A M. ROUILLÉ
INTENDANT A AMIKN8.
Vmailla, ignare 1673.
Le Roy a vu le plan et le mémoire que vous m'avez envoyés concernant la ville et ebasteau de Hain; et comme Sa Majesté n'a point résolu de raser cette place, et qu'elle ne veut point faire une aussy grande dépense, elle
' Uiel lie., de canton .tans ïarronuWmci.t de Mulhoime (HauURhi.i).
veut que vous fassiez examiner avec soin les ouvrages les plus importons et nécessaires qui sont à faire pour la mettre hors d'insulte, et que vous y fassiez employer jusqu'à 6,000 livres. Si, lorsque cette somme sera employée , l'ingénieur qui l'aura visitée estime qu'il y ayt encore quelques autres travaux nécessaires à faire pour la mettre hors de surprise, en en donnant avis à Sa Majesté, elle y pourvoira.
A l'égard de Saint-Quentin, je vous ay fait sçavoir amplement, par ma lettre du 1 5 de ce mois , les intentions du Roy sur le sujet de cette place ; et comme c'est assurément la plus importante de l'Estat, il faut vous appliquer avec plus de soin à en avancer les travaux. Vous avez sçu, par la mesme lettre, les fonds que le Roy destine; et comme ils sont considérables, outre les corvées, il y a lieu d'espérer qu'avec vostre application et vostre industrie les travaux de cette place s'avanceront considérablement dans le cours de l'esté prochain. Mais il est nécessaire que vous fassiez entamer en mesme temps tous les travaux que vous jugerez pouvoir achever en ce temps-là ; et pour cet effet , que vous en fassiez les marchés aux meilleures et plus avantageuses conditions qu'il se pourra pour le Roy, et que vous m'en envoyiez le mémoire exact pour en rendre compte à Sa Majesté. Ensuite, tous les quinze jours, vous devez me faire sçavoir en détail Testât auquel ils seront pour en informer Sa Majesté l.
A l'égard des corvées, il faut que vous y fassiez venir tous les paysans qui peuvent s'y rendre en une journée, sans considérer de quel gouvernement, élection ou généralité ils peuvent eslre.
J'ay envoyé au sieur Ferry le plan et le mémoire de Guise qui m'avoient esté envoyés par M. de Vauban, afin qu'il puisse lever le plan des lieux souterrains du chasteau de celte place pour l'envoyer audit sieur de Vauban. Ce pendant il faut commencer à restablir les dehors du chasteau , les portes, les contrescarpes, et généralement tout ce qui peut le mettre
» Dans sa lettre du 1 A mai suivant , Colbert «joutait :
«Je suis fort ayse d'apprendre que le Roy ayt esté satisfait du compte que vous luy avec rendu des travaux de Saint-Quentin ; mais il faut apporter encore plus de de diligence, s'il est possible, à les faire avancer, n'y ayant rien de plus important en ce genre que de mettre celle place en bon estai. En vous écrivant eelle-cy, je reçois vostre lettre datée d'Arras, du 10 du courant, par laquelle j'apprends les résolutions que le Roy a prises pour la fortification de Saint-Quentin, Péronne et Guise, à
l'exécution desquelles je ne doute point que vous ne vous appliquiez comme il est nécessaire pour le bien du service de Sa Majesté. Attendes néanmoins a l'égard de Péronne que le Roy ayt examiné le devis des ouvrages à faire è cette place que vous me marques devoir eslre dressé par le sieur de Vaubao, et que Sa Majesté vous ayt donné ses ordres sur la dépense et les ouvrages qu'elle voudra y eslre faits dans le courant de celle année ; et ensuite ne perdes pas un moment de temps à faire diligente r le travail... » {Dipôtdafortif. 1 678 , fol. 1 36. ) — Voir pièce n* 58.
en meilleure défense qu'il n'est, en suivant le mémoire du sieur de Vauban. Sa Majesté veut que vous employiez jusqu'à 1 5,ooo livres à ces ouvrages, et lorsque cette somme sera consommée, s'il est besoin d'un plus grand fonds, elle y pourvoira.
A l'égard de La Capelle, je vous ay desjà fait sçavoir que Sa Majesté veut y employer 8,000 livres, et au Catelct 3o,ooo.
Je vous ay expliqué les intentions de Sa Majesté sur le rarement de Corbie, en sorte qu'il est inutile de vous le répéter.
Pour les places de Péronne et Doullens, en cas que l'ingénieur d'Arras n'y puisse venir, vous pourrez les faire visiter parle sieur Ferry, ou par le sieur Buisson1, d'autant plus facilement qu'il n'y a que des réparations à faire.
(Dépôt datforUGcalioD*. Mm. 905, t673, fol. fl4.)