MÉMOIRE AU CHEVALIER DE CLERVILLE
Havre-de-Grâee *, 11 roay 1671.
La ville du Havre estant en estât de s'augmenter considérablement, il faut examiner les moyens et les endroits plus commodes pour y pouvoir bastir soit un faubourg, soit une augmentation à la ville, sans préjudicicr à la fortification.
Examiner et résoudre le lieu où pourra estre fait le grand bassin, ensemble l'écoulement des eaux de la rivière d'Harfleur pour pouvoir estre jetées par des barres dans le port, sans entrer dans ledit bassin.
Examiner aussy tous les ouvrages de la fortification de la place, et voir s'il y a quelque chose à réformer, changer et augmenter, et particulièrement à la teste du costé de Chef-de-Caux s.
II est nécessaire de raser l'ouvrage à corne du Perrey, et de substituer à la place un autre ouvrage qui n'arreste pas le cours du flot.
Faire le plan, devis et calcul de la dépense qu'il faudra faire pour construire de maçonnerie la contre-garde du bastion de Sainte-Adresse et la demy-lune voisine, pour défendre la teste du costé de Chef-de-Caux.
Visiter soigneusement tous les bastions, et faire un mémoire de tous tes parapets qu'il faut reslablir.
Examiner si, sans préjudicier à la fortification de la place, l'on ne pourrait pas se servir du cavalier qui est derrière le bassin et de la place d'armes du bastion le plus proche pour y mettre les bois qui servent à la
1 Peu satisfait des explications embarrassée» qu'il obtint du chevalier de Clerville (voir page 64, note), Colbert envoya en Alsace le conseiller d'Etat Pussorl, son oncle, pour le fixer sur toute cette affaire. Nous publions à l'Ayjtmdtct la lettre que Pussort adressa au ministre le ih juin 1671, en lui transmettant trois l«>M|»* mémoire» que non» nvon*
analysés, tout en conservant les passages les plus curieux.
1 Colbert, avant d'aller rejoindre Louis XIV, qui était parti pour visiter Dunkerque et le* villes de Flandre, avait fait un court voyage i Rocfaefort et au Havre.
Saint-Deiiis-Gbef-dc-Gaux , aujourd'hui Sainte -Adresse. A peu de distance du Havre.
construction des vaisseaux, en rasant le corps de garde, s'il y en a, et en s'obligeant de le restablir quand le bassin seroit fait
( Dépôt des fortification» , Mn. so5 . . 67 1 , fol. 8». )