DIRECTEUR DE L'ACADÉMIE DE ROME, A COLBERT
Rome ,3 avril 1669.
M. Girardon, ayant l'bonoeur d'estre auprès de voua, informera Vostre Excellence de toutes les particularités de l'académie, tant de l'cstude et conduite des pensionnaires du roy que de tous les ouvrages que j'ay fait faire par vos ordres pour le service de Sa Majesté, le séjour de plus de deux mois qu'il a fait à l'académie luy en ayant donné une parfaite connoissance, lequel temps il a employé aussy utilement à voir les belles cltoses et les babiles du pays, et principalement M. le cavalier Bernin, duquel il pourra dire à Vostre Excellence les senti mens. Je crois qu'il aura beaucoup proGté en son voyage, ayant vu et examiné les belles choses avec plaisir et étonnement; ces grands et magnifiques restes de l'antique Rome luy auront assurément inspiré de hautes pensées, le voyant dans la passion, si Vostre Excellence luy commande de mettre la main à l'œuvre et s'efforcer d'en produire quelqu'une. Je luy ay conseillé de remarquer dans ces fragmens antiques que le tout et les parties sont grandes et simples, et que ces beaux esprits ont fuy la confusion des choses petites et tristes, tant dans leurs ouvrages d'architecture que de sculpture, ce qui leur donne la grandeur, netteté et harmonie, avec la résistance aux injures des temps, et qui diminue beaucoup de la dépense, ces grands génies n'ayant mis les ornemens que dans les lieux propres a les recevoir, ne s'estaot servis de cette délicatesse que pour faire paroistre leurs ouvrages plus grands et magnifiques.
Je crois que mondit sieur Girardon quitte Rome avec douleur de se détacher sitost de ces belles choses; mais l'ordre qu'il a reçu de la part de Vostre Excellence luy a fait prendre en mesme temps résolution d'obéir. Je le vois partir avec déplaisir, principalement dans Testât où je suis, ayant crainte de ne pouvoir pas bien m'acquitter de la charge dont Vostre Excellence m'a honoré, la guérisoo de ces sortes de maladies dont j'ay esté atteint estant très-longue et quelquefois incurable. Je soumets le tout a la volonté du Très-Puissant , persistant dans le sèle d'obéir aux ordres de
(Depping, Csnwpofufe*** admimitrati** *>um Louù XIV, IV, 566.)
d'Arras qu'il défendit contre les Espagnols. Lieutenant général de l'Artois de 1661 à tGGb, put* du Borri. Maréchal de France en juin 1668. Mort en mars 1671.
' Paul-Philippe do Chaumonl , lecteur du roi et garde «les livre» de son cabinet, rvçu à l'académie française en itj&a, éte<|ii<; de Dax de 1671 à 1G8V Morl le oh mars iG(j7-
' Cette lettre est accompagnée d'un mémoire sur l'université de Reims, où se trouvaient les quatre facultés: théologie, droit, médecine, arts. — Le mémoire donne en outre qnelques détails sur IHerre Rainssant et sur le nombre cl le traitement des professeurs de l'université de Paris.
'VoirpagesSi, pièce n' 37.
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