A M. DE MOYENNEVILLE
INTENDANT DES FOHTIPICATIONS.
Paris, n décembre 167A.
Je vous écrivis samedy dernier qu'il falloit faire les amas de matériaux nécessaires pour un logement de caserne pour hoo hommes d'augmentation à la garnison d'Ardrcs; mais comme la saison ne permet pas de le faire de maçonnerie à présent, et qu'il ne seroit pas temps aussy de commencer ce travail au mois de mars, parce qu'il faut que la garnison soit augmentée au mois de février prochain pour empescher que les ennemis n'entreprennent sur cette place, Sa Majesté veut que ces casernes soyent faites promptement de bois, avec du mortier de terre et de fourrage, et couvertes de chaume, le plus léger que le tout se pourra faire, pour pouvoir servir jusqu'à la paix ou jusqu'à ce qu'on en puisse faire bastir d'autres.
Mais comme il vaudra beaucoup mieux en bastir de maçonnerie l'esté prochain, j'écris, cet ordinaire, au sieur Ferry qu'il faut qu'il choisisse le lieu où doivent estre basties lesdiles casernes de maçonnerie, et qu'il mette en un autre lieu celles qui doivent estre de bois, mortier, et couvertes de chaume, afin que la place de celles en maçonnerie ne soit point occupée par celles-cy. Pour cet effet, il faudra que vous achetiez les bois nécessaires et (pie vous fassiez faire incessamment lesdites casernes; et
s, si vous trouviez des maisons de bois de paysans taillées et propres pour faire transporter et planter dans In ville, vous les achèterez, estant absolument nécessaire que ces casernes soyent basties dans la fin de janvier ou au plus tard de février. C'est à «juoy je vous recommande particulièrement de vous occuper, n'y ayant rien maintenant de plus pressé; et aussytost que vous m'aurez fait sçavoir le fonds qu'il vous faudra pour cela, je vous Penverray
(Wpût dwfurtjlicalicn*, Mm. ao5, i67û,fol. 34*.)