‹ Lettres, instructions et mémoires de Colbert (volume 2)Chapitre 278 sur 470 · AU PÈRE VANSLÈBE · texte numérisé non relu

AU PÈRE VANSLÈBE

Kî\ MISSION E> ORIENT.

Paris, A juillet 1675.

J'av reçu trois ou quatre de vos lettres, depuis quatre mois, auxquelles je n'a y point encore fait réponse; et comme elles regardent particulièrement la nécessité où vous estes, je donne ordre à Marseille que l'on vous fasse remettre 9,000 livres à Constanlinople pour une année de vos appointemens.

J'auray soin, à l'avenir, de vous faire payer, tous les six mois, par avance, sans aucun retardement; cependant je suis bien ayse de vous dire que vous devriez vous attacher plus régulièrement à l'exécution de l'instruction que je vous ay donnée avant vostre départ. Vous sçavez que ma première intention a esté de vous faire passer en Ethiopie pour reconnoistre ce pays-là et pour en tirer tout ce qui pouvoit contribuer à satisfaire la curiosité du Roy. Il est vray que je vous avois chargé de rechercher avec soin tous les manuscrits que vous pouviez trouver dans le Levant, en faisant le chemin, les séjours et les diligences nécessaires pour pouvoir entrer dans ce pays. 11 est vray que vous oveï acheté et envoyé un assez

1 Voir II, Marine, pièce n* 1 96 , fi"* S et noie. — On trouve dans les Mélange* Colherl . >ol. 1 o3 , fui. Kf> , a lu dale «lu 1 1 juillet 1 i)6 1 , un élat «dressé à Colberl par le chevalier de Clerville sur les profil* qu'on pourrait faire annuellement au Bastion de France, qu'il appelle mue Inde lrfe-.ilNHidanle.« •

* L'ne autrefois, le i3 octobre 1679, Colbert fit réclamer au divan d'Abjer des marbres appartenant au Roi, qui avaient été embarqués à Uénes sur un navire anglais et dont un corsaire s'était emparé. (Mélange» ClairambanU , \o\. 'i j7, fol. 354.)

grand nombre et d'assez bons manuscrits; mais nu lieu de continuer voslrc voyage, vous avez pris le chemin de Constantinople, où vous n'estiez nullement nécessaire et où la présence de l'ambassadeur du roy rendoit la voslre tout à fait inutile.

Mon intention est donc que vous partiez de Constantinoplc aussytost <pie vous aurez reçu cette lettre et que vous vous en retourniez, par la Syrie et par la Palestine, au Caire pour chercher, de ce lieu-là, les moyens d'entrer dans l'Ethiopie. Dans ce voyage depuis Constantinoplc jusqu'au Caire, vous rechercherez soigneusement tous les manuscrits et autres curiosités contenues dans vostre instruction, pour en faire amas, les remettre entre les mains des consuls et les envoyer diligemment à Marseille.

A l'égard de l'argent, je donne ordre à Marseille que l'on vous fasse tenir 1,000 livres pour acheter les manuscrits que vous m'aviez écrit (pie vous pourriez trouver à Alep, et en cas que vous en puissiez trouver davantage, vous les ferez remettre entre les mains des consuls, auxquels je donne ordre de vous fournir l'argent dont vous aurez besoin. Je puis vous assurer qu'ils y satisferont ponctuellement; mais vous devez observer de leur remettre les manuscrits en niesioe temps qu'ils fourniront l'argent à ceux desquels vous les aurez achetés. Et , comme je suis assuré (pie le consul d'Alexandrie exécutera plus ponctuellement que tout autre l'ordre que je luy donne, vous pouvez vous adresser à luv en cas qu'aucun des autres fasse quelque difficulté de faire payer ce que vous leur demanderez

J'av lu le manuscrit de l'histoire de l'Eglise d'Alexandrie que vous m'avez envoyé, et vous devez observer que vous faites mention dans cette histoire de quelques manuscrits, qui paroissent eslre bons, qui dévoient estre à la bibliothèque du roy au lieu d'estre en vos mains, ainsy que vous le dites. Je vous dois dire cependant que vous ne devez pas employer vostre temps ù composer des volumes de cette nature ; et il suffira que vous en preniez toutes les connoissances pour y travailler lorsque vous serez repassé en France.

(Arth. do la M«r. Ordrr. <lu roi ,,our lt,ealnr*, i675. fol. .«a )

1 Le 3o septembre suivant, Colbcrl près- Vanslèlie reprit ses habiUde dominicain. Col-

oiiit à Vanslèbe do revenir directement en liert ayant refuse de le secourir, il so vit forcé

France, et défendit au consul d'Alep de lui du vendre à vil prit les manuscrits éthiopiens

fournir aucune somme pour acheter des ma ipi'il avnil iap|»oH«>s. (Voir la note île la pièce

nuscrils. Renliv à Paris le -v» avril 1 67 7 , n"

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