien ayse de contribuer, par ce moyen, à la perfection d*un ouvrage qui regarde la gloire de nos rois et qui peut estre de quelque considération dans la république des lettres*.
(Arcb. delà Mar. Dèpéehtt du merétmirt d'État, 1673, fol. 111.)