NOTAIRE A PARIS
Versailles, ai may 168a*.
Je vous envoyé le portefeuille dans lequel il y a divers estais de terres qui ont esté prises pour le chasteau et le parc de Marly*. Il est nécessaire que vous alliez à Saint-Germain pour en passer tous les contrats; mais auparavant, il faut que vous voyiez M. Fourcrov pour examiner les moyens de rendre ces acquisitions seures pour le roy.
1 Michel Phélypeaux de La Vrillière et de Chateautieuf, conseiller au parlement , évoque d'Utès en 16G6, archevêque de Bourges en 1677. Mort subitement à Pans le 39 avril 169*1, à Page de cinquante-deux ans.
* Ce* statues avaient été demandées en même temps par le chapitre de CliAteauneufsur-Cher. Pour se débarrasser de cette demande, Col berl répondit a Mignon *, le 5 juin :
«Je ne crois pas que les statues des douze Apostres qui sont en la ville de Mehnn puissent estre fort utiles audit chapitre, joint que le Roy les a accordées i rarchevesque de Ho»i^o.h. Ainsy vous ne deviez pas répondre à ce que les chanoines vous ont dit sur ce sujet... » (MèlnHKrt OmrmmbtmU . vol. «Si , fol. S th.)
• HiMiimr de confiance (Albert. -
Mais l'archevêque de Bourges ne les eut pas plus que le chapitre de ChÂleauneuf; car. le 1" juillet suivant, Oolbert disait à l'intendant :
irLe Roy ne veut point oster les figures dos douze Apostres qui sont dans l'église collégiale de Mehun. Ainsy c'est une affaire terminée.*
» Noël de Beauvais, notaire au Cbitelet, du 19 février 1 658 au 90 octobre 1705. — Sou fils, Nicolas-Charles, lui succéda.
* Celte lettre a déjà clé publiée dans le t. 1 1 , Finança, pièce n* 1 45, page 188. — Comme elle avait été classée par erreur dans ce volume, nous la publions de nouveau dans la section des Itàlintent» à laquelle elk? appartient
' Les rartons 0 19,856, 1 «1,859, ' a«9oa H
Il en neiit plusieurs fois qne*lion dans le* Lritrt* privé**
Comme on ne peut pas faire de décrets, il faudra autoriser, autant qu'il .sera possible, les payemcns qui seront faits, en publiant les acquisitions par trois dimanches consécutifs aux prosnes des paroisses; et, pour cet effet, je crois que dans une occasion de cette nature, on pourrait se contenter d'un arrest du conseil qui ordonnerait ces publications.
Je sçais bien que celte forme est extraordinaire, et qu'il est difficile qu'un avocat habile comme M. Fourcroy convienne que la seureté s'y trouve; mais aussy il est presque impossible de prendre plus de seureté dans une occasion comme celle-là.
(Bibl Imp. Mu. Jftfaw CUùrambault. vol. 43 1, fol. 988.)
DIRECTEUR DE 1/ACADÉMIE DE FRANCE A ROME
Sceaux, 18 jiuii 168a.
J'apprends, par vostre lettre du 97 du passé, Testât auquel est l'académie et les travaux que font les élèves. Ayez soin d'exécuter ponctuellement ce que je vous ay écrit, c'est-à-dire de les obliger d'employer partie de leur temps aux ouvrages que je vous ordonne; et le surplus, vous pouvez leur permettre de faire quelque ouvrage de leur génie
Sur le tesmoignage que vous me rendez de la mauvaise conduite de Canon ville 2 et du peu d'obéissance qu'il a aux ordres que vous luy donnez, je vous envoyé mon ordre pour le mettre hors de l'académie 3.
16,870 des Archives de l'Empire contiennent de nombreuses pièces relatives au domaine de M.irty. Ce sont des actes d'adjudication ( 1 670 ), des titres d'acquisitions cl des états d'estimation du parc (1679 a 1765).
On trouve enfin dans le carton 0 n,34i des mêmes Archives beaucoup de pièces relatives à la machine de Marly, pour les années 1 6g 1 â 1 794. — D'après une de ces pièces, cette machine, commencée en 1689, fut mise en sa perfection en l'année 1687 où elle commença à monter l'eau pour Versailles.
