‹ Lettres, instructions et mémoires de Colbert (volume 2)Chapitre 407 sur 470 · LXIV. — MOSNIER A COLBERT · texte numérisé non relu

LXIV. — MOSNIER A COLBERT

▲m infirmerie» de Marseille, s 8 juillet 1676. Je donne avis i Vostre Grandeur de mon arrivée d'Alexandrie en cette ville, avec une voiture d'animaux et oiseaux1, qui consiste en : *g poules sultanes, 1 4 poules de Pharaon , 19 poules de Constantinople, s gaselles,

s demoiselles de Numidie, 1 beyar(î),

6 bêcha roux *, oiseaux très-beaux.

J'aurais fait une voitare plus grande si j'avoia trouvé un vaisseau de passage qui eust esté plus spacieux, pour contenir plus grand nombre d'animaux , que ecluy sur lequel je suis venu, ayant esté contraint de laisser à Alexandrie six autruche» et quatre gaselles, n'estant venu que ce bastiment qui n'est qu'une barque , avec bien de la peine ayant pu loger ce que j'ay embarqué ; et , sans le grand soin que j'y ay apporté , tout aurait dépéry pour estre à découvert , ayant en le plu» mauvais temps pendant nostre passage qui a esté de cinquante jours. Quinze jours avant mon départ d'Alexandrie, il y est arrivé une barque ; j'ay prié le patron d'embarquer les animaux que j'y ay laissés , qui m'a promis de faire tout son possible pour me les amener. Je eroyoi» à mon arrivée trouver quelques animaux venant de Tunis, suivant l'ordre que j'en avois donné a un de mes amis qui est sur le lieu; mais il n'est venu aucun bastimentde ce pays-là, ayant esté tous arrestés à Marseille pour le service du roy , pour aller à Messine.

D'abord que je scray hors de quarantaine, je me dispose à partir pour voiturer le tout à Versailles et profiter de la belle saison afin de conserver ce que j'ay et particulièrement les béebaroux , qui n'ont rien de plus contraire que le froid, qui méritent d'estre conservés vu qu'ils sont très-

1 Voir Sàenetê, Leltrtt. etc. pièce n* 110.

• Htckaru ou flwir« <sl le vieux nom français du Flamant, le PMnicoptere de» anci.n*

APPENDICE

beaux. Il plaira à Vostre Grandeur de me faire donner de quoy faire la conduite desdils animaui ; et comme M. Arnoul est à Toulon , cela me seroil fort incommode d'y aller, ne pouvant quitter ma voiture. Vostre Grandeur aura , s'il luy plaint, la bonté d'en faire écrire a M. Brodart. et que je puisse faire faire le» cages et autres choses nécessaire* pour ce sujet dans l'arsenal du roy , comme j'avois accoustumé du temps de M. Arnoul.

(Bibl. Imp. Mm. MMaitgu Clatrambmli , vol. i6y, fot. 34 1 I

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