‹ Lettres, instructions et mémoires de Colbert (volume 2)Chapitre 259 sur 470 · GOUVERNEUR DE NORMANDIE · texte numérisé non relu

GOUVERNEUR DE NORMANDIE

Paris, 17 juillet i673.

Je vous conjure, Monsieur, d'estre bien persuadé que je suis très-

1 Dans une leUre du 3o mai 1 673 , le cardinal d'Etirées avait prévenu Colbert que le cavalin, prétendant avoir tout abandonné ivouer uniquement à la statue du Roi, espérait recevoir, outre si pension , quelques ftiHliliralimis. Il ajoutait encore que le Herrtin était très-géoc, qu'on le croyait intér>"<*§, et que cependant il passait toute sa vie à travailler. ( tf */. CoUmt. vol. 166, fol. «56.) Colbert lui avait déjà écrit à ce sujet, sept ravant :

* Le 17 avril 1O70, le duc de Chaulne* avait de

<* A l'égard du cavalier Rernin , je In y ay envoyé fort régulièrement sa pension ; mais , au retour du Roy, je proposeray à Sa Majesté de luy faire quelque gratification en considération du travail qu'il fait. Cependant je dois vous dire que ce cavalier est un homme fort intéressé*, ayant autant de sujet qu'il a de se louer de la munificence du Roy . . (D*p. dit areré- Utin d'État, fol. 88.) — Voir pièce» n" 78, tok et noies.

» Voirpiècesn"78. 87, 89.

1 coté écrit à Colbert : rit n'ay pas manqué de rechercher les occasion» d'eiciter le cavalier Bernin, pour »on propre honneur, de travailler promplemenl à la statua du Roy, maïs ce n'mt pas là le premier motif qui le pnitae faire asjir, c'est eeluy de l'mtéreat. . .» ( Ve7«w« Cn/ftrr», roi iî.5, fol. 67.)

sensible aux marques quo vous me donnez de la tendresse de vostre amitié.

Je vous avoue ingénuement que vous roVmbarrassez quand un duc et pair et un premier gentilhomme de la Chambre me propose d'estre sousprotecteur d'une académie de laquelle le Roy a bien voulu m'ordonner d'estre protecteur. Je sçais certainement que vous-mesme y auriez esté embarrassé.

A l'égard du sujet de la nouvelle pièce , j'ay hésité assez longtemps si je vous dirois que c'est Alceste et Admète. Mais comme le poêle y fait entrer une infinité d'autres accidens que je ne pus trouver le temps de vous déduire, ce peu de mots ne pouvant me satisfaire ni vous non plus, et mes autres alTaires ne me permettant pas de vous en dire davantage, je fus obligé de me servir des termes qui vous ont pu donner quelque déplaisir.

Je vous prie, Monsieur, de me continuer toujours et de me donner souvent les mesmes marques de vostre amitié, et d'estre aussy bien persuadé de la mienne et qu'il n'y a personne qui s'intéresse plus que moy à tout ce qui vous touche.

( Areb. delà Mar. Dépêche* du tecréuàrt d'Étal , 1678, fol. io4.)

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