LXXX. — PATIN* A COLBKRT
Padone, 3o juin i683.
Les célèbres actions que vous avez (ailes pour la gloire de la France et le bonheur des François m'autorisent en quelque façon d'importuner aujourd'huy Vostre Grandeur et de luy demander une recommandation qui restabliroil ina fortune. Quoyque les magistrats qui gouvernent l'estude de Padoue paraissent satisfaits de mon service académique et qu'ils m'en ayent souvent donné des • marques, ils ne s'empressent pas de me pourvoir, sitost que je le désirerais, d'une des trois premières lectures de médecine, auxquelles tout homme d'honneur doit absolument aspirer. Un rayon de vostre autorité me béatifierait en ce monde, et si Vostre Grandeur me vouloit faire la grâce de
1 Des lettres patentes du mois d'août autorisèrent l'établissement de l'académie de Ninws. — Voir aussi pièce n* 1 46.
' Jean-Jacques Séguier de La Verrière , évéque de Nlraes de janvier 1671 A 1687.
* Conseiller au présidial de Nîmes et auteur de l'Histoire civile, rrclétiastitpe et litlnmirt de ht tfiUtdt Vi'inm.
' Chartes , fils de Gui Patin , né a Paris le s 3 février iG33. Envoyé en Hollande pour y rechercher le» exemplaires d'un pamphlet contre Madame, il Tut accusé d'en avoir gardé quelques-uns. Condamné aux galères, il se réfugia en Italie et se tua A Padoue, où, après avoir été professeur de médecine , il finit par obtenir une chaire de chirurgie. Mort le a octobre 169S.
marquer à l'excellent seigneur Foscarini ', ambassadeur de Venise, qu'elle aurait quelque satisfaction de me voir en l'une do ces trois chaires, ou qu'elle en fist écrire k M. l'ambassadeur Amelot *, Teflèt suivrait bientost sa recommandation , à ce que m'en disent tous les jours mes amis de ce pays-cy. J'ose voua en supplier. Monseigneur, pour ne manquer à rien de ce qoe je pourra} faire pour le restablissemenl de ma fortune, que je consacreray toujours a vos commandemens...
( Areb. de l'Emp. P*pim dm contrôle général Art finnnm. — Lettres diverses.) .