‹ Lettres, instructions et mémoires de Colbert (volume 2)Chapitre 6 sur 470 · A CHARLES COLBERT · texte numérisé non relu

A CHARLES COLBERT

ETENDANT D'ALSACE

De. . . 18 aoust >66a.

Je vous écrivis il y a quelque temps et vous envoyay une copie d'un billet de FEspargne de 8,000 livres assigné sur les revenus d'Alsace pour

1 On lit dans ï Aperçu kittorique ntr Je* fortification*, par le colonel Augoyat, I, 65 :

*En 1661, l'administration des fortifications fut partagée entre Colbert et Le Tellier. Le nouveau contrAleur (réitérai des finances, qui. en 1669, détint officiellement secrétaire d'État de la marine, et qui, en cette qualité, eut dans son département les ports et les fortification» maritimes, y joignit les routes, les ponts, les canaux et toutes les places fortes de l'ancien domaine du roi, c'est-à-dire les places de Picardie, de Champagne, des Trois-Evéches (Meti, Toul et Verdun), de Bourgogne, de Dauphin**, de Provence et de Languedoc, des Pyrénées cl îles cotes de l'Océan. Le Tellier ordonnait les travaux de fortification qui s'exécutaient dans la Flandre, l'Artois, le Hainaut, l'Alsace, sur la rive droite du Rhin, en Italie et dans le Roussillon. En 1 66a , il associa à l'exercice de sa charge son fils, le marquis de Louvois, qui en avait la survivance, et qui,

* Il faot préciser. On ne vent parler ici que des fortifications d'une place maritime du roté de la (erre. Quant aux ouvrages exclusivement marins, quant aux travaux à la mer, ils dépendaient nécessairement dn secrétaire d'Étal de la marine. Ainsi , A Dunkerque , par exemple , les travaux et les défaites du port ni de Colbert; mais fcs travaux et les iléfrnues de la place dépendaient de Uuvois. v. 1

par brevet du 9 4 février, fut autorisé A tout signer, quoiqu'il n'eût pas l'âge voulu, qui était trente-cinq ans.»

Voici, d'un autre coté, les explications fournies à ce sujet par M. Roussel :

« Les grands travaux de fortification n'étaient ni confiés à des ingénieurs d'un même ordre, ni soumis a la même direction générale. Chacun des quatre secrétaires d'Etat ayant l'administration d'un quart des provinces, avait soin des places qui étaient situées dan < les provinces comprises dans son département. Un p«r1;i;;<intelligent, puisqu'il y avait obligation de partage, aurait dû attribuer au secrétaire de la marine toutes les provinces maritimes, au secrétaire de la guerre toutes les places frontières. Il n'en était pas ainsi; la Bretagne et la Provence, par exemple, appartenaient au département des Etrangers , la Guyenne au département des affaires religieuses. Exclu < partie si importante du littoral ». (

les appointemens de M. le marcjuis de Montausier \ de lieutenant général en cette province , afin que vous prissiez la peine d'en procurer le payement, dont vous pourriez appliquer le fonds (que je feray rendre icy audit marquis aussytost que vous me manderez que vous l'aurez touché) aux démolitions des fortifications de Nancy. C'est ce qui me donne matière de vous faire encore cette recharge pour vous prier d'y tenir la main, nonseulement parce que vous nous délivrerez de la peine où nous sommes de vous faire tenir de l'argent, mais à cause que je serois hien aysc de rendre quelque service à un homme de son rang et de sa considération, de sorte que je luy feray délivrer lesdites 8,000 livres immédiatement après que vous me ferez sçavoir que vous les aurez en vos mains. Pour les 9,000 livres qui resteront de l'ordonnance de 10,000, vous pourrez les tirer sur le trésorier de l'extraordinaire, ou l'on taschera de vous les remettre, si vous n'en trouvez point d'occasion.

Il sera absolument nécessaire que vous fassiez un tour en Alsace, lorsque le duc Mazarin* y arrivera; et quant à la négociation de M. le comte Guillaume de Furstemherg5 touchant l'évesché de Strasbourg et ce que vous estimerez estre à faire pour empescher que les chapitres de Murbach et de Ludres n'élisent un coadjutcur, je vous réplique encore qu'il faut que vous en écriviez à M. de Lionne, qui est chargé de ces sortes d'à (Ta ires 4.

Je vous conjure de vous souvenir de ces petits arméniens, comme pièces

sur les frontières du Nord, la Picardie, la Champagne, les Trois- Evéchés; il ne restait guère à Loti vois que l'Artois, le Roussi lion et le Dauphiné. L'unité des travaux était-elle possible î Ici, des ingénieurs de la marine; la, des ingénieurs civils; A peine ça et la quelques ingénieurs militaires. La guerre de 1 667 servit d'abord à réformer ce désordre ; le lot de Lou vois s'accrut de la Flandre ; pendant la guerre de Hollande, un échange lui donna la Lorraine avec l'Alsace , et la conquête la Franche- Comté . . . » ( Hutoire dt Lourois , I , a 4 1 .)

On lit enfin dans la Corretpondanee de Bussy- Rabutin, V, 39 :

«En décembre 1679, on j°ign>1 a" déparlement de la guerre, en faveur de Louvois, MeU, Toul et Verdun et les places fortes de ces trois évéchés, et on redonna au département des Etrangers le Dauphiné et le Lyonnois. »

1 Charles de Sainte-Maure, duc de fiontausier, né le 6 octobre tu9o, servit dès 1 S3o.

Mettre de camp en 1637, il commanda en Alsace de i638 A octobre iG4q, époque à laquelle il fut créé lieutenant général de cette province. Maréchal de camp en 1 643, gouverneur et lieutenant général de Saintonge et d'Anjou mois le ao mars i645. Commandant de Normandie en 1661, gouverneur de Dieppe en i663. Louis XIV lui confia l'éducation du Dauphin le ai septembre 1668. En 1673. il se démit du gouvernement de Saintonge, en i685 do celui de Dieppe, et en 1686 de celui d'Alsace. Mort le 17 mai 1690.

1 Voir II, Finanecê, page 937, note.

1 Cuillaume Egon, prince de Furstemberg, né en 1629. Créé cardinal en 168G , il mourut i Paris, à l'abbaye deSaint-Germain-des-Prés, dont il était abbé, le 10 avril 170a, à l'Age de soixante et quinze ans.

4 Le la décembre suivant, Colbert entretenait encore son frère de cette affaire :

« Je u3 doute point, lui écrivait-il, à présent

d'artillerie, ligures d'hommes et de chevaux, que je vous ay prié de faire faire par les maistres les plus industrieux d'Augsbourg et de Nuremberg 1 pour servir au divertissement de Mr le Dauphin'2, à quoy il me semble que Ion pourroit ajouter une petite attaque de place d'une jolie invention et qui fust bien exérulée, dont M. de Louvat\ qui se rendra bientost à Pltilipsbourg, et mon cousin 1 pourroient prendre le soin.

(Arcli. de la Mur. Reeutil de oWset lettrt», fol. 64.)

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