A CHARLES COLBERT
INTEi\DA!ST D'ALSACE.
De.. . 90 avril i663.
J'ay reçu la copie des marchés que mon cousin a faits avec les maçons de Sedan pour le revestissement de Brisach et de Philipsbourg, lesquels le Roy a approuvés sans qu'il soit besoin de les ratifier par un arrest du conseil, cette précaution estant seulement nécessaire pour des baux et autres affaires de pareille nature.
Je ne sçaurois croire que le sieur de Valperguc a ayt perdu la pensée de revenir s sur ce que ses appointemens ne sont pas assez forts , puis-
1 La fosse de Mardick était à une lieue de llunkenjue , sur le bord de la mer. On distinguait le grand et U petit Mardick. Ce dernier était fortiBé, et un fort en bois protégeait la fou», c'est-à-dire le cbenal qui conduisait les «aisseaux à Dunkerque avant qu'on y eût construit des jetées.
* Ingénieur italien , sans doute celui dont
il a été question dans le premier volume, pièce n* ao4. — La Gazelle de Franc* dit qu'il avait été blessé au siège de Porto-Longone en 1 f»43. — Voir la note delà pièce n* 6.
* Le 8 septembre suivant. Cotberl avait encore les moines appréhensions et écrivait A son comin :
"Je ne vois pas que nous puissions Taire
(i FORTIFICATIONS.
qu'il n'est [tas encore paye d'une somme de 16,000 livres restant de In récompense que feu M8* le Cardinal luy avoit procurée du Roy. Mais s'il estoit dans cette résolution, dont nous serons au plus tost éclairais, je ne manqueray pas de parler au Roy de la capacité et de l'activité du sieur de Va u ban 1 et de luy rendre en ce cas tout l'ollice qui pourra dépendre de inov. Cependant comme le sieur de Valpergue a esté présent lorsque l'on a ouvert les fondations de Brisach et qu'on a commencé de travailler au reveslissement , que racsme il a tiré les alignemens des ouvrages à faire, je crois que l'on pourra les continuer en son absence, estant de conséquence de ne pas laisser éebapper le beau temps, ainsy que l'année dernière.
Quant à Philipsbourg, je suis persuadé que M. Louvat a suffisamment d'intelligence et de capacité pour conduire le travail sans qu'il soit besoin d'un autre ingénieur.
Je vous avoue que, ne voyant pas que mon cousin s'applique comme il devrait aux affaires, j'appréhende que l'on ne puisse luy remettre l'intendance d'Alsace; vous conjurant de l'exciter à se rendre capable de servir le Roy audit pays, parce qu'autrement, quelque bonne volonté que j'eusse pour luy, elle luy serait inutile2.
Je vous ay écrit diverses fois touchant les petites pièces d'artillerie et autres gentillesses que je vous priay l'année passée de faire faire à Nuremberg pour Mgr le Dauphin3, et je me souviens que vous me mandastes, il y a de cy quelque temps, que vous faisiez estât d'y envoyer un exprès. A présent que Son Altesse Royale commence à grandir et que les divertissemens de ces sortes de gentillesses luy deviendront sensibles, il serait bon que
grand fondement sur M. de Valpergue, puis- * Le 8 septembre suivant, Colbcrl écrivait
que à peine est-il arrivé sur les lieux qu'il veut encore a son frère au sujet de leur cousin :
entreprendre un voyage, el j'estime, par m «Il est bien fascheux que, quelques ordres
conduite, qu'il sera mieux en Piémont qu'à que vousayex donnés eu Alsace et après tout
Brisach; car, s'il ne veut pas s'assujettir à un ce que vous avet écrit à mon cousin. Ton ayt
séjour fixe en Allemagne , il n'y a point d'ap- laissé écouler la meilleure partie de la belle
paronce que nous puissions nous en servir saison sans Iravailler au revestiasemeot de Bri-
avec utililé."i (/?«•. de Jir. lettres, fol. 100.) sacb. C'est un grand malheur que vous oc
I De 1661 à 166a, Vauhan fut employé à puissiez vous reposer sur luy de ce qui est a la démolition des fortifications de Nancy. En faire dans cette province en vostre absence, et i(363, il alla reconnaître Marsal. En 1668. à moins qu'il ne s'applique avec plus de soin il exerça, dans le département de Louvots, la cl de vigilance, toutes les vues que l'on pourrait charge de commissaire général des fortifica- avoir pour luy ne scauroienl produire beaulions, mais il n'en eut le titre qu'on 1678, coup d'effet. Je vous convie donc de l'exciter a après la mort de Clervillo. (Voir III, Marine, travailler sérieusement et â se rendre capable
.page 108, noie.) des affaires de ce pays-là.- (Ree. île Ar.
II résulte de celle lettre que c'est (Albert letlrv», fol. ino.) Voir pièce n" f». qui signala I» preinior Vanban à l^uis XIV . 1 Voir pièro n" 1.
KOKTinc.YTIOMS. 7
nous les eussions au |»lus tosl. C'est pourquoy je vous |>rie iiislaiumcnl d'v lenir la main, el, s'il reste à faire quelque chose de voslrc part pour cela, de n'y pas perdre un moment de temps.
(Àreh. de la Mar. Btcucil de dicertr* lettre», M. ».)