‹ Lettres, instructions et mémoires de Colbert (volume 2)Chapitre 378 sur 470 · DE LA PORTE SAUT-ANTOINE · texte numérisé non relu

DE LA PORTE SAUT-ANTOINE

Quand M. Colbert entra dans la surintendance des bastimens, il ne se proposa pas seulement de continuer le bostiment du Louvre et de mettre toutes les autres maisons royales au meilleur estât qu'il seroit possible. Comme il avoit une passion démesurée pour la gloire de son meislre, il fit aussy dessein de luy faire élever tous les monumens qu'il croirait les plus convenables et les plus

' François-Eudes de Méxeray, né on 1610. Il publia île 16 13 à 1661 une histoire de France, en 1 668 , un abrégé chronologique , ensuite une histoire de la Msltôtc avec des réflexions qui parurent inconvenantes sous la plume d'un historiographe ofliricl. Sur les plaintes de Colbert, 00 lui retrancha une pitrtie de sa (tension. Il fit alors a son livre plusieurs corrections , mais elles ne s*

lufirent ni le public ni le ministre, qui supprima le restant do sa (tension. Méseray fut reçu à l'académie français»' en t G4rj. Mort le m juillet 1 683. — On trouvera plus loin, pièce XIAII , une autre lettre de Mczcray à Colbert pour le solliciter de nouveau au sujet de si pension,

' La première pierre de ce nioiiuutciil fut pwcv le ti aoiil 1G70.

propres pour conserver et transmettre à U postérité la mémoire de ses grandes actions. Dans celle vue, il commença de» le mois de janvier de l'année 1 663 (un an entier avant qu'il ne fust pourvu de la charge de surintendant des bastimens du roy) à former chex luy une assemblée de gens de lettres afin de les consulter sur tout ce qu'il uuroit à faire pour donner de l'esprit, de io majesté et de la grandeur à tous les ouvrages qui s'entreprend raient , soit aux dessins de peinture et de sculpture dont il faudrait orner les édifices, soit pour foire des médailles et des devises pour l'histoire du Roy, soit enfin pour bien diriger les divers monumens que les différentes actions de Sa Majesté donneraient occasion d'imaginer pendant le cours glorieux de sa vie. Cette académie continue encore depuis plus de trente ans qu'il y a qu'elle est «établie.

Les conquestes que le Roy fit en Flandre pendant les années 1666 et 1667 cl celle qu'il fit de ta Franche-Comté dans le m es tue temps firent penser M. Fulbert a construire un arc de triomphe, comme le monument le plus convenable de tous pour célébrer des actions semblables. H en fil faire des dessins à M. Le Yau, premier architecte du roy, à M. Le Brun, son premier peintre, et à M. Perrault, de l'académie royale des sciences, dont le dessin fut préféré n ceux des deux autres et A plusieurs encore que divers architectes firent d'eux -mesmes , sans en estre sollicités.

On choisit l'extrémité du faubourg Saint-Antoine pour placer Tare de triomphe, comme estant un des plus beaux endroits par où l'on aborde Paris el le plus propre pour la cérémonie d'un triomphe. Ce fut aussy par là que le Roy el la Reync firent leur entrée triomphante en l'année 1 661, après leur mariage et la conclusion de la paix générale. Le Cours de Vincennes qui luy sert d'avenue y ajoute encore un grand ornement, joint à cela que le chasleau qui est à l'autre extrémité de celle avenue est très-propre pour recevoir et loger le triomphateur jusqu'au jour de son entrée et pour y disposer tontes choses pour le jour de la cérémonie

(Bibl. du Louvre, Mm. Aoto* tt dtêrin* d* Claudë Ptrrault, recueilli» et annotés par Charles Perrault)

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