AVEC DES OBSERVATIONS DE COLBERT
(Vers 1670.]
Faire les expériences du vide, parla machine et autrement, et déterminer la pesanteur de l'air. Examiner la force de la poudre à canon en renfermant en petite quantité dans une boistc de fer ou de cuivre fort épaisse.
Esaminer de mesme façon la force de l'eau raréfiée par le feu.
Examiner la force et la vitesse du vent, et l'usage qu'on eu tire à la navigation et aux machines. Examiner la force de la percussion ou la communication du mouvement dans la rencontre des corps , dont je crois avoir trouvé les véritables règles*.
' On lit dans une antre note relative au mémo monument :
« Comme M. Colbert affceuVmnoit extraordinairement l'ouvrage de l'arc de triomphe, il voulut qu'on n'omist rien de ce qui pouvoit luy donner de la beauté et de la «olidilé. Pour cet effet, les fondatkna en ayant esté creusées jusqu'à vingt -quatre pieds de profondeur, où le fonds se trouve ans» y bon que l'on pouvoit le souhaiter, elle* furent remplie» de grand* quartiers de pierre, la plupart d'une a la voye, taillée» toutes par leur» lit», leurs joint» et leurs paremeD», et po»oo» en liaùwn avec le meilleur mortier que fou pu»!
faire. H. Colbert en posa la première pierre et mit dessous une médaille d'or et cinq ou six d argent ayant la teste du Roy d un eoste, et de l'autre la représentation de l'are de lriiim|>lir , avec ces parole» autour : I\mr Ut com»fnaUrt de l Uwtrt tt d» Franck?- Comte. Jamais fondation» n'ont esté (ailes si solides... Toutes les pierres des 'inatre piles, depuis le res-de-eheussée jusqu'aux bases de» colonnes , sont de huit ou dix pied» de longueur, ponée» l'une sur l'autre et l'une contre
' Kn marge de chacun de ce» cinq aliuèa». Colbert a écrit de sa mai» : « Bou. «>
524 APPENDICE
Pour Vm$embVe de phyiu/u,.
U principale occupation de relie assemblée cl la pins utile doit eslre, à mon avis, de travailler à l'histoire naturelle, à peu près suivant le dessein de Verulam1. Cette histoire consiste en expéet en remarques, et est l'unique moyen pour parvenir a la coiinoissnnce des causes de b
Comme pour sçavoir ce que c'est que la pesanteur, le chaud, le froid, l'attraction do l'aimant, la lumière, les couleurs, de quelles parties est compose! l'air, l'eau , le feu et tous les autres coq», à quoy sert la respiration aux animaux , de quelle façon croissent les métaux , les pierres et le* herbes; de toutes lesquelles choses l'on ne sçait encore rien ou très-peu, n'y ayant pourtant rifn au monde dont la connoissance seroit tant a souhaiter ni plus utile.
L'on ilevroit, suivant les diverses matières dont je viens d'en nomn»er quelques-une», distinguer les chapitres de cette histoire, et y amasser toutes les remarques et expériences qui regardent chacune en particulier \ et ne se pas tant mettre en peine d'y rapporter des expériences rares et difficiles à faire, que celles qui paraissent essentielles pour 1a découverte de ce que l'on cherche,
L'utilité d'une telle histoire faite avec Gdélilé s'estend a tout le genre humain et dans tout ta siècles a venir, parce que, outre le profit qu'on peut tirer des expériences particulières pour diver» usages, l'assemblage de toutes est toujours un fondement assuré pour bastir dessus une philosophie naturelle, dans laquelle il faut nécessairement procéder de la connoissance des effets à celle des causes.
La chimie et la dissection des animaux sont assurément nécessaires à ce dessein ; mais il faudrait que les opérai ions de l'une et de l'autre tendissent toujours a augmenter celte histoire de quelque article important et qui regardas! la dérouverte de quelque rJiose qu'on se propose*, sans perdre du temps à plusieurs menues remarques de quelques circonstances dont la connoissance ne peut avoir de la suite, pour ne pas encourir le reproche que faisoit Séoèquc aux philosophes anciens : /tttwMusmf foritUm nectuaria niii et tuftrrflua i[utf*ivitêenl.
Il faudrait commencer par les matières que l'on trouvera les plus belles et utiles , dont on en pourra distribuer plusieurs a la fois, à autant de |tersonnes de ceux qui composent l'assemblée , qui toutes les semaines y feront le rapport et lecture de re qu'ils auront recueilly, cl ce sera aiusy un» occupation réglée, dont le fruit sera indubitablement très-grand
(Cabinet de M. Bo.Ur.ui M