‹ Lettres, instructions et mémoires de Colbert (volume 2)Chapitre 308 sur 470 · AU SIEUR RRODARD · texte numérisé non relu

AU SIEUR RRODARD

INTENDANT DES GALÈRES A MARSEILLE

Saint-Germain, 9a mars 1680.

J'ay reçu, avec vostre lettre du a du présent mois, le plan du jardin du roy à Toulon, avec le mémoire de toutes les fleurs qui y sont semées et plantées, et de ce que l'on en peut avoir par chacun an*. Cependant, comme un nommé Cottereau, de Marseille, s'est meslé de m'envoyer

Krrnnl la permission de faire faire d'autres vases «d'après le goust do l'antique, * Colbcrl ajoutait :

« Userait bien nécessaire que vous m'envoyassiez les dessins des vases que vous faites faire de retle manière, pour les faire voir au Roy, afin

qu'il ne fust rien fait de ces sortes d'ouvrage» qui ne fust agréable a Sa Majesté et qu'elle n'en cust vu les dessins avant que de les faire exécuter. . .» (Mél Clair, vol. fts8, fol. gft, *37 cl bho.) — Voir pièce n" 178.

' Le 1 5 du mois précédent, Cotbcrt avait

i 9,000 tubéreuses, envoyez-le quérir aussylost que vous aurez reçu cette lettre, et diles-luy qu'il peut donner ordre de reprendre ses tubéreuses et que je ne luy feray point payer, et qu'il se donne bien de garde d'en envoyer davantage, parce que je ne luy en feray payer aucune l.

Comme je vois que ce jardin, par le mémoire que vous m'envoyez, pourra couster 6 à 7,000 livres, examinez avec soin si vous ne pourriez pas trouver, ou un, ou plusieurs jardiniers qui s'obligeraient de me fournir la mesme quantité de fleurs que l'on peut tirer de ce jardin, suivant le mémoire que je vous enverrais, et à quel prix; estant persuadé qu'il en rousteroit moins au roy, et que ces deux ou trois jardiniers travaillant à Penvy, par les récompenses que je leur donnerais à proportion de la beauté des fleurs qu'ils nous fourniraient, le roy 'pourrait estre mieux servy et avoir de plus belles fleurs.

Travaillez promptement à l'exécution de cet ordre, et faites-moy sçavoir si vous croyez y pouvoir réussir; en ce cas, vous pourriez distribuer à ces jardiniers les fleurs que nous avons dans ce jardin, pour le prix dont vous conviendriez avec eux, ou à condition d'en rendre la mesme quantité, et remettre le jardin à celuy qui en est le propriétaire*.

Vous ferez fort bien de ne point partir de Marseille qu'après que M. de Vivonne sera sorty du port et que les trentes galères seront en mer5.

(Bibl. Imp. Mm. MéUag» Cunrnmbtult . vol. as8, fol. 197.)

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