‹ Lettres, instructions et mémoires de Colbert (volume 2)Chapitre 386 sur 470 · XLIV. — l/ABBE PICARD5 A COLBERT · texte numérisé non relu

XLIV. — l/ABBE PICARD5 A COLBERT

Copenhague, 17 décembre 1671.

Après l'indisposition qui m'avoit obligé de quitter Uranienbourg , je n'ay pas esté sitost en estai de continuer mes observations que j'ay fait apporter icy tous mes inslrumens, qui présentement sont placés dans la tour astronomique ou observatoire de cette ville. M. do Pomponne, qui a pria U peine d'y monter, aura la bonté de faire récit de toutes choses à Vostre Grandeur bien mieux que je ne le pourrais écrire. Dans l'entretien que j'ay eu l'honneur d'avoir avec Son Excellence, die * esté fort surprise d'apprendre que la ligne méridienne soit variable et que depuis le temps de

• Six ana plu» lard , Puget ne s'était pas encore corrigé de ce défaut, car le 3i mare 1676, Arnonl écrirait à Colbrrt :

« M. Ptiget est niumrémciit très-bribile ; il s uu génie extraordinaire |wur le dessin; il est trèsrapable de bien servir le roy aux orne mena des vaisseaux, et il en • fait qui ont très-bonne grâce. Mais il j n tiue gronde ineonimodilé eu luy quand il travaille , c'eut qu'il ne veut point s'assujettir aux commodité* et aux uéecasilés do navire. Quand il a (ait une fois le dossin , il n'y a pa» moyen de gagner aur luy qu'il y change quoy que ce «oit... »

A partir de 1679, Pnget ne fit plus partie de l'arsenal de Toulon, où .1 était entretenu comme

1681, l'intendant de marine de ce port prévint Colbcrt qnc « Puget souhaiterait aaœz de revenir dans le service comme il y estoit ey-devaaL - La 38 mars de la même ann^e . il lui aunooeait que Puget voulait retourner travailler à Géws, •l d ajoutait :

• C est prt**entru)4*iit un bonune rare, et je crois qu'il seroit avantageux delà retenir ieyatec de bons appuintemens et les luy (aire gagner eu luy faisant faire des ouvrages pour le roy...? (VoirSciei.ee.. LtUr**. etc. pièces n" 59,67 e! notes.)

" Voir III, Mrrme. introduction. ebap. 11. p.txvu, 6' paragraphe.

' Voir Sntmm. Lrtlrw. elr pièces n " 6.,, 7».

Tycho-Brahé elle se trouve changée de plu» d'un lier» dn degré, ce qui donnera iieu à beaucoup de conséquence. C'est véritablement une découverte fort considérable , que je n'ay pas avancée sans en estre bien assuré, principalement en ce qui concerne mon fait , n'estant pas d'ailleurs invraisemblable que Tyc.ho - Brabé se soit trompé de tout. Mais pour osier à In postérité tout lieu de douter de mon observation . je retourneray à Uranienbourg avec une partie des instrument, avec dessein d'y confirmer cette vérité à l'occasion do solstice d'hyver que j'ay cm devoir y aller observer.

Nous n avons encore pu, M. Cassini et raoy, nous satisfaire touchant la différence de longitude outre Paris et Uranienbourg, n'estant point encore arrivé que le ciel se soit trouvé favorable a tous deux en mestne temps. Et parce que je sera) obligé d'achever mes observations à Copenhague, pour oster tout lieu de scrupule là-dessus, je donneray ordre icy pour un feu qui sera fait sur le baul de la tour et que je verray d'Oranienbourg. Ce feu me sera cache à certains momens d'une horloge que je laisse exprès, et par ce moyen je poiirtay vérifier la différence de longitude qu'il y a entre ces deux lieux, bien que je la srachc desja par plusieurs autres moyens qui ne sont pas de si grand appareil, mais qui ne sont pas moins certain». Enfin je n'ometteray rien de ce qui pourra en quelque façon «orrespondre au télé qoe Vostre Grandeur a pour l'accroissement des sciences.

(Bibl. Imp. Ms*. Métmga Clmntmbaull , vol. ifio.fol. a84.)

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