‹ Lettres, instructions et mémoires de Colbert (volume 2)Chapitre 400 sur 470 · POUR L'ÉTABLISSEMENT D'UNE MANUFACTURE DE PORCELAINE · texte numérisé non relu

POUR L'ÉTABLISSEMENT D'UNE MANUFACTURE DE PORCELAINE

Versailles, 3t octobre 1673.

Louis, etc.. Noslrc bien-aimé Louis Poteral ' nous a très-bumblement fait remontrer que , par des voyages dans les pays est rangers et par des applications continuelles , il a trouvé le secret de faire la véritable porcelaine de la Cbinc et celuy de la fayence de Hollande. Mais luy estant impossible de faire travailer à ladite porcelaine que conjointement avec la fayence de Hollande , parce que la porcelaine ne peut cuire qu'elle ne soit entièrement couverte, pour ne pas recevoir la violence du feu qui doit estre modérée pour son action, il luy est nécessaire d'avoir nostre permission de travailler et faire travaillera l'une et à l'autre, et , à cet effet, de faire construire de grands fourneaux, moulins et ateliers en des lieux propres pour de tels ouvrages; et ceux qui luy paraissent plus commodes sont dans un des faubourgs delà ville de Rouen, appelé Saint-Sever, où l'on peut eslabiirune manufacture desdits ouvrages, pour y faire toutes sortes de vaisselles, pot* et vases de porcelaine semblable à celle de la Chine et de fayence violette, peinte de blanc et de bleu, et d'autres couleurs à la forme de celle de Hollande, pour le temps qu'il nous plaira, pendant lequel il pourra vendre et débiter leadites porcelaines et fayences susdites, sans y estre troublé. Et à cet effet, il nous a fait très-bumblement supplier de luy accorder les lettres à ce nécessaires.

A ces causes, désirant favorablement traiter ledit exposant pour l'obliger a travailler de mieux en mieux à la perfection desdita ouvrages, nous luy permettons d'eslablir au faubourg de Saint- Sever et en tous lieux de nostre royaume qu'il verra bon estre, une manufacture de toutes sortes de vaisselles, pots et vases de porcelaine semblable à celle de la Chine et de fayence violette, peinte de blanc et de bleu, et d'antres couleurs à la forme de celle de Hollande, faire travailler par tel nombre de personnes qu'il jugera convenable, et à cet effet faire construire des fourneaux, moulins, et ateliers propres pour lesdites porcelaines et fayence» susdites, que ledit exposant et ceux ' qui auront droit de luy pourront vendre et débiter partout nostre royaume, terre» et seigneuries de nostre obéissance , pendant le temps de trente années durant lesquelles nous faisons défenses à toutes personnes de le troubler en l'eslablissement et manufacture desdils ouvrages et vente d'iceux, à peine de 1,000 livres d'amende, tous dépens, dommages et intérests, nonobstant les défenses portées par nos lettres accordées à Nicolas de Poirel». sieur de Crandval, le 3 avp-

par Saint-Réal à Colbcrt, pour obtenir de lui une gratification.

« Il y a environ huit ans que je commença)' à travailler sur vos manuscrits avec M. Varillas. Puis , ce travail Ony, j'ay cherché avec ardeur, quoyqtic inutilement, quelque occasion de continuer à vous rendre mon très-humble service. La dernière annéa que je toucbny la gratification , j'eus l'honneur de vous présenior huit mois après un traité de l'usage de l'histoire quo j'avois donné nu publie.

«Je suis un pauvre gentilhomme savoyard qui n'ay presque subsisté jnsqu'ù présent à Paris que par les libéralités du roy ; c'est une chose connue de tout ceux qui me r<mnoi***nt. et c'est re qui me donne la hardmse de vous supplier tr*#-

hiimblemeiit. Monseigneur, de vous souvenir de mny dans l'olat des gratifiés de cette aimée. « (Arth. de lF.mp. Khi vol. G01, fol. i33.)

D'après l'état des gratifications que nou» avons donné précédemment , pièce X, on voit que Siint- Réal reçut annuellement , de i665 à 1667. 1,900 livres, et de 1668 à 1671 , 1,000 livres.

1 lamis Poterai , écuyer, sieur de Saint-Etienne.

1 Nicolas Poirel, sieur de Tirandval, s'était établi a Rouen ver» i644.

Le 19 mai i644, Claude Révirend, marchand en gros, bourgeois de Paris, obtint un semblable privilège. Il prétendait faire de bi (aienec et de la |iorcelainc au*si belle et même plus belle que celle des ludcs orientale*.

l«mbre if>6<» , auxquelles nous avons dérogé ol dérogeons et voulons lie point nuire audit exposant pour l'exécution des présentes, etc.

( Histoire de la porcelaine , par MM. Jacquemart cl Lo Riant , p. 46o.)

Page 1