IV. — LOUIS LE VAU A COLBERL
Saint-Germain , 1 1 avril «663.
Je lu* dimanche dernier pour avoir l'honneur de vous rendre compte do mon voyage de Versailles et de Sainl-Gerruain et recevoir vos commandement, mais estant pressé de retourner le me&rae jour, je ne pus avoir ce bonheur; ce sera , s'il vous plaist, pour dimanche prochain. Ce pendant mon frère vous aura dit comme le Roy Tut assez satisfait des avances des ouvrages de Versailles el le tesmoigna en disant deux ou trois fois que l'orangerie s'avançoit. A vous dire vray, le chaos de tout ce meslaoge d'ouvrages se débrouille de jour en jour. On verra croistre quelque chose de nouveau. Reste à y faire un tour de temps en temps pour y donner les ordres nécessaires.
Cependant j'ay planté mon piquet a .Saint-Germain1 pour débrouiller encore un autre chaos des logemens et appartemens du ehasleau vieux et neuf bien plus meslanjjé et confus que les ouvrages de Versailles , comme vous pouvez connoistre par hs mémoire que mon frère vous aura montré , mais bien éloigné de la dépense de ceux de Versailles; n'estant que des raccommodemens, lesquels je fais raccommoder avec tout le plus grand inesnage que je puis faire et avec la plus grande diligence possible, car nous n'avons point de temps a perdre. Et s'il vous plaist. Monsieur, je m'instruira* un peu plus que je ne suis de tous les autres ouvrages. Uni pour la descente du grand escalier que des terrasses el jardinages, pour vous informer particulièrement de tout ce qui se passera. Pour ce faire . i) faudrait , sauf vostre meilleur avis , que nous ne fissions rien que de concert ensemble.
M. Le Nostre est icy avec plusieurs ouvriers pour faire le parterre , en face du bout de la grande galerie de l'appartement du roy, où esloit un plant de pruniers que Ton a abattu. La terre est csplanie, et on commencera demain, jeudy, à planter le buis.
Le sieur Villedo* cadet est aussy icy avec cinq cents ouvriers environ. 11 fait faire la fondation du gros mur pour soutenir ledit parterre que fait faire le sieur Le Nostre; elle n'est qu'A demy fouillée dans la fondation. Il faut démolir en diUgence le grand escalier du fer i cheval de la descente du chasleau neuf. Nous faisons travailler à tous les •xeommoiletnens des logemens des deux chasteaux, où il y a plusieurs maçons. Je ne puis vous en dire davantage, car il n'y a encore rien d'achevé, mais j'espère que la semaine ne se passera pas sans achever quelque chose. Dimanche, j'auray l'honneur de vous l'aller dire. Ce pendant il vous plaira, si vous le (rouvex bon, de me faire sçavoir vostre volonté que j'exécuteray autant bien qu'il me sera possible.
(BiM. Imp. Mss MAangu CWtert, vol. i>5. fol. 663.)