1 Voir pièces n°* 1 q3 , *o 1 cl note.
* Pierre Caaovelle ou Canon ville avait obtenu , en 1680, le deuiième prii de peinture.
1 V oici cet ordre :
«Estant mal satisfait de la ronduile que Canonville, peintre, a tenue dans l'académie de Rome, le sieur Errard ne manquera pas de le
mettre hors de ladite académie aussytost qu'il aura reçu le présent billet , et ne luy donnera aucun secours pour revenir en France.» (JIM. Clair, vol. 43 1, fol. 3/19.)
La suite de cette affaire se trouve dans sa lettre du 1 i août :
«Canonville m'a écrit pour me demander pardon de sa mauvaise conduite; il me fait de grandes protestations d'entre plus sage a l'avenir, en me demandant son restablissemenl. Mais, pour vous autoriser, je ne luy aocorderay point; je vous laisse seulement la liberté de le restablir, en cas que vous soyet assuré qu'il changera de conduite.. .
«A l'égard des autres élèves, prenci bien garde , ajoutait Coibcrt. de les conduire de telle sorte qu'ils se rendent liabiles dans leur profession et surtout tpi'ils soyent sages. Ne souffre» pas qu'aucun dVui porte l'cspée. Obligei-
Faites en sorlc que ces exemples d'autorité que je vous donne, obligent les élèves d'estre obéissans, sages, modestes et appliqués à leur travail; et faites-leur connoistre que je ne veux point qu'ils portent l'espée l, et qu'au premier tesmoignage que vous me rendrez qu'Us la portent ou qu'ils ne vous obéiront pas , je vous enverray les ordros pour les mettre hors de l'académie.
Je ne veux pas que vous donniez rien pour le retour de ce Canonville, ni de tous les autres que je vous ordonneray de congédier.
( Bibl Imp. M» Mebmg" Clairambtuit, vol. 43 • . fol. 349.)
DIRECTEUR DE L'ACADÉMIE DE FRANCE A ROME
Sceaux, s!> juin i(>8a.
J'apprends, par voslre lettre du 3 de ce mois, que vous avez fait lustrer le second vase de Borghèse, et que vous faites avancer celuy d'Iphigénie.
Continuez de faire travailler à ces deux vases et à les rendre les plus parfaits qu'il sera possible; et aussytost qu'ils seront achevés, vous pourrez prendre l'occasion du premier vaisseau de Saint-Malo qui ira à Civita-Vecchia, pour les charger dessus, à condition de les porter au Havre, pour éviter d'envoyer un vaisseau exprès pour cela.
Continuez toujours de faire travailler les élèves et de les exciter à bien faire et à se perfectionner.
Il est bon mesme que vous me fassiez sçavoir ce que l'on pourroil à présent faire copier de plus beau à Rome, soit en peinture, soit en sculpture, soit des plus belles figures que je n'ay pas encore fait copier, soit de celles qui n'ont pas esté copiées avec toute la perfection convenable. Comme vous voyez que mon intention est que les jeunes élèves, peintres et sculpteurs, partagent toujours leur temps entre le travail qu'ils doivent faire pour le roy et celuy qu'ils peuvent faire de leur génie, faites un mémoire de ce que vous croirez qu'ils pourront faire pour le roy, alin que je vous en donne l'ordre. Appliquez-vous surtout à faire en sorte qu'ils
les toujours d'achever les figures qu'ils ont déjà permis à Krrard de congédier de l'aca-
commencées.» (AM. ClairaïubauU , vol. 43a, déenic le pensionnaire Ttiomassin*, «-qui ne
fol. i34.) s'appliquoil pas assei. n
Au mois de septembre 1680, Colbcrt avait 1 Voir pièce u" 1 84 et note.
* Simon Tnoinasain , do Pari», avait été envoyé comme pensionnaire à l'académie de Rome. Revi'iiu «mi France après avoir gravé la transfiguration du Cbrist de Raphaël, il fui nommé graveur du roi e» ub-
s'avancent tous et se rendent les plus habiles qu'il sera possible dan* leur profession.
( Bibl. lmp. Mm. MMo.ngt$ Clairambaull , vol. 43 1, fol. 366. )