‹ Lettres, instructions et mémoires de Colbert (volume 2)Chapitre 404 sur 470 · POUR L'ACADÉMIE ROYALE DE SPECTACLES · texte numérisé non relu

POUR L'ACADÉMIE ROYALE DE SPECTACLES

Versailles, aoust K»7V

Loris, etc.. Les spectacles publics ayant toujours fait les divertissemens les plus ordinaires des peuples et pouvant servir à leur félicité aussy bien que le repos et l'abondance , nous ne nous contenions pas de veiller à la tranquillité de nos sujets par nos travaux et nos soins continuels, nous voulous bien y contribuer encore par des divertissemens publics. C'est pourquoy nous avons agréé la Irès-hiunble supplication qui nous a esté faite par noslre clwr et bien-atné Henri Guichard', intendant des bastimens et jardins de noslre très- cher et très-amé frère unique, le duc d'Orléans, de luy permettre de faire construire des cirques et des amphithéâtres pour y faire des carrousels, des tournois, des courses, des joustes, des luttes, des combats d'animaux, des illuminations, des feux d'artifice et généralement tout ce qui peut imiler les anciens jeux des Grecs el des

A ces causes, estant informé de l'intelligence et grande connoisaance que le sieur Guichard s'est acquises dans la conduite de ces actions publiques, nous luy permettons d'establir en noslre bonne ville de Paris des cirques el des amphithéâtres pour y faire lesdites représentations , sous le titre de V Académie royaU île Êjieetaeh>* , pour en jouir par luy , ses hoirs et «ivans cause, avec |*>uvoir d'associer avec luy qui bon luy semblera jwiir l'esUiblisseuient de ladite académie. El pour le dédommager des grands frais qu'il luy conviendra faire, nous luy permettons de prendre telles sommes qu'il jugera à propos, et d'establir des gardes et autres gens nécessaires aux portes des heux où se feront lesdiles représentations. Faisant très-expresses inhibitions et défenses a toute* personnes de quelque qualité qu'elles soyent, niesme aux officiers de nostre maison, d'y entrer sans payer; comme aussy de faire faire lesdiles représentations el spectacles, on quelque manière que ce puisse estre, sans la permission par écrit dudit sieur Guichard, à peine de 10,000 livres d'amende et de confiscation des amphithéâtres, décorations et autres choses, dont un tiers sera applicable à nous, un tiers à l'hospiUl général et l'autre tiers au sieur Guichard; a la réserve néanmoins des illuminations et feux d'artifice, dont l'usage sera libre et permis comme auparavant nos présentes lettres, et à la charge qu'il ne sera chanté aucune pièce de musique auxdilcs représentations et que lesdits spectacles seront donnés gratis 4 noslre peuple de la ville

' On Irouve à la suite do <•«■» lettres patente*, (Uns le flegittrt de* tlt liUration* de f académie . la mention suivante :

• Ce lundy, 17 niai i075, la Compagnie convoquée cipre* et estant an nombre de vingt-trois , au nombre dvsqurls estuit M. Colbert, on a fait colrer MM. les députés de l'académie de Sois- ■Miim. et quand ils ont eu pri* séance, on a fait lecture des Mtrw* de leur fsbibli«srni«nl.

\j>rè* ri'Hc Irrtlliv. H. trtlérill , avocat du roy

à Soissons cl l'un des députés , a prononcé un discours auquel M. de Serrais a répondu. *

* Voir page 3«3. note 6. — Guichard, ayant voulu introduire de la musique dans ses spectacles , fut bientôt attaqué par l.ully. Le s-i mars 1676. Colbert écrivît au procureur général que ht Roi voulait que cette affaire fiit bientôt terminée. (r'onW* llarlay, vol. 1 7, ï 1 & , fol. ho.) Deux an* plu* lard , \e 1 h juin 167H, il lui défendit de, faire enregistrer le» lettres patente» accordées en f 67 'i .

552 APPENDICE

de Paris... fois l'année, révoquant et annulant par ces présentes toutes permission» et privilèges cy-dcvant donnes.

{ Areb. do l'Emp. lUgittr» du tcréutriat, 0 s 8 , M. 71. — Deppiog, Corn*?"**1'™' «dminUtrath. «nu La«, ,17F. IT, 595.).

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