‹ Lettres, instructions et mémoires de Colbert (volume 2)Chapitre 362 sur 470 · XX. — CHARLES PERRAULT A COLBERT · texte numérisé non relu

XX. — CHARLES PERRAULT A COLBERT

as juin i66â.

J'ay porlé ce matin a M. l'abbé Buttj 1 le billet de Monsieur, qu'il a esté ausaytosl communiquer a M. Bernin. Ils m'ont envoyé quérir et m'ont communiqué la réponse audit billet , par laquelle connoisHant qu'ils estiment nécessaire de commencer par le buste du Roy, je n'ay pu résister i l'impatience qu'a M. le cavalier d'avoir un bloc de marbre pour faire un buste, d'autant plus qu'il a teamoigné estre fasché de ne pas l'avoir eu dès ce malin, moy ayant différé de le faire par les raisons que j'ay mandées à Monsieur, qui sont que je trouvois péril à le laisser engager à un buste , comme une chose qui le détournerai l de la figure.

J'ay donc donné ordre de faire voilurer un bloc, qui est présentement devant la porte de Lerambert, ; et parce qu'il en a trouvé encore un à son gré au Val-de-Gréce cl que le sieur Anguier demande un mot de M. Tubcuf pour le faire débiter, aiiay que le demande ledit cavalier, je m'en vais présentement voir M. Tubeuf pour cet effet.

D'un autre coslé, Guérin luy en fera voilurer un autre bloc, de sorte qu'il aura assurément aujourd'hui un bloc de marbre et peut-estre deux; cl dans deux ou trois jours il eu aura trois, lorsque celuy du Val -de-G race sera arrivé. Je luy enverray aussy le sieur Poissant1 avec un maçon et un charpentier pour bas tir son cstably ainsy qu'il le souhaitera.

Je crois que la principale raison qu'il a de ue pas s'embarquer à faire une figure est le long temps que cet ouvrage demande, et qu'il sera malaysé de l'engager à la faire à Paris , parlant de la faire quand il sera de retour à Rome, sur l'esquisse du buste qu'il emportera. Ce qui me fait encore juger qu'il évite ce travail en ce pays, c'est que s'excuanut en partio sur ce qu'il ne trouve point de marbre de grandeur considérable, et luy ayant dit qu'il s'en trouveroit jusqu'à sept pied», il a dit qu'il en falloit uu de huit au moins, pour trouver de l'impossibilité à la chose, aiusy que je le juge*.

(Bibl. Inip. Mm. MeUngu Colbert, vol. i3o, fol. 330.)

Colbert que le Bernin travaillait avec une ardeur

il, est venu le visiter, et il» sont allés se promener au Cours. Messieurs de l'académie sont venus en corps le Dattier. Il le» a reçus avec beaucoup de civilité et les a entretenu* fort agréablement d'his-

en disant que le cavalier se plaignait qu'où lui fit faire trop bonne ebere, et qu'il demandait cependant le meilleur vin français qu'on put trouver. ( âfof. CoUmt, vol. i3o , foi. 999. ) * 1 On trouve plusieurs lettres écrites par cet abbé à Colbert dans les Melaugtt Cototrt.

* Louis Lerambert, sculpteur, membre de l'académie depuis 1663. Chargé d'abord de la garde des marbres du roi, il eut, en t653, celle du magasin des antique*. Mort le 1 5 jnin 1870, a Tige de cinqnante-aix ans.

' Thibault Poissant, architecte et sculpteur. Mort le 16 septembre 1668. à l'âge de soixautotrois ans.

4 Quatre jours après cependant , Cbantclou écrivait h Colbert pour le prévenir que le Bernin , qui travaillait au dessin du buste de Louis XIV, n avoit besoin d'aller le dimanche suivant i Saint-Ger-

main , afin de voir le Roi ; ce qui «eroit sans l'incommoder, puisqu'il suffisoit de le voir durant la messe. »

En même temps, Chantelou annonçait au ministre que MM. Bartillalet Tubeuf étaient mou», au nom de fa Reine, prier le Bernin de foire uu dessin pour l'autel du Val-de-Grèce; mais que celui-ci, s qui cette demande avait déjà été faite par les religieux** lorsqu'il était allé voir les marbres déposés dans la cour de leur couvent, voulait nn ordre direct de Sa Majesté. Enfin , comme 00 lui avait affirmé que ce désir était bien celui de la Reine, il avait promis d'y penser.

Un peu plus lard, le 6 août, nouvelle lettre de Chantelou à Colbert pour le prévenir que le cavalier Bernin désirait travailler au palais Mazarin, où il était logé , a parce qu'il pensoit qu'au Louvre ce seroit un combat (terpétuel pour cm pencher les gens de qualité qui voudroient entrer et dont on ne viendrait pas à bout. Outre que , travaillant de grand malin et sans estre achevé d'habiller, il y aurait loin pour aller cl revenir quatre foi» le jour du palais Masariu au Louvre, w ( Mcl. ( .«tterl , vol. i3ocl iSi.fol. Sujet su!».)

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