XIX. — CHÀNTELOU3 A COMiERT
Dimanche an soir, ta juin 1 665.
En revenant hier de Sainl-Gennaiti , M. le cavalier Bernin me dit qu'il estoit obligé de faire le portrait du Roy, que pour cet offet il falloit chercher du marbre. Je luy dis que je parlerois A M. Perrault et prendrais heure avec luy; il répartit qu'il n'y avoit point de temps a perdre, qu'il cust désiré que c'eust esté dès le lendemain matin. Si bien que, aussylost que je fus arrivé a mon logis, j'écrivis un billet par lequel je donnois avis de cela à M. Perrault et le priois de nous attendre aujourd'huy entre huit et neuf heures du matin ; cl l'estant ailé prendre , il m'a dit , Monseigneur, qu'il avoit reçu vostre ordre pour lo mesme effet , et sommes allés ensemble chercher parniy les marbres qui sont devant les Tuileries, où il ne s'en est trouvé qu'une pièce que M. le cavalier a estimée passable; encore mesme a-t-elle des hachis. Ensuite on est allé à la Sorbonne, où il ne s'est rien trouvé de bon ; chet Guérin', il y a quelques pièces, mais après disner y estant allé , il ne s'en est pas contenté. Il a esté après au Val-de-Grâce, où il a trouvé un bloc qu'il a dit qu'il faudrait scier pour voir dedans comme il est. J'ay dit à Anguier* de le faire faire dès demain matin et suis allé avertir M. Perrault d'en dire un root à M. Tubcuf*.
J'ay cru que ce ne serait pas vous importuner de vous rendre compte de cecy '.
(Bibl. Imp. Mm. Mélange* Colbert, vol. i3o, fol. 37.)
' La rbalcur, qui commençait déjà à se faire «tir, ditvint excessive le muis suivant. Le 1 8 juin. Le Van prévenait Colbart qu'il prenait deux jours pour se rafraîchir a l'ombre dr la chatenr qn'il nvait eue en allant en route. «San» meotir, ajon- Uit-il , je ne seai» si jr d.-viciis délicat, mais j'ay trouvé une si grande ardeur an soleil que je crois qu'il m'anroit consommé . si je n'eusse pensé à luy
dresser un maguiMi|ii«.' palai».? ( Wlangn Colbert, vol. saS, fol. i3o.)
' On attendait avec impatience le Rcrain , qni arriva a Paria le s juin. Dam une lettre qne le chevalier de La Ramée * écrirait le s3 mai à Colbert, on lit ce passage curieux :
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nommé dans le monde. Je l'érouteray comme son diseipte , d'autant qu'il estoit docteur auparavant que j'eusse vu la lumière* ( Mei. Colbert, vol iso où, fol. 668.)
* Pniil Fréart, sieur de Cbantelou, avait été premier commis de Des Noyers, lorsque celui-ci était surintendant des bâtiment». En i64o et en
• Le cl.eial.cr 0,1 1« Ualropl. «cor de La R<»«. charjé de taire le pUn du Lomre poar le raUuel de l^nii
1 643, il alla à Rome où il se lia avec lu Bernin et devint grand ami des arta et des artistes. Chantelou ayant refusé la surintendance des bâtiments en 16a h, fut nommé maître d'hôtel du roi en 16&7, puis intendant de la maison de Monsieur.
— Cbanleloo avait été choisi pour tenir compagnie au Kerntn pendant son séjour a Paris et pour l'accompagner partout où il voudrait aller.
* Gilles Guérin, sculpteur ordinaire des bâtiments du roi. Mort le «6 février 1O78, à l'âge de soixante et douze ans.
* S'iigil-il de François Anguier, sculpteur, mort le 8 août 1669, à l'âge de soixante an»; ou de Michel Anguier, son frère, aussi sculpteur, reçu membre de l'académie en 1668, mort le 11 juillet 1686, à i'&ge de soixante et quatorze an*T
— Tous deux travaillèrent an Ynl-de— Grâce.
* Tubenf était alors contrôleur des bâtiment» et surintendant des finances de la reine Anne d'Autriche , qui venait de faire construire le Val-dc- Grâee.
' Le mercredi 17 juin tOoo.Chanldou prévenait
binaire du roi pour In malhématiqac*. Il ««ait été XIV «< ,
A IM'KNDIŒ