A M. PONCET
INTENDANT A METZ
Versailles, 19 mare 1673.
Je n'ay reçu aucune lettre de vous par les deux derniers ordinaires; j'en attends avec impatience, le Roy me demandant, toutes les semaines, sans y manquer, les nouvelles que je reçois des travaux de ses places d'Al-
* Aujourd'hui Seurre, arrondissement de Reeuoe (Cote-d'Or).
' Voir au Dëpoldes fortilîniliuiis,Mss.so5 , 1673, fol. 7! , un mt'moire contenant le* rt-
solutiona prises par le Roi sur les travaui à faire aux places d'Auxonne, Saint-Jean-de-Losoe , Kellegarde, Verdun etChalon.
1 Voir pièce n* 63.
suce. C'est ù vous à prendre garde de ne jamais manquer à m'en rendre compte par tous les ordinaires, et vous devez donner toute vostre application pour les avancer. Je vous ay desjà fait sçavoir que Sa Majesté avoit fait fond» de 900,000 livres pour Pbilipsbourg, 9 5 0,000 pour Brisach et 30,000 pour les places de Belfort, Landser 1 , Huningue et rasement de Thann, qui font en tout A7 0,000 livres, dont je vous ay desjà fait remettre 100,000, et le surplus montant à 870,000 vous sera remis ponctuellement, sçavoir : comptant 3o,ooo ; ès mois d'avril , may, juin, juillet, aoust, septembre, à raison de 5o,ooo par mois, 3oo,ooo, et 4o,ooo en octobre. Vous voyez bien qu'avec des sommes aussy considérables, vous pouvez bien, avancer les travaux et faire en sorte que Sa Majesté soit satisfaite.
A l'égard des travaux, Sa Majesté veut que vous vous conformiez entièrement à ce qu'elle a résolu au retour, après avoir entendu M. le Prince, et qui est contenu au mémoire que je vous ay envoyé, et que vous fassiez les travaux dans l'ordre prescrit par ledit mémoire, sans vous en départir, pour quelque cause que ce soit et quelque raison que l'on vous puisse alléguer au contraire sans un ordre exprès de Sa Majesté; mais elle veut, en mesme temps, que vous commenciez promplementà entamer tous les travaux que vous estimerez pouvoir faire cette année pour les sommes qu'elle a destiné d'y employer, sans préjudicier à la seureté des places, c'est-à-dire sans les ouvrir, et que vous rendiez compte, dans toutes vos lettres, des ouvrages que vous aurez commencés et de Testât auquel ils seront. Sa Majesté s'attend au surplus que vous employiez toute vostre industrie pour bien raesnager ses finances et pour mettre en pratique tous les moyens possibles pour diminuer le prix des travaux, et pour en faire faire à corvées le plus qu'il se pourra.
(Dépôt de» fortification». Mm. *>5, 1678, foL 93.}