‹ Lettres, instructions et mémoires de Colbert (volume 2)Chapitre 334 sur 470 · A M. DE VAUVRÉ · texte numérisé non relu

A M. DE VAUVRÉ

INTENDANT DE MABI.NE A TOULON

Paris, ao juillet i683.

Pour réponse à vostre lettre du 5 de ce mois, vous ferez fort bien de dépescher une tartane exprès à Tunis, dans le commencement du mois d'aoust, pour faire venir des perdrix de Barbarie, et de faire donner des cages aux baslimens qui iront dans l'Archipel et dans les Eschelles de Levant. Mais surtout recommandez aux capitaines et patrons d'apporter la plus grande quantité de perdrix qu'il leur sera possible.

Aussytost qu'il en sera arrivé à Toulon , ne manquez pas d'en envoyer la plus grande partie à Versailles, parce que le plaisir que le Roy en recevra consiste à la diligence, et l'on en prendra tout le soin nécessaire pendant l'hyver. Cependant, s'il y en avoit une assez grande quantité pour les partager, vous pourriez en laisser la moitié en l'isle de Porquerolles1; mais aussytost que vous en aurez reçu 3o ou ûo, il faudra que vous les fassiez passer à Paris.

( Areh. de U Mar. Oràrtê du roi cwuenuiM lu Hnlèrtt, t683 , fol. «53.)

DIRECTEUR DE L'ACADÉMIE DE FRANCE A ROME

Versailles, a8 juillet i6£3.

J'ay reçu avec vostre lettre Testât des dépenses de l'académie pendant les mois d'avril, may et juin; je l'examineray, l'arresteray et vous en enverray le duplicata dans peu de jours.

Continuez toujours de maintenir l'académie dans un bon ordre. Je vous

1 Une de» Iles composant le groupe d'Hyère», à 5 lieues et demie de Toulon.

envoyé, pour cet effet, un ordre pour licencier et mettre hors de ladite académie le sieur Bruand l.

(Bibl. Imp. Mm. Mélanges Clmramtmult, voL &S3, M. 309. — Depping, Corm/wmWc admhùù-atk» mi UuU XIV, IV, 677.)

1 Voici cet ordre :

«Estant mal satisfait de ta conduite du rieur Bruand, qui est à présent dans l'académie eslabtie par le roy i Rome, le rieur Errard, directeur de ladite académie, no manquera pu de le congédier pour revenir en France, ou luy permettre d'aller partout où il voudra."

Deux frère», Jacques et Libéral Bruand,

tous deux arcbilecles des Mtiments do roi, eurent chacun plusieurs fils ( Diclionnairt eritupu A, biographie <t i'kùtoirt de M. Jal). Il s'ajjit sans doute ici de l'un d'eux; mais il n'est pas possible de préciser, car les enfants de Jacques Bruand , aussi bien que leurs cousins, pouvaient être pensionnaires de l'académie de Rome en i683.

APPENDICE

I — PISSORT A COLBERT.

Paris, t & juin 1671

Je suis fauché de n'avoir pu vous envoyer plus tosl les éclairciaaemens que vous aves désirés de inoy sur l'affaire de Phibpsbourg ', mais mon voyage et le caractère des personnes avec qui j'ay eu affaire, joints à la confusion qui s'est trouvée dans l'affaire, oot causé ce retardement. J'y ay apporté toute l'exactitude dont j'ay esté capable , jusqu'au scrupule mcsme , pour ne rien omettre de tout ce qui peut servir à la justification ou à la conviction.

Vous trouverex le lait , ou l'histoire de tout ce qui s'esl passé , que j'ay mis à part ; cela seul pourra vous instruire suffisamment pour en (aire jugement.

J'ay mis, dans un cahier séparé, les plaintes qu'on fait contre l'intendant d'un costé et ses défenses de l'autre ;

Et, dans un troisième cahier, mon avis.

Vous pouvez, si vous voulet, ne pas voir ce cahier ( le second cahier) qu'après avoir vu le (ait et mon avis, parce que c'en sont comme les preuves. Tout cela est bien long, et quand vous ne liriez que le fait, dont vous ne pouves pas vous dispenser, vous y trouverai encore de quoy < fatiguer.

J'ay bien eu du déplaisir d'avoir esté obligé d'employer une autre main que la mettre au net le fait et mon avis ; mais j'écris avec tant de peine que j'ay cru que vous le ' bien permettre. Vous y pourrez trouver des fautes, n'ayant pas eu le loisir de les lire.

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