LVI. — SAINT-RÉ AL2 A COLBERT
Pan». aft septembre 1673
Il y a dcsjà quelque temps que la conversation estant tombée, au petit coucher, snr les ouvrages de littérature et en particulier sur Ami Carlo», un homote de la première qualité, qui me tait l'honneur de m'aimer, prit occasion, sur les louanges qu'on donna à cette histoire, de' dire du bien de l'auteur. Le Roy luy demanda si je ne faisois rien de nouveau. Cel homme répondit qu'il ne sravoit rien d'assuré, mais que je luy avois parlé d'une Conjuration de» Etpa^nnU contre la république de Venùm* que j'avois quelque dessein d'écrire. Sa Majesté ayant demandé ce que c'estoil, il luy dit qu'en l'année 1618, un ambassadeur ordinaire d'Espagne, demeurant a Venise depuis dix ans, avoit entrepris de détruire cette république de foud eu comble, et v aurait infailliblement réussy, sans le plus prodigieux hasard du inonde qui le fit découvrir vingt-quatre heures avant l'exécution. Sa Majesté, après quelques discours sur ce sujet, dit qu'elle seroil bien ayse que je fisse cel ouvrage et chargea cet homme de me le faire sravoir. J'ay donc assemblé mes matériaux , j'ay aligné et dressé mon plan et mesme commencé d'écrire, c'est-à-dire que tout le plus difficile est fait Tout cela. Monseigneur, dans l'espérance que ce travail pourra vous exciter, dans la conjoncture présente des gratifications, à restablir celle de fmo écus dont vous m'a* et honoré pendant sept ou huit ans*.
1 frbnt , peUint ou petaint .qu'on écri vait encore phn», pUht» ou pUitu. — On nommait ainsi les fasses 011 l'on faisait tremper te» niir» d.int» l'esn de rliatu |ioor en faire tomber In poil.
• Césir Virhard. abbé de Saiiil-ltéal, né » tbauibér* «1 if.,1,,. tint f..H jenneà Paris, ou ,1
poblia qnelques onvraftes qui lai acqnirenl bien- Ut 1I0 la réputation. Il t'attacha à la duclie**' Mauriu, quil suivit en Anfftaerr*. Mon eu ifif)i.
Cel ouvrage fol publié en 167 A 1 Voici nue sntir Mire écrilr précédemment
APPENDICE
Il me wroit aysé, Monseigneur, du vous accabler de sollicitations en ma faveur, ayant l'avantage d'cslre connu île tout ce qu'il y a de plus illustre en naissance et en mérite a ce jour; niais si tous me voulez faire du bien , je n'en veiu avoir l'obligation qu'à vous.
(Bibl. Imp. Mes. Mlangt* Claintmbanit , vol. 468, fol. toi.)
LVll. — ORDONNANCE